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Projet de loi, inscriptions, Unesco : le plan d’action marocain pour protéger son patrimoine immatériel

Après l’inscription définitive de douze biens immatériels marocains sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, un nombre largement significatif de biens du patrimoine immatériel reflétant les différentes composantes du patrimoine national, postuleront pour être reconnus par l’organisation internationale. 

Projet de loi, inscriptions, Unesco : le plan d’action marocain pour protéger son patrimoine immatériel

Le 30 juin 2022 à 12h16

Modifié 30 juin 2022 à 16h41

Après l’inscription définitive de douze biens immatériels marocains sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, un nombre largement significatif de biens du patrimoine immatériel reflétant les différentes composantes du patrimoine national, postuleront pour être reconnus par l’organisation internationale. 

Confronté à une volonté manifeste de certains pays de s’accaparer l’origine historique d’une partie de ses biens immatériels (couscous, caftan…), le Royaume veut préserver et protéger son patrimoine, en multipliant les dépôts de dossiers pour les faire examiner, puis admettre dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, garantissant ainsi une reconnaissance internationale qui lui est due par son histoire.

Des études pour identifier le patrimoine immatériel

Dans un souci de préservation des biens immatériels du Maroc, Youssef Khiara, directeur du département du Patrimoine au ministère de la Culture, précise à Médias24 que ce dernier avait intégré, dans un projet de loi déjà parvenu au Secrétariat général du gouvernement, la notion de patrimoine immatériel qui, jusqu’alors, n’existait pas. Le « patrimoine » ne faisait référence qu’aux monuments historiques.

« C’est une grande avancée », déclare Youssef Khiara, à laquelle s’ajouteront « les résultats de 40 études réalisées en 2021 par [son] département pour répertorier les biens immatériels des douze régions du pays ». Une initiative qui sera programmée chaque année pour enrichir le registre national du patrimoine immatériel de notre pays.

Un millier d’éléments à déposer

Publiées sur le portail du ministère, les conclusions ont montré que chaque région comporte deux à trois éléments essentiels à étudier, puis à inventorier, dans la perspective de les inscrire, dans un premier temps, à la liste du patrimoine national, puis pour une éventuelle inscription dans celle de l’Unesco, sachant qu’ils n’ont pas tous vocation à rejoindre la liste du patrimoine de l’organisation onusienne.

L’état des lieux du registre national du patrimoine immatériel compte 120 éléments majeurs pour leur richesse, en termes d’éléments d’une diversité exceptionnelle d’obédience locale, régionale, voire africaine, andalouse ou méditerranéenne, et dont une bonne partie devrait être déposée à l’Unesco. L’agence onusienne n’examine qu’un dossier déposé par pays, sauf exception comme en 2022.

En réalité, il faut également comptabiliser le foisonnement de nombreuses sous-catégories dans chaque élément majeur, comme la jellabah qui a plusieurs variantes, chacune avec son savoir-faire et ses traditions, à l’image de celle de Ouazzane, Doukkala, Bzou, etc. Au total, près d’un millier de biens immatériels pourraient être répertoriés.

Devant notre insistance, Khiara consent à reconnaître que le dossier de la musique traditionnelle « Malhoun », qui avait été déposé en 2021 puis durant l’année en cours, avait de grandes chances d’être retenu, et donc définitivement inscrit à la liste du patrimoine immatériel historique de l’Unesco.

Son département a déposé la candidature du système traditionnel et ancestral d’irrigation souterrain des « Khettara ». Un dispositif ingénieux qui a permis aux Almoravides de ramener de l’eau du Haut Atlas jusqu’au site de Marrakech pour fonder leur capitale.

Enfin, la Direction du patrimoine culturel a concouru en 2022, avec le dossier du moussem Malga Assalihine de la Zaouia d’Assa, à l’image de celui de Tan-Tan. Il s’agit d’un rendez-vous d’échanges tribaux et culturels avec des traditions locales, mêlées entre arabité et amazighité, qui lui confèrent une originalité et par conséquent une vocation universelle digne d’intérêt et enrichissante pour le monde.

Un inventaire immatériel qui ne prendra jamais fin

Sur l’horizon auquel son département sera en mesure d’avoir achevé le recensement de l’intégralité des biens immatériels, Youssef Khiara explique qu’avec l’évolution constante de la notion de patrimoine culturel, et la grande diversité de la culture marocaine, l’inventaire systématique relève d’une action de longue haleine qui ne s’achèvera jamais.

Selon lui, des éléments qui, aujourd’hui, ne sont pas considérés comme d’ordre patrimonial, le seront demain. C’est le cas de certaines architectures – comme l’architecture moderne des débuts du siècle passé – qui, jusqu’au début des années 2000, n’étaient pas officiellement considérées comme un héritage patrimonial. Actuellement, plusieurs bâtiments datant de cette période sont considérés comme tel.

Sachant que le patrimoine culturel du Maroc se compose également d’une grande diversité et d’une incroyable richesse de biens physiques matériels (monuments historiques…), Médias24 vous donne rendez-vous avec Youssef Khiara pour un prochain article consacré à la thématique du patrimoine matériel.

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