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Comment naît une nouvelle vague de Covid : les explications du Dr Mouad Merabet

La survenue d’une nouvelle vague de Covid est difficile à prédire, mais ses raisons peuvent désormais être expliquées à l’aide d’une équation dite "équation simplifiée de l’infection au Sars-Cov-2". C’est ce que nous explique le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national d’opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé.

Comment naît une nouvelle vague de Covid : les explications du Dr Mouad Merabet

Le 4 juillet 2022 à 16h17

Modifié 5 juillet 2022 à 10h24

La survenue d’une nouvelle vague de Covid est difficile à prédire, mais ses raisons peuvent désormais être expliquées à l’aide d’une équation dite "équation simplifiée de l’infection au Sars-Cov-2". C’est ce que nous explique le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national d’opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé.

« On sait aujourd’hui comment évolue l’infection au Sars-Cov-2 dans le temps et dans l’espace, mais il reste difficile de prédire l’arrivée d’une nouvelle vague de contamination », observe le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national d’opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé, joint par Médias24.

Les facteurs à l’origine de la survenue d’une nouvelle vague d’infection

« On peut cependant expliquer pourquoi celle-ci est survenue, en s’appuyant sur deux facteurs : le danger et la vulnérabilité. Pour que la situation épidémiologique du pays soit stable, nous devons avoir un équilibre entre ces deux composantes : un faible danger conjugué à une faible vulnérabilité. »

Ces composantes, qui décrivent la circulation virale dans le pays, dépendent elles-mêmes de différents indicateurs, selon notre source. Pour la composante danger, les deux indicateurs à prendre en considération sont :

Le virus lui-même avec ses variants/sous variants : les caractéristiques virologiques et immunologiques influencent significativement la situation épidémiologique en termes de transmissibilité, gravité et létalité. Les paramètres pris en considération pour évaluer les risques sont notamment le R0, l’échappement immunitaire et thérapeutique, ainsi que la sévérité clinique.

Le réservoir, qui fait référence aux cas actifs dans la Covidose. Ainsi, lorsque le nombre de cas actifs progresse, la probabilité de contracter la maladie augmente. Par conséquent, le risque de propagation s’élève.

Concernant la composante vulnérabilité, les quatre indicateurs à prendre en considération sont :

La susceptibilité de la population, qui dépend du mur immunitaire construit par la vaccination et l’immunité naturelle. Ce mur immunitaire n’est pas figé et diminue avec le temps.

Le degré d’adhésion de la population aux mesures préventives individuelles (lavage fréquent des mains, port du masque, distanciation, etc.).

Les mesures générales imposées par l’Etat (confinement, couvre-feu, etc.).

Les capacités de détection, de suivi des contacts, d’investigation des clusters et de prise en charge des cas, y compris les cas graves.

Ainsi, lorsque le danger et la vulnérabilité sont faibles, la situation épidémiologique est bonne. Et pour que le danger soit faible, le pays ne doit pas connaître l’apparition de nouveaux variants ou de sous-variants, et le nombre de cas actifs doit être faible. Sur le front de la vulnérabilité, la population doit être immunisée naturellement ou par le biais de la vaccination. Elle doit aussi respecter les mesures préventives. Quant à l’Etat, il doit mettre en place un certain nombre de mesures barrières.

« Le déséquilibre de la situation épidémiologique, suite à la hausse du danger et de la vulnérabilité, peut aboutir à une vague, ou à l’augmentation du nombre de cas, suivie d’une régression rapide. »

« La situation épidémiologique actuelle est déséquilibrée »

« Si l’on veut décrire la situation épidémiologique actuelle, on peut dire qu’elle est déséquilibrée », souligne le Dr Merabet. « Le danger étant élevé, ainsi que la vulnérabilité. »

Dans le détail, les indicateurs qui expliquent le danger actuellement sont les suivants :

– Le virus qui domine à présent est le BA.5. C’est un nouveau sous-variant contre lequel la population n’est pas immunisée.

– Le nombre de cas actifs est élevé. « On ne parle pas uniquement des cas actifs recensés par l’Etat, mais aussi de ceux qui ne sont pas diagnostiqués, ne respectent pas les mesures préventives et contaminent d’autres personnes », explique le Dr Merabet.

Concernant la vulnérabilité :

– La vaccination est stable depuis longtemps. De plus, nous sommes loin de la vague précédente (due au variant Omicron). L’immunité naturelle a donc un peu baissé.

– Il y a un abandon total des mesures préventives.

– Aucune mesure barrière n’est imposée par l’Etat.

– Toutefois, l’investigation et le suivi des cas contacts se poursuivent.

« C’est donc ce qui a donné la vague actuelle », précise notre source.

« Le pire scénario est une vague similaire à celle d’Omicron »

« Lorsque survient une nouvelle vague, les épidémiologistes s’intéressent à deux questions essentielles : quel est le pire scénario que l’on risque d’avoir avec cette nouvelle vague, et quelle est la probabilité de survenue de ce scénario (faible ou élevée) ? », poursuit le responsable.

« Aujourd’hui, le pire scénario qui pourrait arriver au Maroc, c’est une vague similaire à celle d’Omicron, avec un nombre élevé de cas, mais un nombre de décès et de cas graves inférieur à la vague due au variant Delta. On ne peut pas avoir une vague plus sévère », assure le Dr Merabet.

« Le danger est le même que celui que représentait le variant Omicron. Quant à la vulnérabilité, elle a changé par rapport à la période qui a précédé ladite vague. La population a acquis une certaine immunité naturelle, la vaccination a augmenté et la proportion de la population vulnérable a baissé avec l’injection de la 3e dose », d’où l’importance de la dose de rappel pour les personnes vulnérables, actuellement recommandée par le ministère de la Santé, six mois après la 3e dose.

« L’objectif épidémiologique final pour mettre fin au Covid, c’est que cette maladie devienne une infection respiratoire aigüe comme les autres. Pour y parvenir, la létalité et la gravité des cas doivent baisser. »

L’exemple de la vague Alpha

« Si l’on refait le même exercice sur la vague Alpha, on peut dire que la situation épidémiologique durant celle-ci était déséquilibrée. Toutefois, ce déséquilibre ne touchait pas toutes les composantes : le danger était élevé mais la vulnérabilité faible, ce qui a provoqué une petite vague de contamination. »

« Plus précisément, le danger était élevé parce qu’il s’agissait d’un nouveau variant. Quant à la vulnérabilité, le mur d’immunité était faible car la vaccination venait à peine de démarrer. Le degré d’adhésion de la population aux mesures préventives était par ailleurs élevé. » Un élément couplé « aux mesures mises en place par l’Etat telles que le couvre-feu », conclut le Dr Merabet.

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