Badr Kanouni (Al Omrane) : “Il faut anticiper l’arrivée de 4 à 5 millions de Marocains dans les villes d’ici 2030”

Dans cet entretien, le président du directoire du groupe Al Omrane évoque les défis d’urbanisme et d’aménagement qui attendent le Royaume dans les prochaines années.

Badr Kanouni (Al Omrane) : “Il faut anticiper l’arrivée de 4 à 5 millions de Marocains dans les villes d’ici 2030”

Le 23 janvier 2023 à 12h42

Modifié 23 janvier 2023 à 19h14

Dans cet entretien, le président du directoire du groupe Al Omrane évoque les défis d’urbanisme et d’aménagement qui attendent le Royaume dans les prochaines années.

Médias24 s’est entretenu avec Badr Kanouni, président du directoire du groupe Al Omrane, sur les enjeux de l’urbanisme au Maroc et le rôle que joue son groupe, à l’occasion de la 37e Journée nationale de l’architecte, organisée du 13 au 15 janvier à Erfoud.

Le taux d’urbanisation au Maroc atteindra 75% à l’horizon 2030, contre 64% en 2021, selon les chiffres du haut-commissariat au Plan (HCP). Un accroissement qui engage des défis importants en termes d’urbanisme. Le groupe Al Omrane est le bras opérationnel de l’Etat dans ce domaine, agissant principalement dans les activités de l’aménagement urbain et de l’habitat.

Son président revient sur l’importance de l’anticipation, la prise en compte de la dimension durable, l’innovation et la convergence avec la gouvernance territoriale. Dans cet échange, sont également abordés les réalisations et les programmes dans lesquels est engagé Al Omrane.

Médias24 : À l’occasion de cette Journée nationale de l’architecte, quel rôle joue ce dernier en matière d’urbanisation ?

Badr Kanouni : L’architecte a un rôle important, puisqu’il intervient dans tous types d’opérations d’urbanisation, que ce soit les lotissements, les zones nouvelles d’urbanisation, les pôles urbains, les villes nouvelles... Dès qu’il s’agit de réaliser des opérations d’aménagement, petites, moyennes ou grandes, l’architecte est un acteur et partenaire incontournable.

C’est lui qui conçoit et prépare les plans, en coordination avec le donneur d’ordres, en répondant à ses besoins, en intégrant ceux de son environnement et en respectant les politiques nationales.

Les extensions urbaines sont importantes pour le développement de tout pays. Au Maroc, la vision royale est claire ; elle est également reprise par le Nouveau Modèle de développement. Ces extensions doivent veiller à créer des cadres de vie adéquats, qui n’offrent pas seulement de l’habitat à nos concitoyens, mais qui répondent aussi à leurs différents besoins, tout en intégrant ceux liés au développement national et des territoires.

Il faut pour cela assurer une mixité sociale et fonctionnelle, c’est-à-dire qui prévoie les grandes infrastructures nécessaires, les espaces verts, les besoins économiques souhaités tels que l’industrie, le tourisme, la logistique, le service, les commerces... C’est à l’architecte que revient la charge de mettre tout cela en place au niveau de la conception et du développement du projet, dans une approche de développement durable et respectueuse de l’environnement. Il a aussi un rôle de préservation du patrimoine marocain, de son histoire et de sa culture.

Nous pouvons être satisfaits de ce qui
se fait au Maroc. Plusieurs réalisations sont même saluées à l’international.

On reproche parfois aux architectes marocains de manquer de créativité, surtout en ce qui concerne le style des façades, jugé trop simpliste ou pas assez cohérent. Qu'en pensez-vous ?

- Je pense que l’on ne peut pas pointer tout un corps de métier quel qu’il soit, ni généraliser. C’est valable pour tous les métiers, tous secteurs et dans tous les pays. Mais de manière générale, nous avons les compétences capables de répondre aux différents besoins.

Maintenant, pour en revenir à l’architecte, il n’a pas une totale autonomie et liberté de manœuvre. Il doit veiller à respecter plusieurs paramètres, tels que les documents d’urbanisme, les aspects réglementaires et légaux, la vision des différents acteurs qui entrent dans le processus de traitement et d’autorisation des plans… Sa mission exige qu’il prenne tout cela en compte dans la conception de son projet.

Je ne dis pas que les architectes ne doivent pas faire plus d’efforts ou être plus créatifs, mais que l’on innove, il faut un effort commun. C’est une responsabilité partagée par tous. D’ailleurs, le Nouveau Modèle de développement n’a pas manqué de relever cet aspect, et il y a clairement une prise de conscience au Maroc de l’importance de renforcer la convergence et l’efficacité du travail collaboratif et de la coopération pour la réalisation de buts communs.

