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ECONOMIE

Ralentissement économique et baisse inédite de la consommation en 2022 (HCP)

Le haut-commissariat au Plan publie les premiers chiffres complets de la Comptabilité nationale relatifs à l’année 2022. Deux chiffres sont à retenir : un taux de croissance de 1,3% en net ralentissement, et qui était attendu. Une baisse inédite de la consommation des ménages depuis au moins vingt ans, hormis 2020 année du Covid.

Ralentissement économique et baisse inédite de la consommation en 2022 (HCP)
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Le 5 juin 2023 à 5h12 | Modifié 5 juin 2023 à 16h56

Taux de croissance en 2022 de +1,3% contre +8% en 2021 :

L’arrêté des comptes nationaux de l’année 2022 fait ressortir, comme on s’y attendait, un net ralentissement de la croissance économique, se situant à 1,3% au lieu de 8% l’année précédente. Les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 3% et celles du secteur agricole une baisse de 12,9%.

Tirée par la demande extérieure, cette croissance a été réalisée dans un contexte de hausse de l’inflation et d’aggravation du besoin de financement de l’économie nationale.

Net ralentissement de la croissance économique :

La valeur ajoutée du secteur primaire en volume s’est contractée de 12,7% après avoir enregistré un accroissement de 19% l’année précédente. Cela s’explique par une baisse de la valeur ajoutée de l’agriculture de 12,9% au lieu d’une hausse de 19,5%, et de celle de la pêche de 9,7% au lieu d’une hausse de 9,9% en 2021.

Baisse de l’activité du BTP :

De son côté, la valeur ajoutée du secteur secondaire a connu un ralentissement de son taux d’accroissement, passant de 7,1% l’année précédente à une baisse de 1,7% en 2022. Cela a été le résultat de :

- la baisse de la valeur ajoutée de l’industrie d’extraction de 9,4% au lieu d’une hausse de 7,3% ;

- la baisse de la valeur ajoutée du bâtiment et travaux publics de 3,6% au lieu d’une hausse de 4,7% ;

- la baisse de la valeur ajoutée de "Electricité, gaz, eau, assainissement et déchets" de 3,2% au lieu d’une hausse de 7,5% ;

- la hausse de la valeur ajoutée des industries manufacturières de 0,3% au lieu d’une hausse de 7,8%.

La valeur ajoutée du secteur tertiaire a enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement, passant de 5,8% l’année précédente à 5,4% en 2022. Elle a été marquée par le ralentissement des activités de :

- recherche et développement et services rendus aux entreprises à 5,4% au lieu de 9,6% ;

- services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale à 4,2% au lieu de 5,1% ;

- transports et entreposage à 3,8% au lieu de 10,5% ;

- services immobiliers à 1,4% au lieu de 2,9% ;

- commerce et réparation véhicules à 0,4% au lieu de 8,2%.

Et par la hausse de celles :

- de l’hébergement et restauration, avec 53,7% au lieu de 15,4% ;

- des services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale, avec 5,5% au lieu de 3,6% ;

- des services financiers et assurances, avec 7,0% au lieu de 4,8% ;

- de l’information et communication, avec 2,6% au lieu d’une baisse 1,5%.

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu une hausse de 3% durant l’année 2022 au lieu de 6,3% une année auparavant.

Dans ces conditions, et tenant compte de la hausse de 3,9% des impôts sur les produits nets des subventions, le taux de croissance économique a connu un net ralentissement, passant de 8% en 2021 à 1,3% en 2022.

Hausse du niveau général des prix :

Aux prix courants, le PIB national a connu une hausse de 4,3% en 2022, dégageant une hausse du niveau général des prix de 3,1% au lieu de 2,4% en 2021. Ce chiffre mesure toute l’inflation économique (y compris celle ressentie par les entreprises) et pas seulement le niveau des prix de détail à la consommation.

Recul de la consommation finale des ménages de 0,7% :

La demande intérieure a baissé de 1,5% au lieu d’une hausse de 8,9% en 2021, contribuant ainsi négativement à la croissance économique nationale de 1,7 point, au lieu d’une contribution positive de 9,5 points une année auparavant.

C’est ainsi que les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une baisse de 0,7% au lieu d’une augmentation de 6,9%, avec une contribution négative à la croissance de 0,4 point au lieu d’une contribution positive de 4 points.

Cette baisse est inédite depuis au moins vingt ans selon nos recherches, hormis l'année Covid 2020 (baisse de 5,6%). En effet, même lorsque la consommation moyenne par ménage stagnait, la consommation générale dans la Comptabilité nationale restait positive d’au moins le taux d’accroissement démographique. En 2022, et malgré la démographie, la consommation finale des ménages a baissé de 0,7%. En tenant compte de la démographie, la consommation finale des ménages a baissé plus fortement que ce taux.

De son côté, l’investissement brut (formation brute de capital fixe ; variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs) a connu un recul de son taux d’accroissement, en enregistrant une baisse de 6,5% en 2022 contre une hausse de 13,8% en 2021, avec une contribution négative à la croissance de 2 points au lieu d’une contribution positive de 4 points.

La consommation finale des administrations publiques, en revanche, a affiché un ralentissement de son taux d’accroissement, passant de 7,2% l’année passée à 3,3%, avec une contribution positive à la croissance de 0,6 point au lieu de 1,4 point l’année précédente.

