Nissan Qashqai : le pionnier fait peau neuve
L’inventeur du concept de Crossover compact passe à la troisième génération et monte en gamme pour croiser le fer avec une foule de rivaux. Plus séduisant et mieux équipé, il fait toutefois l’impasse sur les motorisations Diesel.
Il y a 15 ans naissait le Nissan Qashqai, premier du nom et surtout le premier modèle à défricher le concept de Crossover compact, habillant d’un look de baroudeur les prestations d’une compacte. Dupliquée en 2014 sur une deuxième génération, la recette gagnante fit du Nippon un véritable best-seller, avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus dans le monde, dont 33.000 sur le marché marocain.
Ce succès a logiquement créé des vocations chez la concurrence. À telle enseigne que la troisième mouture du Qashqai, tout juste commercialisée chez nous, fait aujourd’hui face à une foule de rivaux.
Du style et des équipements
Pour tirer son épingle du jeu, le SUV compact entame une réelle montée en gamme, visible d’emblée sur son style extérieur. Exit les galbes et les rondeurs de la génération sortante, place à des lignes tendues, à des volumes anguleux et à un profil élancé, souligné par un toit "flottant" pouvant s’habiller de noir. La face avant exhibe quant à elle une imposante calandre en V, tracée d’un double jonc chromé et encadrée de fines optiques en boomerang. Rappelant avec insistance le petit frère Juke, l’ensemble apparaît plus moderne et plus chic.
L’habitacle évolue dans le même sens. La présentation de la planche de bord reste assez classique, bien qu’elle accueille un combiné d’instrumentation digital de 12,3 pouces et un écran central de 8 ou 9 pouces, placé en position haute. Le Qashqai III a eu le bon goût de ne pas céder à la vogue du tout tactile, conservant de traditionnels boutons rotatifs, autrement plus ergonomiques, pour les commandes de climatisation.
Côté qualité perçue, le progrès est significatif : la présence de plastiques souples, de joncs chromés et d’habillages en faux cuir flatteurs à l’œil et au toucher, créent une atmosphère cossue. Cette impression est renforcée par un équipement sérieusement révisé à la hausse.
L’entrée de gamme "Acenta" va bien au-delà du nécessaire, autant en matière de sécurité (freinage autonome d’urgence, alerte de sortie de la voie, éclairage Full LED) qu’en matière de confort (accès et démarrage sans clé, rétroviseurs à escamotage électrique, climatisation automatique, recharge de smartphone sans fil, jantes alliage 17 pouces…). La version intermédiaire "N-Connecta" y ajoute une somme de gadgets électroniques (combiné digital, écran tactile de 9 pouces, caméra à vision 360 degrés, système Hi-Fi Bose, hayon motorisé…), alors que la finition haute "Tekna" enfonce le clou avec une dotation pléthorique, incluant le stationnement assisté, le toit panoramique ou des sièges sport à réglage électrique pour le conducteur.
De l’essence, en attendant l’hybride
Bâti sur une nouvelle plateforme issue de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, le nouveau Qashqai s’est étiré de quelques centimètres (3,5 cm en longueur, 2,5 cm en hauteur et 3,2 cm en largeur), mais a gardé des dimensions compactes (4,43 m de long). Ceci ne l’empêche pas d’offrir une habitabilité très correcte pour cinq adultes, en termes d’espace aux jambes et de garde au toit.
Le bilan est tout aussi concluant pour le coffre, qui revendique un volume de 504 litres, soit 74 litres de plus que sur la génération précédente. Si cette dernière a effectué l’ensemble de sa carrière avec des motorisations Diesel, la nouvelle mouture en fait table rase pour se focaliser sur une offre 100% essence, en attendant l’arrivée probable d’une variante hybride baptisée "e-Power". La gamme mécanique se compose ainsi du 1.3 l DiG-T (emprunté à l’allié Renault), proposé dans deux déclinaisons de puissance.
Développant 130 ch, la première est couplée à une boîte de vitesses mécanique à six rapports, alors que la seconde, affichant 150 ch, est associée à la boîte automatique X-Tronic, transmission à variation continue qui simule artificiellement 7 rapports. Dans les deux cas, le constructeur promet des chiffres de consommation maîtrisés, avoisinant une moyenne de 6,3 l/100 km. À vérifier lors d’un prochain essai.
Plus séduisant, plus valorisant et richement équipé, le nouveau Qashqai rend une copie très convaincante. Reste que face à ses nombreux concurrents (Peugeot 3008, Hyundai Tucson et autres Ford Kuga), l’absence de motorisations Diesel, dont l’automobiliste marocain est si friand, risque d’être un réel handicap.
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