On peut encore mieux faire individuellement et collectivement, mais globalement, nous pouvons être satisfaits de ce qui se fait au Maroc. Plusieurs réalisations sont même saluées à l’international.

- Venons-en au groupe Al Omrane. Quel rôle joue-t-il dans l’urbanisation au Maroc ?

- Le groupe Al Omrane a été créé par l’Etat avec la mission de mettre en œuvre les politiques publiques dans le domaine de l’habitat, de l’aménagement et du développement territorial.

Le groupe a cette force voulue par l’Etat, ce que l’on oublie un peu, et qui était même l’une des raisons d’être de sa réforme et de sa restructuration menées entre 2004 et 2007, à savoir sa structure organisationnelle qui lui permet de couvrir l’ensemble du territoire en respectant les principes de la régionalisation avancée, de la déconcentration et décentralisation. Il y a, comme vous le savez, une holding et des sociétés régionales.

La holding reçoit ses orientations de l’Etat, principalement du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, mais aussi du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Economie et des finances compte tenu du caractère transversal de son activité. La holding a donc la responsabilité de veiller à ce que l’opérationnalisation par ses filiales respecte les politiques publiques et gouvernementales.

Ensuite, l’exécution des programmes et des projets se fait exclusivement dans les territoires, par nos 71 représentations, c’est-à-dire par nos sociétés régionales et leurs agences territoriales, en fonction des besoins, spécificités et décisions des acteurs territoriaux. C’est le rôle premier du groupe Al Omrane et sa force.

Au niveau de l’habitat, nous faisons de la lutte contre l’habitat insalubre une priorité absolue. L’activité du groupe sur ce registre représente presque 83% du programme national. Cet effort collectif a permis de sortir 1,5 million de Marocains des bidonvilles, soit l’équivalent d’une grande ville marocaine. C’est une réalisation très importante.

En matière d’amélioration des conditions d’habitat, 8 millions de Marocains ont bénéficié des restructurations de leurs quartiers grâce aux programmes du ministère et des collectivités territoriales.

Le groupe participe activement à la production de logements, principalement pour les plus démunis. Nous le faisons directement ou à travers des promoteurs privés. A date, le groupe a lancé plus de 165.000 unités de logements sociaux.

Pour l’aménagement, le groupe réalise beaucoup d’opérations sur l’ensemble du territoire, que ce soit des villes nouvelles, des urbanisations et des pôles urbains, ou encore des lotissements et des zones industrielles…

- Qu’en est-il des villes nouvelles, des nouveaux pôles urbains ? Où en sommes-nous ?

- C’est une activité qui entre dans le cadre du métier de l’aménagement territorial. Ce sont des extensions urbaines ; le Maroc en a besoin et en aura encore besoin à l’avenir pour faire face à l’urbanisation continue qu’il connaît et aux défis qu’elle entraîne.

A la fin des années 2000, le gouvernement nous a chargés de réaliser quatre villes nouvelles sur les quinze programmées.

Nous avons d’autres extensions en cours. On parle de 40 pôles urbains à travers tout le territoire national. Par ces opérations, nous essayons, avec notre écosystème, de mettre en œuvre les politiques publiques pour la création d’un cadre de vie global avec la mixité sociale et fonctionnelle nécessaires.

Car il n’y a pas que l’habitat. Nous sommes parfaitement conscients de l’importance d’offrir un cadre de vie adéquat, avec des espaces verts, des grandes infrastructures, des équipements publics et des activités économiques, que ce soit dans l’industrie, le commerce ou les services.

Al Omrane, avec ses 71 représentations qui couvrent tout le territoire et lui permettent d’être au plus près des citoyens et des différents acteurs territoriaux, qu’ils soient locaux ou régionaux, dispose de la structure idoine pour conduire ces politiques avec ses différents partenaires.

Nous investissons 4 à 5 milliards de dirhams par an, et toutes les réalisations sont assurées par le privé.

- Quelle est votre relation avec le secteur privé, notamment les promoteurs immobiliers ?

- Le groupe Al Omrane a certes été créé par l’Etat avec une mission publique, mais nous voulons aussi nous appuyer sur le secteur privé. Nous investissons 4 à 5 milliards de dirhams par an, et toutes les réalisations sont assurées par le privé.

Plus de 2.400 prestataires travaillent pour nous : entreprises, bureaux d’études, architectes, topographes, notaires, promoteurs immobiliers… Ils sont importants pour nous. C’est notre écosystème.

