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Patrimoine matériel : un objectif de 30.000 biens à répertorier par le ministère de la Culture

Outre sa mission d’inscrire une partie des biens immatériels du Maroc à l’Unesco, le directeur du département du Patrimoine du ministère de la Culture revient pour Médias24 sur son travail de répertoriage des monuments et des sites d’intérêt patrimonial. Pour Youssef Khiara, l'objectif de 30.000 est réalisable si tous les acteurs concernés s'investissent ensemble.

Patrimoine matériel : un objectif de 30.000 biens à répertorier par le ministère de la Culture

Le 12 juillet 2022 à 18h36

Modifié 12 juillet 2022 à 22h38

Outre sa mission d’inscrire une partie des biens immatériels du Maroc à l’Unesco, le directeur du département du Patrimoine du ministère de la Culture revient pour Médias24 sur son travail de répertoriage des monuments et des sites d’intérêt patrimonial. Pour Youssef Khiara, l'objectif de 30.000 est réalisable si tous les acteurs concernés s'investissent ensemble.

Active depuis sa création en 1988, la Direction du patrimoine n’a cessé de multiplier les initiatives et missions de reconnaissance sur le terrain pour mettre à jour toutes les traces matérielles de l’activité humaine sur le sol marocain, du simple éclat lithique de la préhistoire jusqu’aux monuments les plus imposants. Après avoir recensé les biens immatériels dans un précédent article, son directeur Youssef Khiara nous présente les objectifs du ministère.

Des milliers de monuments en cours de recensement pour atteindre à terme un objectif de 30.000 

Actuellement, 12.389 sites, monuments et artefacts muséaux sont inventoriés de manière scientifique, dépassant le minimum requis dans les fiches préconisées par l’Unesco. Mais beaucoup reste à faire, en dépit des efforts déployés eu égard aux moyens humains et logistiques mis à contribution.

« En dehors du fait que certaines régions recèlent plus de biens matériels que d’autres, l’état d’avancement de l’inventaire national dépend principalement de celui des enquêtes de terrain, elles-mêmes intimement liées aux ressources humaines disponibles et à l’implication effective des collectivités territoriales dans les missions, ainsi que de l’évolution de la notion du patrimoine culturel. »

« En tant qu’expert du patrimoine, j’estime que 30.000 sites et monuments constitue un objectif raisonnable pour inventorier l’ensemble du patrimoine national, si l’Etat avec ses différents acteurs mettent les moyens humains et financiers notamment dans les régions », nous explique Khiara.

Un inventaire qui devra prendre en considération les monuments contemporains

Même pour des régions bien prospectées, il y a lieu, selon lui, de réexaminer ces territoires pour y inclure des éléments qui n’ont pas été pris en compte lors des premières missions. Il cite l’exemple des bassins traditionnels d’emmagasinage des eaux (matfiya) dans les régions du Sud, ou celui des bâtiments de la seconde moitié du XXe siècle réalisés par Patrice de Mazières et Abdeslam Faraoui datant des années 1960 et 1970.

Bien que l’inventaire national soit bien avancé et que la grande majorité des monuments, sites et mobiliers significatifs aient été recensés depuis l’indépendance, le territoire marocain n’est pas encore intégralement exploré, ce qui est compréhensible pour un pays d’une aussi grande richesse historique et culturelle.

Ainsi, la décentralisation de l’Inventaire général du patrimoine et l’instauration systématique de missions sur l’ensemble du territoire, avec l’implication des régions et communes, sont le moyen le plus efficient pour accélérer le processus d’inventaire des richesses culturelles matérielles de notre pays.

L’expertise marocaine en matière d’inventaire de biens matériels est désormais exportable

« Contrairement à certains pays qui n’ont pas encore identifié de manière technique et scientifique leur patrimoine, le Maroc a depuis longtemps pu cerner son héritage et identifier les composantes de son patrimoine, avec une typologie circonstanciée et des dénominations précises qui permettent l’indexation des sites, monuments et mobilier selon des catégories bien définies », poursuit notre interlocuteur en se félicitant d’une expertise désormais exportable vers certains pays africains.

« C’est la raison pour laquelle la Direction du patrimoine est en pleine construction d’un système d’information géographique pour gérer le patrimoine national. Un outil informatique qui permettra à terme de réaliser un thesaurus national du patrimoine pour établir les liens et les corrélations entre les différents éléments inventoriés, y compris entre patrimoine matériel et immatériel, ce qui aboutira à une meilleure compréhension de notre patrimoine culturel », précise Khiara.

Multiplier les centres d’interprétation du patrimoine pour un partage des connaissances

En dehors du travail d’inventaire, le directeur nous apprend que son département a lancé plusieurs chantiers d’envergure comme le projet de restauration des mosaïques de Volubilis, dans le cadre d’une coopération avec l’Italie et d’une autre avec les États-Unis, la mise en valeur des sites préhistoriques de Sidi Abderrahmane et de la carrière Thomas à Casablanca, dans le cadre d’une convention royale avec la création de deux centres d’interprétation de ce patrimoine préhistorique qui est un des plus anciens du continent africain.

À ce propos, notre interlocuteur a souligné que le département avait aussi entrepris un grand projet d’instauration de nombreux centres d’interprétation du patrimoine dans le cadre de sa politique de médiation culturelle.

Ainsi, après les centres de Lixus, Volubilis, Ksar El Sghir et Azrou, seront bientôt créés le centre d’interprétation du site médiéval de Sijilmassa qui sera implanté dans Ksar el Fida à Rissani, et le centre d’interprétation du patrimoine des Igoudar au Maroc (greniers collectifs) à Chtouka Ait Baha. D’autres projets en cours d’études constitueront un outil de proximité permettant de mieux comprendre le patrimoine marocain et de le diffuser auprès des publics et des visiteurs étrangers.

En conclusion, Khiara a révélé que le Maroc était actuellement en phase de préparation active de deux dossiers à présenter à l’Unesco, ayant trait aux greniers collectifs et aux sites préhistoriques majeurs du Maroc, pour qu’ils soient reconnus comme partie intégrante du patrimoine universel de l’humanité.

Un nouveau challenge qui concerne deux candidatures en série avec 15 greniers représentatifs pour le premier dossier et 14 sites préhistoriques pour le second.

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Projet de loi, inscriptions, Unesco : le plan d’action marocain pour protéger son patrimoine immatériel

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