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Monkeypox : le Maroc se prépare sans inquiétude (Pr Abdelfattah Chakib)

Qu’est-ce que la variole du singe ? Comment se transmet-elle ? Quels sont ses symptômes et comment en guérir ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce virus qui circule à l’étranger et pour lequel le Maroc se prépare, comme pour toute maladie transmissible.

(AP Photo/Jean-Francois Badias)

Monkeypox : le Maroc se prépare sans inquiétude (Pr Abdelfattah Chakib)

Le 23 mai 2022 à 18h10

Modifié 23 mai 2022 à 18h28

Qu’est-ce que la variole du singe ? Comment se transmet-elle ? Quels sont ses symptômes et comment en guérir ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce virus qui circule à l’étranger et pour lequel le Maroc se prépare, comme pour toute maladie transmissible.

La circulation de la variole du singe dans différents pays, depuis le premier signalement en Angleterre le 7 mai 2022, soulève de nombreuses questions. Si le Maroc se prépare, comme pour toute maladie transmissible, en élaborant un plan de riposte et de surveillance, des experts se veulent rassurants quant à la gravité de la situation.

Joint par Médias24, Abdelfattah Chakib, professeur à la faculté de médecine de Casablanca et spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, indique qu’il n’y a nul besoin de s’affoler, mais plutôt de se préparer. “C’est ce qu’a fait le ministère de la Santé en rédigeant un plan de riposte envoyé à tous les professionnels de santé, afin qu’ils puissent connaître la maladie et être aptes à diagnostiquer à temps le premier cas. On leur a donné la procédure à suivre pour que les autorités sanitaires soient au courant, afin de pouvoir isoler les premiers cas et éviter la diffusion de la maladie au Maroc”, explique le Pr Abdelfattah Chakib.

En quoi consiste cette maladie ? Comment la reconnaître ? Comment s’en protéger ou en guérir ? Médias24 a posé ces questions au Pr Abdelfattah Chakib. Voici ses explications.

– Qu’est-ce que la variole du singe ?

« Il s’agit d’une maladie virale qui, à l’origine, était transmise entre les animaux. C’est en 1970 qu’a été détecté le premier cas humain. S’en est suivi de petites épidémies, notamment dans certains pays d’Afrique subsaharienne, d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest.

« Jusqu’en 2019, seuls quelques rares cas avaient été détectés ; près d’un cas par an. Il s’agissait de cas importés de pays africains où existe la maladie. Depuis le 7 mai dernier, des cas plus nombreux – par rapport à ce qui était observé auparavant – ont été enregistrés », indique le Pr Chakib.

Selon le plan national de surveillance et de riposte, dans sa version du 20 mai 2022, 81 cas ont été notifiés à cette date dans le monde, dont 37 cas confirmés. 20 d’entre eux se trouvent au Royaume-Uni, 7 en Espagne, 5 au Portugal, 2 au Canada, 1 en Italie, 1 en Suède et 1 autre aux Etats-Unis. La France, quant à elle, a signalé un seul cas suspect/probable sur son territoire.

– S’agit-il d’une maladie contagieuse ?

« La transmission de cette maladie se faisait de l’animal à l’humain, lorsque celui-ci mangeait l’animal ou entrait en contact avec lui à travers les liquides biologiques tels que le sang, les urines, etc.

La forme actuelle, en Europe et aux Etats-Unis, est interhumaine par contact direct, c’est-à-dire un contact de peau à peau, ou avec les fluides biologiques d’un malade (selles, sang, urine, crachat). Aussi, il existe une possibilité de contamination par voie respiratoire. »

– La circulation du virus doit-elle inquiéter les citoyens et les autorités ?