Concernant l’habitat, nous voulons renforcer cette collaboration avec les promoteurs privés. Nous sommes davantage dans l’aménagement territorial. Les réalisations doivent être faites par le secteur privé. Nous œuvrons pour cela avec des promoteurs de toutes les tailles.

Nous travaillons par exemple avec de petits promoteurs immobiliers, puisque nous avons une offre de lots de terrain qui leur sont destinés.

- Lors de votre discours devant les architectes, vous avez rappelé l'importance de l’anticipation des besoins et de la planification. Que faut-il aujourd’hui pour mieux anticiper et mieux planifier en matière d’urbanisme au Maroc ?

- Il y a déjà un besoin aujourd’hui auquel il faut répondre. Si je ne prends que l’habitat, l’étude du ministère démontre un besoin immédiat de deux millions de logements de différents types. Par conséquent, il faut trouver le moyen de répondre à cette demande et le foncier qui va avec.

Mais vous avez aussi cette urbanisation qui se poursuit au Maroc, puisque l’on devrait passer à 75% de taux d’urbanisation d’ici 2030. Ce sont 4 à 5 millions de Marocains qui devraient arriver dans les villes.

Il faut l’anticiper, le prévoir, le préparer à l’avance. Si on ne le fait pas, les citoyens arriveront de toute façon tous les jours dans les villes et les zones urbaines actuelles. S’ils ne trouvent pas une offre préparée, ils habiteront là où ils le pourront. Cela risque d’engendrer à nouveau les différentes formes d’insalubrité que vous connaissez : habitat informel dans les banlieues, dans les villes, même dans des quartiers informels ou des bidonvilles, ou encore dans des habitations existantes avec des rajouts de pièces ou d’étages dans n’importe quelles conditions. Cela créera des problèmes importants qu’il faudra à nouveau traiter.

L’anticipation est donc primordiale. La réponse doit passer par des développements structurés des territoires : petites villes actuelles, moyennes, grandes, centres émergents ou villes nouvelles. Le lieu reste un choix qui relève des décideurs territoriaux.

Mais peu importe le type d’extension, il faut qu’elle se fasse en respectant l’orientation de créer un cadre de vie global avec cette mixité sociale et cette mixité fonctionnelle, c’est-à-dire les grands équipements, l’industrie, la logistique, le tourisme, le service, le commerce et autres.

Cela ne doit pas non plus se faire de manière éclatée. Il faut au contraire, pour un territoire donné, tout regrouper sur une seule zone qui sera réalisée de manière progressive par tranche en fonction des besoins. Ces opérations publiques seront perçues comme telles, bénéficieront de la confiance des citoyens et des investisseurs, et permettront de réduire et d’optimiser les investissements publics en hors site et de connexion aux différents réseaux : routiers, électrique, eau, assainissement...

Il y a beaucoup de projets et de moyens mobilisés dans le cadre des mises
à niveau des villes.

- Les collectivités territoriales jouent un rôle important en matière d’urbanisme. Elles produisent des schémas, des plans d’aménagement, etc. Y a-t-il une certaine coordination entre vous ? Comment cela se passe-t-il concrètement ?

- Rien ne peut se faire sans les collectivités territoriales, ni sans d’autres acteurs bien sûr, comme les agences urbaines et les autorités. Nous avons l’autorisation des communes de faire les modifications nécessaires en cas de besoin. Cela passe aussi par les communes et les autres acteurs concernés. Nous collaborons ensemble jusqu’à l’obtention des réceptions, la délivrance des permis d’habiter, les titres fonciers, etc. Nous sommes aussi partenaires de plusieurs instances de gouvernance créées pour faire aboutir les projets publics dont nous avons la charge par exemple.

En matière d’aménagement, nous sommes à la disposition de ces collectivités territoriales pour répondre à leurs besoins, en collaboration avec les autorités publiques selon la démarche évoquée précédemment. Notre mission est de répondre aux besoins de nos citoyens et de nos territoires.

- Dans le cadre de la régionalisation, les régions ont créé des Agences régionales d’exécution de projets (AREP), et les communes des Sociétés de développement locales (SDL), qui portent parfois des projets d’aménagement. Considérez-vous cela comme une concurrence ou une complémentarité ?

- Parler de concurrence dans le secteur public n’a pas de sens. Nous devons parler de complémentarité et de convergence. La Cour des comptes a par exemple déjà relevé des problèmes de chevauchements dans les prérogatives de certains établissements. La réforme des entreprises et établissements publics ambitionne de les dépasser.

