Les pharmaciens expliquent les raisons de la prochaine grève du 13 avril
Certains syndicats de pharmaciens au Maroc ont fourni, lors d’une conférence de presse, des éclaircissements sur les motifs de la grève nationale qui devrait avoir lieu le 13 avril.
Plusieurs syndicats représentant le secteur pharmaceutique au Maroc ont organisé une conférence de presse, le mardi 4 avril à Casablanca, dans le but de clarifier les raisons de la grève nationale qui devrait avoir lieu le 13 avril, sous le slogan "Fermés pour survivre", comme annoncé auparavant.
La situation alarmante des pharmacies d'officine
Les syndicats ont souhaité mettre la lumière sur la situation précaire de certains pharmaciens. Ils ont ainsi affirmé que 3.000 pharmacies sur 12.000 sont au bord de la faillite. "La plupart de ces pharmacies ont décidé de rester en activité afin de ne pas subir les coûts encourus en cas de fermeture ou de vente."
"Certains se sont suicidés, d’autres sont en prison pour accumulation de dettes", avance une intervenante, syndicaliste.
Les pharmaciens regrettent de ne pas avoir été consultés sur de nombreuses décisions les concernant, affirmant que le ministère de la Santé et de la protection sociale "n’a pas ouvert les portes au dialogue avec les entités et instances syndicales". " Nous souffrons du manque de reconnaissance de la part de l’administration", a déclaré une syndicaliste.
Le rapport de la Cour des comptes, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase
Walid El Amri, représentant du Syndicat des pharmaciens de la ville de Casablanca, a fait observer que parmi les raisons qui ont incité les pharmaciens à déclencher une grève nationale le 13 avril, figure le contenu du récent rapport de la Cour des comptes sur les bénéfices des pharmaciens. "Tous les syndicats ont rejeté le contenu de ce rapport, car il contient des erreurs", a souligné Walid El Amri.
Revenant sur les 57% de marge bénéficiaire mentionnés dans le rapport, il souligne que "le prix de vente des médicaments de l’usine change après l’ajout des frais de transport, les coûts de distribution et les taxes, ce qui réduit les bénéfices du pharmacien". Et d’ajouter : "La marge bénéficiaire brute moyenne d’un pharmacien sur la vente de médicaments est de 27%, tandis que la marge bénéficiaire nette moyenne ne dépasse pas 8%."
Contrairement à ce qui est indiqué dans le rapport de la Cour des comptes, cette profession est dans une situation fragile depuis plus de dix ans, en particulier les pharmaciens qui travaillent dans les zones rurales, en raison de la faiblesse des revenus, poursuit-il. "Malgré les problèmes rencontrés par les pharmaciens, ils essaient constamment d’encadrer les citoyens dans un certain nombre de régions, même ceux qui ne disposent pas de centres de santé, car le pharmacien fournit tous les services qu’il peut dispenser pour la santé du citoyen", insiste Walid El Amri.
Pour sa part, Mohamed Sabri, responsable du Syndicat des pharmaciens à El Jadida, a déclaré que le rapport de la Cour des comptes a été "la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et a poussé les syndicats à annoncer une grève nationale", ajoutant que ce rapport mettait les pharmaciens en conflit direct avec le citoyen et salissait l’image du secteur.
Mohamed Sabri a appelé le ministère de la Santé et de la protection sociale à apporter des éclaircissements sur les bénéfices des pharmaciens et à répondre au rapport de la Cour des comptes, indiquant que le ministère de tutelle refuse jusqu’à présent de tenir toute réunion pour discuter des problématiques du secteur.
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