Creusement du déficit de liquidité bancaire et absence de levée obligataire

| Le 16/10/2022 à 15:06
Le déficit de liquidité bancaire continue de se creuser. Le marché obligataire connaît une absence de levée de la part du Trésor pour la deuxième semaine consécutive, et une diminution de la volumétrie sur le marché secondaire. Voici les explications d’un directeur au sein d'une salle des marchés de la place.

Le creusement du déficit de liquidité bancaire se poursuit sur le marché monétaire. Le marché obligataire primaire, quant à lui, connaît une absence de levée de la part du Trésor pour la deuxième semaine consécutive. En ce qui concerne le marché obligataire secondaire, celui-ci est marqué par une contraction de la volumétrie. Tels sont les constats mis en avant dans le dernier point hebdomadaire de BMCE Capital Global Research (BKGR), diffusé ce vendredi 14 octobre.

Le déficit de liquidité bancaire s’est alourdi pour s’établir à -105 MMDH contre -97,9 MMDH une semaine auparavant. Cette évolution intègre la diminution des avances à 7 jours de 2.200 MDH, se fixant à 48.580 MDH, d’après la société de recherche.

Joint par LeBoursier, un directeur dans une salle des marchés de la place estime que le niveau du déficit de liquidité bancaire "n’est pas alarmant". Et d’expliquer : "Le déficit de liquidité bancaire n’a pas beaucoup évolué. Il n’y a pas de quoi s’alarmer, d’autant plus que la Banque centrale répond actuellement à tous les besoins du marché."

Les placements du Trésor ressortent en hausse avec un encours quotidien maximal de 14.700 MDH au 11 octobre, contre un encours quotidien maximal de 11.700 MDH courant la période précédente. De son côté, le TMP se stabilise autour de 2,00% tandis que le MONIA s’établit à 1,966%.

Pour la prochaine période, BKGR anticipe un renforcement de l’intervention de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire, avec l’injection de 51,6 MMDH sous forme d’avances à 7 jours contre 48,6 MMDH la semaine précédente.

Aucune levée du Trésor pour la deuxième semaine consécutive

Le Trésor n’a effectué aucune levée sur le marché obligataire pour la deuxième semaine consécutive. BKGR met en avant un contexte marqué par la persistance de l’inadéquation entre l’offre et la demande en matière de pricing des différentes lignes proposées.

D’après notre interlocuteur, l’absence de levée de la part du Trésor s’explique par les conditions du marché qui ne sont pas très favorables. "Après l’annonce de la hausse du taux directeur, l’attentisme des investisseurs s’est renforcé. Les investisseurs sont également très attentifs à l’évolution de l’inflation. Automatiquement, il y a eu un décalage entre l’offre et la demande. Lors des séances d’adjudications, les investisseurs demandent des taux relativement plus élevés que le marché."

A rappeler que le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé, le mardi 27 septembre, d’augmenter le taux directeur qui passe de 1,50% à 2%.

"En face, le Trésor ne veut pas marquer encore la courbe des taux à la hausse, bien qu’il ait des besoins de financement, il préfère attendre un peu avant d’effectuer une nouvelle levée", ajoute notre interlocuteur.

Le Trésor pourrait éventuellement effectuer une levée avant la fin de ce mois. "Le Trésor a un remboursement de 13 MMDH à réaliser en octobre. Il reste encore deux séances d’adjudication ce mois-ci. Le Trésor pourrait faire appel au marché obligataire afin de pouvoir rembourser sa dette, comme il pourrait se diriger vers les financements innovants."

De son côté, le marché obligataire secondaire connaît une rétraction de la volumétrie.

La société de recherche indique qu’au terme de la période précédente (4 séances uniquement), la volumétrie globale enregistrée sur le Marché secondaire ressort en diminution à 9 MMDH (vs. 14,7 MMDH une semaine auparavant), polarisée à hauteur de 41% par les échanges sur les maturités moyen terme.

En ce qui concerne la courbe secondaire, les plus fortes variations enregistrées durant la période passée, sous revue (06/10/2022 au 12/10/2022) ont été enregistrées à la hausse sur la ligne 2 ans (+13,5 pbs à 2,54%) et 52 semaines (-8,1 pbs à 2,30%).

A cet effet, la société de recherche souligne l’inversion de la partie basse de la courbe des taux secondaires avec une 52 semaines offrant un rendement inférieur à la maturité 26 semaines.

"L’évolution du marché dans sa globalité reste marquée par l’attentisme des investisseurs par rapport à l’inflation et à une éventuelle hausse du taux directeur", souligne notre interlocuteur.

La société de recherche souligne que le Marché obligataire reste suspendu aux anticipations des investisseurs quant à une nouvelle hausse du taux directeur en décembre prochain, ainsi qu’à l’aisance relative et momentanée du Trésor.

L’absence, pour la deuxième semaine consécutive, d’adjudication témoigne de ce flottement en attendant davantage de visibilité tant sur les intentions que sur les besoins du Trésor pour les deux derniers mois de l’année. S’ajoute à cela le fait que le gouvernement vient d’acter une nouvelle rallonge budgétaire de 12 MMDH qu’il faudra également financer.

lire aussi
  • | Le 1/2/2023 à 16:20

    Les relations économiques Maroc-Espagne en chiffres (DEPF)

    Dans un document diffusé le 1er février, la Direction des études et des prévisions financières a fourni des chiffres concernant les relations commerciales entre le Maroc et l'Espagne à fin 2021. Pour le Maroc, le solde est structurellement déficitaire. Mince consolation : la part des exportations marocaines 'à technologie moyennement élevée' vers l'Espagne est passée de 30% en 2011 à 52% en 2021.
  • | Le 1/2/2023 à 14:01

    Pourquoi les crédits de trésorerie ont-ils connu une forte hausse en 2022 ?

    En 2022, l’encours des comptes débiteurs et crédits de trésorerie a augmenté de 16% à 262 MMDH. Une hausse notable et multifactorielle, selon une source du secteur bancaire.
  • | Le 31/1/2023 à 17:15

    Les raisons de la hausse du cash en circulation en 2022

    L'année dernière, le cash en circulation a atteint 355 MMDH. La monnaie fiduciaire représente désormais près de quatre fois la taille du déficit de liquidité bancaire, estimé à 89,1 MMDH fin 2022. Selon Bank Al-Maghrib, différents facteurs comme l'inflation ou encore la forte hausse des transferts des MRE sont en cause.
  • | Le 31/1/2023 à 9:38

    Le crédit bancaire progresse de 75 MMDH en 2022, les créances en souffrance augmentent

    En 2022, l’encours des crédits bancaires a progressé de 7,6% par rapport à l’année précédente.
  • | Le 30/1/2023 à 16:16

    Qui contrôle les principales banques commerciales au Maroc ?

    En fin d'année, le paysage bancaire a évolué avec la prise de contrôle de Crédit du Maroc par Holmarcom. Voyons comment se répartit désormais le capital des principales banques commerciales du pays. Infographie.
  • | Le 23/1/2023 à 13:46

    En 2022, les dépenses de compensation ont atteint 42 MMDH

    Le Trésor a connu l’an dernier une amélioration de ses recettes, alors que les dépenses de compensation ont presque doublé par rapport à 2021. Le déficit budgétaire global demeure assez stable à 69,5 MMDH.