Contribution positive des échanges extérieurs :

Au niveau des échanges extérieurs de biens et services en volume, aussi bien les exportations que les importations ont enregistré de fortes hausses durant l’année 2022. C’est ainsi que les exportations de biens et services ont affiché une hausse de 20,4% au lieu de 7,9%, avec une contribution à la croissance de 6,8 points au lieu d’une contribution de 2,4 points l’année passée. De leur côté, les importations ont augmenté de 9% au lieu de 10,4%, avec une contribution à la croissance de 3,8 points au lieu d’une contribution à 4 points l’année dernière.

Dans ce cadre, les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé une contribution positive à la croissance, se situant à 2,9 points au lieu d’une contribution négative de 1,5 point en 2021.

Aggravation du besoin de financement :

Avec la hausse de 4,3% du PIB aux prix courants au lieu de 10,6% l’année passée, et la hausse de 7,5% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu de 59,8%, le revenu national brut disponible a connu une croissance en net ralentissement, passant de 11,5% en 2021 à 5,4% en 2022 pour se situer à 1.436 milliards de DH.

Compte tenu de la hausse de 7,6% de la consommation finale nationale en valeur, au lieu de 11% enregistrée une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 26,8% du PIB au lieu de 28,2%.

Avec un niveau d’investissement brut représentant 30,3% du PIB, le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi aggravé, passant de 2,3% du PIB en 2021 à  3,5% en 2022.

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Valeurs ajoutées en volume par secteurs d’activité (prix de l’année précédente)

Evolution annuelle en %

Secteur d’activité   2020   2021   2022
Agriculture et sylviculture -8,1 19,5 -12,9
Pêche et aquaculture 12,2 9,9 -9,7
Extraction 2,6 7,3 -9,4
Industries manufacturières   -7,4 7,8 0,3
Distribution d’électricité et de gaz - Distribution d’eau, réseau d’assainissement, traitement des déchets -1,3 7,5 -3,2
Construction -4,1 4,7 -3,6
Commerce de gros et de détail, réparation de véhicules automobiles et de motocycles -6,6 8,2 0,4
Transports et entreposage -28,5 10,5 3,8
Activités d’hébergement et de restauration -54,6 15,4 53,7
Information et communication 5,1 -1,5 2,6
Activités financières et d’assurance 0,6 4,8 7,0
Activités immobilières -0,8 2,9 1,4
Recherches et développement et services rendus aux entreprises -13,4 9,6 5,4
Administration publique, sécurité sociale obligatoire 5,3 5,1 4,2
Education, santé humaine et activités d’action sociale 0,8 3,6 5,5
Autres services -23,2 5,0 2,7
TOTAL   -7.0 7,8   1,0

 

Evolution des principaux agrégats

Opérations   2020   2021   2022

Décomposition du PIB

  Croissance annuelle en % (aux prix de l’année précédente)

 

 

 

       Produit intérieur brut (PIB) -7,2   8,0 1,3
       Valeur ajoutée totale aux prix de base   -7,0 7,8 1,0
               Agriculture   -8,1 19,5 -12,9
               Hors agriculture   -6,9 6,3 3,0
        Impôts sur les produits nets des subventions -8,3 10,3 3,9
       Produit intérieur brut non agricole (*) -7,1   6,7   3,1
Demande  
       Dépenses de consommation finale des ménages -5,6 6,9 -0,7
       Dépenses de consommation finale des Administrations publiques -0,6 7,2 3,3
       Dépenses de consommation finale des ISBL -6,1 19,1 5,7
       Formation brute de capital fixe -10,0 7,6 -2,2
       Importations de biens et services -11,9 10,4 9,0
       Exportations de biens et services -15,0 7,9 20,4
Décomposition du PIB Aux prix courants (en millions de DH)

 

 

       Produit intérieur brut   1 152 477   1 274 727   1 330 158
       Valeur ajoutée totale aux prix de base 1 036 049 1 143 497 1 200 946
               Agriculture 117 094 143 963 130 299
               Hors agriculture 918 955 999 534 1 070 647
        Impôts sur les produits nets des subventions 116 428 131 230 129 212
       Produit intérieur brut non agricole 1 035 383   1 130 764   1 199 859
  Demande  
       Dépenses de consommation finale des ménages 672 606 751 470 813 450
       Dépenses de consommation finale des Administrations publiques 223 638 242 213 255 627
       Dépenses de consommation finale des ISBL 8 204 9 949 10 912
       Formation brute de capital fixe 302 245 335 620 360 825
       Importations de biens et services 438 514 541 101 748 962
       Exportations de biens et services 354 895 423 003 596 039
       Revenu national brut disponible (RNBD) 1 222 659   1 362 897

 

  1 436 118

 

       Epargne nationale brute (ENB) 318 211

 

  359 265

 

  356 129

 

       Besoin de financement 13 434

 

  29 928

 

  46 963
Quelques ratios économiques  
       PIB par habitant (en dirham) 32 056 35 104 36 274
       RNBD par habitant (en dirham) 34 008 37 532 39 163
       Dépenses de consommation finale des ménages/PIB 58,4 59,0 61,2
       Dépenses de consommation finale des APU/PIB 19,4 19,0 19,2
       Dépenses de consommation finale des ISBL/PIB 0,7 0,8 0,8
       Exportations de biens et services/PIB 30,8 33,2 44,8
       Importations de biens et services/PIB 38,0 42,4 56,3
       Taux d’investissement (FBC/PIB) 26,2 26,3 27,1
       Taux d’épargne nationale (ENB/PIB) 26,0 26,4 24,8
       Besoin de financement/PIB   -1,2 -2,3 -3,5

(*) Valeur ajoutée hors agriculture augmentée des impôts sur les produits nets des subventions

SOURCE : HCP

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