Ramadan : baisse de l’affluence pour les ftours dans les cafés et restaurants
Le constat est assez général. La hausse des prix des denrées alimentaires essentielles et, par ricochet, ceux des ftours proposés dans les cafés et restaurants, ont conduit à une baisse de l’affluence dans ces établissements durant ce Ramadan.
La fréquentation des restaurants et cafés pour les ftours pendant ce Ramadan a baissé par rapport aux années précédentes, confirment à Médias24 Noureddine El Harrak, président de l’Association nationale des propriétaires de cafés, restaurants et unités touristiques au Maroc, et Khalid Abbadi, président de l’Association régionale des restaurateurs touristiques de Casablanca-Settat.
Cette baisse est observée dans de nombreux restaurants et cafés des différentes villes. Elle résulte principalement de la crise actuelle, due à la hausse des prix des denrées alimentaires essentielles, notamment les légumes, les œufs, etc. La crise se fait donc sentir. Le pouvoir d’achat des consommateurs est impacté, et cet impact se répercute sur plusieurs secteurs, dont la restauration.
Baisse du nombre de restaurants et cafés proposant des ftours
"Une baisse de l’affluence pour les ftours a été observée dans de nombreux restaurants durant ce Ramadan", nous confie Khalid Abbadi. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette tendance selon lui, notamment la flambée actuelle des prix. "Cette baisse semble être un constat général."
Des propos confirmés par Noureddine El Harrak. "La fréquentation des cafés et restaurants pour profiter des ftours a baissé durant ce Ramadan par rapport aux années précédentes", nous assure-t-il. "Le nombre d’établissements proposant les formules ftours a également diminué cette année. On est à peine à 15% ou 20% des propositions faites les années passées."
"Le secteur est déjà en crise ; la situation continue d’empirer avec la hausse des prix des produits alimentaires", déplore-t-il.
"Pression économique"
D’après Khalid Abbadi, cette situation peut être attribuée à une combinaison de facteurs, tels que la préférence pour les repas en famille au sein du foyer, les considérations religieuses, les évolutions des modes de vie, mais aussi les pressions économiques, notamment les hausses des prix du pétrole et des produits de consommation.
"Les consommateurs sont donc plus prudents dans leurs dépenses et préfèrent limiter leurs sorties au restaurant pendant cette période."
Et d’ajouter : "L’inflation désigne une hausse générale et durable des prix des biens et des services dans une économie. Les raisons de la réduction des ventes de ftours dans les restaurants à Casablanca peuvent être multiples, mais l’inflation y est certainement pour quelque chose."
"Certes, l’activité est meilleure par rapport à la période du Covid-19, mais elle reste en deçà des années ayant précédé cette crise sanitaire. L’activité est en baisse ainsi que nos bénéfices", observe pour sa part Noureddine El Herrak. "D’ailleurs, un grand nombre de cafés et restaurants ont fermé leurs portes. Nous n’avons pas de chiffres précis, mais on peut estimer que cette fermeture concerne un café sur quatre. Dans le quartier Al Wifak par exemple, à Témara, environ 17 cafés ont baissé le rideau deux mois avant le Ramadan. Ce constat a été observé dans plusieurs autres villes."
Hausse des prix des ftours
"Après la crise du Covid, le secteur semble de nouveau frappé par une crise, celle de la cherté des produits alimentaires", que les professionnels répercutent sur leurs prix. Résultat : une hausse des prix que les consommateurs ne peuvent plus suivre.
"Les prix des ftours proposés ont augmenté. Lorsqu'on achète la tomate à 10 DH/kg et les oignons à 25 DH/kg par exemple, la harira qui était proposée à 5 DH n’est plus rentable. Si on la vend à ce prix, elle ne sera pas rentable, et si on la propose à un prix supérieur, les gens sont réticents à l’idée de prendre le ftour à l’extérieur et préfèrent manger à la maison", poursuit Noureddine El Harrak.
"En période d’inflation, les prix des produits et des services augmentent, ce qui peut affecter le pouvoir d’achat des consommateurs. Si les prix des ftours dans les restaurants ont également augmenté en raison de l’inflation, cela pourrait dissuader les consommateurs de les consommer", confirme pour sa part Khalid Abbadi.
"Il est toutefois important de noter que d’autres facteurs peuvent jouer un rôle dans la baisse des ventes de ftours à Casablanca, tels que la concurrence des restaurants et des établissements de restauration rapide."
Noureddine El Harrak de conclure : "Nous avons par ailleurs constaté que de nouvelles habitudes se sont installées chez les Marocains après la crise sanitaire. Avant cette crise, les cafés et restaurants, notamment dans les quartiers populaires, étaient habitués à fermer leurs portes vers 2 h du matin. A présent, nous fermons vers 22 h ou 23 h", ce qui impacte indirectement leurs bénéfices.
Une reprise durant les dix derniers jours du Ramadan ?
C’est ce qu’espèrent les professionnels du secteur. "Je pense qu’il y aura un changement durant la deuxième moitié du Ramadan", estime Khalid Abbadi, qui rappelle toutefois que "ce mois a toujours été la saison basse de l’année pour les restaurateurs".
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