En ce qui nous concerne, Al Omrane a été créée par l’Etat, avec une présence sur l’ensemble du territoire. C’est l’Etat aussi qui a fixé notre mission, qui valide nos projets et nos plans d’actions pluriannuels et annuels, selon une vision et une politique globale. C’est en soi une garantie de cohérence. En principe, il revient donc à tous d’aller vers plus de complémentarité, et certainement pas de concurrence, car les besoins sont multiples et très larges, et les capacités d’exécution de l’ensemble des opérateurs n’y suffisent pas. Pourquoi s’évertuer à mener les mêmes activités quand il est plus pertinent de couvrir plus de domaines ?

Il faudrait au contraire profiter des expertises et expériences existantes (souvent très longues) en cherchant à renforcer cette complémentarité de l’action des opérateurs au niveau des territoires.

Pour en revenir à notre secteur, le groupe Al Omrane, c’est plus de 45 ans d’expérience. Nous sommes là pour répondre au mieux aux besoins de nos populations et renforcer cette relation avec les autorités élues et publiques dans le cadre de conventions et d’une gouvernance commune pour assurer la meilleure convergence de l’action publique.

- L’aménagement urbain est relativement aisé quand il s’agit d’extension, puisque l’on part de zéro. Mais qu’en est-il lorsqu’il s’agit de villes existantes, avec une accumulation de problèmes de transport, de pollution... ?

- Partout dans le monde, on essaie d’améliorer la situation des villes et des zones urbaines. Chez nous bien entendu, la préoccupation est la même.

L’Etat a déployé plusieurs programmes dans ce sens. Le ministère de l’Habitat et de la politique de la ville a signé de nombreuses conventions dans ce cadre, notamment pour le volet politique de la ville avec des projets pour améliorer les conditions d’habitat des citoyens.

Bien sûr, il y a encore beaucoup de besoins et d’attentes à satisfaire. Le gouvernement, le ministère de tutelle et les autorités territoriales ne ménagent aucun effort dans ce sens.

Il y a du travail, beaucoup de projets et de moyens mobilisés dans le cadre des mises à niveau des villes, des programmes de développement urbain et j’en passe. Des résultats sont là, qu’il faut reconnaître, mais c’est aussi normal qu’il y ait des choses à améliorer, surtout avec les évolutions – et même révolutions – technologiques que connaît le monde aujourd’hui.

- On parle de plus de plus de villes intelligentes et de villes durables. Quel est votre sentiment sur ces innovations en matière d’urbanisme ?

- Tout le monde est conscient de l’importance d’introduire ces innovations dans ce secteur. Beaucoup d’initiatives sont en train de se faire ou en cours de préparation.

De notre côté, au niveau de l’opérationnalisation, notre mission est de contribuer à créer le meilleur cadre de vie possible. Pour citer un cas concret, nous sommes en train d’agir dans ce sens au niveau de sept de nos grandes opérations d’urbanisation (villes nouvelles et pôles urbains) en préparant une labellisation internationale qui est déjà bien avancée, afin d’introduire des aspects significatifs de durabilité, de réduction des consommations d’énergie et d’eau, et de contribuer avec les autres acteurs institutionnels à rendre ces villes plus intelligentes.

Il y a des mesures simples qui peuvent se faire en tenant compte simplement des conditions climatiques, de l’orientation des vents, de l’orientation par rapport au soleil, etc., et qui permettent de réduire la facture énergétique en termes de consommation d’électricité, de chauffage, de climatisation...

Le défi est de trouver des solutions économiquement viables, à la portée de nos moyens et du pouvoir d’achat des citoyens.

Au sein du groupe Al Omrane, cet effort de recherche et développement se fait en interne et en externe. Pour l’externe, je reviens à nos amis architectes qui ont aussi beaucoup de propositions ; de même pour les bureaux d’études et ingénieurs qui travaillent avec nous. A tous ceux-là, nous sommes ouverts à toute proposition d’amélioration.

Nous avons aussi un programme de recherche et développement qui couvre plusieurs aspects en partenariat avec des entités publiques, comme l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) et le Centre national de la recherche scientifique et technique (CNRST).

Et puis, il faut faire confiance au génie des jeunes marocains ! Le groupe a mis en place un programme, avec l’IRESEN et Tamwilcom, pour soutenir des start-up marocaines et des PME innovantes. Il sera bientôt lancé.

En plus du budget consacré par Al Omrane pour encourager ces start-up et ces entreprises innovantes, ces jeunes Marocains qui veulent justement proposer des solutions pragmatiques et réalisables, trouveront auprès de notre groupe l’occasion de tester leurs innovations dans des projets pilotes. Elles pourront être généralisées si elles se révèlent concluantes.

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