Maroc (U17) vs Brésil (U17) : l’apothéose d’une brillante épopée
C’est en Inde que la sélection nationale féminine (U17) récoltera les fruits d’une aventure lancée il y a près d’un an, en affrontant le Brésil, en ouverture de la Coupe du monde Inde-2022, ce mardi 11 octobre à midi.
Pour la première fois de sa jeune histoire, l’équipe nationale féminine des moins de 17 ans (U17) participe à une Coupe du monde du 11 au 30 octobre en Inde. Ce mardi 11 octobre, à midi, les protégées d’Anthony Rimasson seront opposées dans le groupe A au Brésil, champion d’Amérique du Sud en titre.
Un baptême du feu diffusé sur la chaîne nationale Arryadia, avant d’affronter l’Inde, la sélection hôte, et les États-Unis. Au-delà de l’adversité, cette participation marque l’apothéose d’une aventure entamée sur une défaite, en amical, contre le Ghana (3-0).
Ironie de l’histoire, la plus belle page du parcours des U17 marocaines s’est écrite par une qualification à la Coupe du monde aux dépens du… Ghana. Écarté de son poste de sélectionneur deux mois avant le début de la compétition, Patrick Cordoba a été l’un des artisans de cet exploit.
L’actuel directeur du centre de formation du Raja de Casablanca est revenu pour Médias24 sur le parcours qui a mené l’équipe nationale (U17) vers les hautes sphères du football féminin de la catégorie.
Stage de détection et management “paternaliste”
Après avoir raté de peu la qualification à la Coupe du monde aux commandes de l’équipe nationale féminine (U20), Patrick Cordoba accepte de relever un nouveau défi : celui de qualifier la sélection des (U17) au Mondial organisé en Inde.
“C’est une décision intelligente”, estime le technicien français. “Une partie des joueuses qui composent cette sélection faisait partie du groupe sport-étude élite dont j’étais responsable. Cela nous a permis de travailler quotidiennement et de gagner du temps sur la préparation.” Un élément déterminant dans la cohésion de l’équipe et pour nouer des complémentarités techniques - qui plus est dans l’univers si particulier du football de sélection, où chaque minute passée sur le terrain compte, autant que l’apport des joueuses binationales.
Une trentaine d’éléments ont été observés à l’occasion de deux stages, organisés début 2022. “Nous en avons finalement conservé une quinzaine, qui jouent notamment aux États-Unis, au Canada, en Belgique, en France et aux Pays-Bas.”
Sur le terrain, ce groupe cosmopolite, d’un niveau homogène, “possède des joueuses de qualité à tous les postes”. En dehors, la mayonnaise prend et l’équipe vit bien. “La cohabitation entre les joueuses s’est très bien passée. L’envie de défendre les couleurs du pays a fédéré le groupe.”
Le management du staff, basé sur une “gestion paternaliste”, a permis de “mettre tout le monde en confiance, en organisant notamment des activités pour que les filles puissent se retrouver, se mélanger et faire connaissance, afin de renforcer l’esprit de groupe”.
Un premier échec fondateur
Les présentations faites, place au premier test-match : une défaite face au Ghana (3-0), sévère mais fondatrice pour la suite de l’aventure. Le second tournant intervient en mars 2022, lors de la réception du Bénin pour le compte du 3e tour des qualifications.
“Eliminer le Bénin (2-0) a eu l’effet d’un déclic sur l’équipe. Nous avons ramené un bon résultat de Cotonou (1-1), avant de l’emporter (2-0) au retour et avec la manière !” Mais face à la fougue des Marocaines se dresse désormais l’une des meilleures formations du continent, le Ghana.
“C’est une équipe qui se qualifie régulièrement à la Coupe du monde. Le match aller a été très disputé. L’équipe a beaucoup souffert sur une pelouse impraticable et contre un adversaire très fort, qui alignait des joueuses qui ne faisaient vraiment pas leur âge.”
La défaite (2-0) n’a pas entamé l’enthousiasme d’un groupe animé par la volonté de susciter l’exploit. “Nous étions persuadés de notre capacité à renverser la vapeur dans des conditions plus favorables à notre style de jeu. Au retour, on a fait un très bon match (2-0), au point de mériter notre qualification avant la séance des penalties (4-2).”
Sortir de la phase de groupe, une mission possible
Avant d’être remplacé par son compatriote Anthony Rimasson, Patrick Cordoba a eu le temps d’étudier les futurs adversaires du Maroc au Mondial. “Je peux vous assurer que nos joueuses peuvent leur poser problème.”
“La poule du Maroc est relevée, mais le football n’est pas une science exacte. Ce sont de grandes nations, avec une culture du football féminin, mais ce ne sont pas encore les A. Ce sont des sélections de jeunes qui peuvent commettre des erreurs et perdre pied contre l’équipe nationale.”
Il est vrai que le timing du changement d’entraîneur et la préparation, avec la programmation de trois matchs amicaux au lieu de sept, n’ont pas été idéaux. “Cependant, je ne doute pas de la capacité du nouveau staff à mobiliser tout le monde ; les joueuses sont impatientes de participer à cette compétition”, conclut Patrick Cordoba.
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