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Une aide accordée aux éditeurs pour éviter une hausse des prix des manuels scolaires

Les prix des manuels scolaires demeureront inchangés pour la rentrée scolaire 2022-2023, contrairement aux craintes exprimées ces derniers jours, assure le ministère de l'Éducation nationale.

Une aide accordée aux éditeurs pour éviter une hausse des prix des manuels scolaires

Le 19 août 2022 à 11h02

Modifié 19 août 2022 à 12h31

Les prix des manuels scolaires demeureront inchangés pour la rentrée scolaire 2022-2023, contrairement aux craintes exprimées ces derniers jours, assure le ministère de l'Éducation nationale.

  • Le soutien financier direct a été fixé à 25% des prix de vente
  • Son déboursement est à la charge de la caisse de compensation
  • Toute augmentation illégale des prix des manuels constitue une infraction passible de sanctions

Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Économie et des finances ont pris une décision conjointe pour la mise en place d’un mécanisme de soutien aux éditeurs de manuels scolaires, et ce après une série de consultations avec le Comité interministériel des prix, annonce un communiqué publié dans la soirée du jeudi 18 août.

Ce soutien financier direct sera accordé aux éditeurs de manuels scolaires destinés aux cycles d’enseignement primaire et collégial qui sont produits au cours de l’année 2022, selon une liste de manuels scolaires spécifiques arrêtée par le ministère.

Le soutien financier, dont le déboursement est à la charge de la caisse de compensation, a été fixé à 25% des prix de vente, et ce après une étude du dossier par le ministère de chaque éditeur en fonction du nombre de manuels imprimés et distribués en 2022.

L’objectif est d’assurer la stabilité des prix des manuels scolaires à l’occasion de la rentrée 2022-2023. Elle vise également à assurer la disponibilité suffisante des manuels scolaires en temps opportun pour la prochaine rentrée scolaire 2022-2023, et d’éviter toute augmentation de leurs prix, précisent les deux ministères.

Les manuels du lycée non concernés par la subvention

L’intervention du gouvernement met fin donc à l’incertitude qui régnait jusque-là sur le marché des manuels scolaires à l’approche de la rentrée scolaire. Des craintes étaient exprimés sur un risque de pénurie des manuels à cause de la hausse des prix que les éditeurs ne pouvaient pas répercuter.

« Cette année est assez exceptionnelle pour les libraires », nous confie Hassan El Kamoun, vice-président de l’Association des libraires indépendants du Maroc, joint par nos soins.

« Il y a une augmentation du prix du papier à l’échelle mondiale« . Une étude menée par le ministère de l’Industrie a révélé une hausse de 20% des cours du papier.  « Pour y faire face, les éditeurs ont demandé une augmentation de 25% sur le prix du manuel scolaire, une demande refusée par le ministère de tutelle « , explique notre interlocuteur.

« En revanche, des négociations ont été lancées par le ministère de l’Education avec les éditeurs, afin de trouver un terrain d’entente. Le ministère a donc convenu d’accorder des subventions. Toutefois, ces subventions ne concernent que les manuels du primaire et du secondaire collégial, et non ceux du lycée (tronc commun, première et 2e année bac) ».

Ainsi, « les éditeurs n’ont pas augmenté les prix des manuels scolaires destinés aux lycéens, mais ils ont décidé de diminuer la remise accordée habituellement aux libraires« .

« Nous avons l’habitude d’avoir 20% de remise sur les manuels du lycée. Cette année, l’éditeur accorde à peine une remise de 15% sur le prix du livre au distributeur, qui accorde à son tour 10% de remise au libraire, ce qui correspond à 2 ou 3 DH de remise« .

« C’est une remise qui n’encourage pas le libraire à acquérir les manuels en question« , nous confie M. El Kamoun. « A mon avis, les libraires ne vont donc pas acquérir ces manuels en quantité, ce qui risque de conduire à une pénurie sur ce segment« .

Jointe par nos soins une source autorisée au ministère de l’Education nationale nous a confirmé que les manuels du lycée ne sont pas concernés par lesdites subventions. 

Elle nous a également expliqué les raisons de cette décision. « Premièrement, les prix des manuels du lycée ont été augmentés entre 2004 et 2006, contrairement à ceux des manuels du primaire et du collège, qui sont restés stables depuis plusieurs années ».

« D’une autre part, il s’agit d’une mesure sociale. On a donc misé sur l’enseignement obligatoire en premier lieu ».

Notre source ajoute que « que la quantité des manuels du primaire et du collège est beaucoup plus importante que celle des manuels du lycée », notant par ailleurs que lors des discussions avec le ministère de l’Education nationale, « les éditeurs ont mis l’accent sur le primaire et le collège. C’est là où il y a du volume, et peu de marge. C’est dans leur plaidoyer. »

« C’est une mesure sociale, destinée aux familles, pour leur venir en aide en ce moment de crise », insiste notre interlocuteur.

Les manuels figurent dans la liste des biens, produits et services dont les prix sont réglementés conformément aux dispositions de la loi n° 12-104 relative à la liberté des prix et de la concurrence. De ce fait, toute augmentation illégale constitue une infraction passible de sanctions prévues par la loi, étant donné que tout changement des prix des manuels est soumis à une procédure spéciale et à l’approbation du gouvernement.

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