« Elle doit inquiéter dans le sens où nous ne savons pas ce que nous sommes en train de vivre. Le nombre de cas se multiplie de jour en jour dans le monde et le Maroc est ouvert à tous les pays. Nous allons probablement assister à l’introduction d’un cas. Cela dit, il suffit de se préparer. C’est ce que fait le ministère de la Santé, qui se prépare à isoler les premiers cas, à les traiter et à éviter qu’ils contaminent d’autres personnes. Il n’y a pas lieu de s’affoler aujourd’hui. »

– Quels symptômes ?

« Après l’entrée du virus dans le corps humain, il y a une phase d’incubation durant laquelle la personne contaminée par le virus ne sent rien du tout. Celle-ci dure entre cinq et quinze jours avant que commencent à apparaître les premiers symptômes. Il s’agit de la fièvre (entre 38 et 40°), de douleurs musculaires et articulaires, de maux de tête, d’un gonflement des ganglions et, par la suite, de l’apparition des symptômes caractéristiques de la maladie. Il s’agit de papules, de pustules, etc., sur la peau. »

« Cela va durer 14 jours avant que la personne contaminée ne guérisse spontanément dans la plupart du temps ; sachant qu’il n’existe pas de traitement spécifique à ce jour », précise le Pr Chakib.

Dans le document élaboré par le ministère de la Santé, qui sera complété régulièrement selon l’avancement du niveau de connaissances, il est indiqué que « les symptômes sont similaires à ceux observés dans le passé chez les patients atteints de la variole, bien qu’ils soient cliniquement moins sévères. »

La période d’incubation est, quant à elle, estimée entre 6 et 13 jours « en général », sachant qu’elle « peut aller de 5 à 21 jours », lit-on dans le document du ministère de la Santé. Ce dernier signale également que « l’infection passe par deux périodes ». Il s’agit de la période d’invasion qui dure entre 0 et 5 jours et de l’éruption cutanée, qui commence généralement dans les 3 jours suivant l’apparition de la fièvre.

Quant au traitement, le ministère de la Santé indique qu’il est « symptomatique », mais aussi qu’un « agent antiviral connu sous le nom de TECOVIRIMAT » a été « développé pour la variole » et « autorisé par l’Association médicale européenne (EMA) pour le Monkeypox en 2022, sur la base de données d’études animales et humaines ». Cela dit, « il n’est pas encore largement disponible ».

– Existe-t-il un vaccin contre la variole du singe ?

« Le fait d’être vacciné contre la variole protège contre cette variole du singe. Cela a été démontré en Afrique subsaharienne. Mais le vaccin contre la variole n’est pas disponible, puisque son usage est soumis à des conditions très particulières appelées « plans variole », dans le cadre de la lutte contre le bioterrorisme. Un vaccin a été essayé contre la variole du singe mais il n’est pas encore commercialisé à grande échelle », précise le Pr Chakib.

En effet, le ministère de la Santé indique dans ledit document que “la vaccination contre la variole a été démontrée par plusieurs études observationnelles comme étant efficace à environ 85%”, et confirme que “les vaccins antivarioliques originaux (première génération) ne sont plus disponibles pour le grand public”. Néanmoins, “un vaccin encore plus récent basé sur un virus de la vaccine atténué modifié (souche Ankara) a été approuvé pour la prévention du Monkeypox en 2019. Il s’agit d’un vaccin à deux doses dont la disponibilité reste limitée”.

– Que faire en cas d’apparition de symptômes ?

« Il faut consulter un médecin en urgence. Celui-ci va poser le diagnostic et diriger la personne vers des centres qui vont prendre en charge ce genre de cas, si le Maroc en enregistre beaucoup. »

« La possibilité de faire des tests PCR sera ouverte au Maroc à partir de mercredi. Comme pour tous les virus, cela demande du temps pour les installations, les premiers essais, la validation des techniques, etc. », précise le professeur.

– Comment se protéger ?

« Comme pour toutes les maladies infectieuses, il faut se laver les mains, porter un masque devant une personne qui a de la fièvre ou qui tousse. Surtout : ne pas toucher la peau d’une personne malade et qui présente des lésions sur la peau sans porter de gants », recommande enfin le Pr Chakib.

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