L'enseigne Marwa ouvre à Abidjan et Marseille : le point avec Karim Tazi
Nouveaux magasins en France et en Côte d’Ivoire, plateforme e-commerce, lancement d’une collection pour fillettes, ouverture du capital… Karim Tazi, PDG de l’enseigne de prêt-à-porter Marwa, fait le point sur la stratégie de développement de la firme marocaine.
Après le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Marwa, la marque de prêt-à-porter féminin explore de nouveaux marchés. Fin 2021, l’enseigne a ouvert un magasin dans le sud de la France, à Marseille. Et il y a près d’un mois, Marwa a fait son apparition à Abidjan, en Côte d’Ivoire. L'enseigne compte actuellement 85 magasins au Maroc et à l'étranger.
"Notre objectif est de privilégier le développement dans des pays à fort potentiel", indique à Médias24 Karim Tazi, président-directeur général de Marwa. L’enseigne, qui a désormais son propre site e-commerce, vient de lancer une collection de prêt-à-porter pour petites filles âgées de 4 à 12 ans.
"Nous avons connu beaucoup de contraintes lors de notre développement en Afrique du Nord, notamment en termes de barrières tarifaires et douanières", nous apprend-il. "Nous avons donc décidé de nous réorienter vers des pays avec moins de contraintes logistiques ou réglementaires comme la France", poursuit Karim Tazi.
"Quand on envoie un camion en France le vendredi, les vêtements sont en vente en magasin le mercredi suivant. En Tunisie ou en Egypte, cela peut prendre deux à quatre mois. Du coup, on se retrouvait dans nos magasins avec des robes à fleurs en hiver et des manteaux en été", relate-t-il.
"Délocaliser une partie de notre production en France n’est pas à l’ordre du jour", nous confie le PDG de Marwa. "L’ambition est de continuer à produire au Maroc selon le principe d’une entreprise citoyenne, dont le but n’est pas uniquement de vendre mais également de créer de l’emploi. C’est l’une de nos valeurs fondatrices."
Une augmentation de capital n'est pas exclue
L'ouverture de nouveaux horizons commerciaux nécessite un financement et le développement de capacités industrielles supplémentaires.
"Nous sommes dans une phase de réflexion pour accompagner le développement de notre offre e-commerce et nos magasins internationaux", indique Karim Tazi. Et de poursuivre : "Nous travaillons en ce sens avec des banques d’affaires et des investisseurs en vue d'une augmentation de capital. Mais c’est un long processus."
Pour ce qui est du développement industriel, le PDG de Marwa assure que chaque nouvelle étape s’accompagne d’une augmentation des capacités industrielles, même si la période actuelle n’y est pas favorable.
"Les technologies traditionnelles évoluent vers des technologies digitales, mais ces dernières sont encore extrêmement chères et n'offrent pas autant de possibilités en termes de production que les technologies traditionnelles", avance-t-il.
Mais, pour Karim Tazi, une chose est sûre : l’industrie du textile va évoluer de manière massive dans les prochaines décennies.
Une production plus écologique à l'étude
Élément pilier de l’économie contemporaine, la thématique du recyclage constitue un point de réflexion essentiel pour Marwa. Si le PDG de la firme marocaine est conscient du fait que les produits écologiques ne sont pas encore une priorité pour le marché national, cela n'exclut pas une réflexion à ce sujet.
"Nous étudions actuellement de nouveaux process industriels, des produits et intrants qui ont une forte connotation écologique. Des process pour consommer moins d’eau en teinture et moins d'électricité, entre autres. C’est un enjeu pour 2026."
Qu'en est-il alors de la tendance qui s’affirme dans le secteur du textile, celle de la personnalisation des produits ? Une tendance dont les contraintes sont quelque peu à l'opposé du modèle économique de Marwa.
"La contrainte principale de cette tendance est le traitement de la personnalisation du produit qui est extrêmement coûteux, alors que l’une des valeurs fondatrices de Marwa est que la mode doit cesser d'être un privilège. Notre objectif est de créer des produits qualitatifs et très compétitifs", conclut Karim Tazi.
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