La zone cuir du parc industriel de Ain Cheggag prête en 2023
L’entrée en service du parc industriel de Ain Cheggag permettra de mettre à niveau les normes environnementales de l’industrie du cuir nationale.
Situé à Ain Cheggag, dans la province de Sefrou, à moins de 20 km de Fès, le parc industriel de Ain Cheggag (PIAC) s’étend sur une superficie de 81 ha. Plus de la moitié est réservée à l’industrie du cuir. L’activité de tannerie, entre autres, y sera à terme délocalisée.
Selon le Centre régional d’investissement (CRI) de Fès-Meknès, le PIAC est en cours d’aménagement par la société Al Omrane.
"La zone dédiée à la production de cuir (50 ha) sera prête pour 2023. Les lots seront aménagés à partir du deuxième semestre de 2023", précise à Médias24 un représentant du CRI.
En attendant la fin des travaux, un appel à projets dans le parc industriel Ain Cheggag a été lancé par le CRI de Fès-Meknès. Une démarche que la Fédération marocaine des industries du cuir (FEDIC) considère comme une avancée décisive vers la mise à niveau des normes environnementales de l’industrie du cuir dans le pays.
"Le PIAC est indispensable pour le secteur du cuir au Maroc. Il répondra aux normes environnementales et modernisera le parc industriel national du cuir, afin qu’il puisse être compétitif à l’échelle internationale" se réjouit Thami Amraoui, délégué régional de la FEDIC à Fès-Meknès, joint par Médias24.
"Les producteurs pourront répondre à la demande internationale en cuir biodégradable et free métal (sans métaux lourds). Pour le moment, nous ne produisons que du cuir végétal", poursuit-il.
L’industrie du cuir au Maroc emploie près de 21.000 salariés de façon formelle et près de 10.000 personnes de manière informelle. La production du secteur est évaluée à plus de 3 MMDH.
Cette industrie se trouve essentiellement dans la région de Fès-Meknès, où la filière représente 40% de l’artisanat de Fès et emploie environ 15.000 personnes.
Cependant, le retard pris sur les normes environnementales internationales est un obstacle majeur pour le développement d’une industrie "dont le traitement des métaux lourds et des produits chimiques nuisibles est primordial", soutient Thami Amraoui.
Ce constat perdurera tant que l’industrie du cuir au Maroc ne fera pas partie du Leather Working Group. Cette organisation est responsable de la principale certification environnementale au monde pour l’industrie de la fabrication du cuir.
"L’ensemble de nos clients européens exigent cette certification. Le PIAC permettra à cet organisme de réaliser un audit et de nous accorder la certification", explique Thami Amraoui.
"Une station d’épuration y sera installée pour le traitement des déchets du district cuir", assure à Médias24 un représentant du CRI de Fès-Meknès. "L’appel d’offres de la station d’épuration sera lancé prochainement", complète Thami Amraoui.
Des mesures pour accompagner la délocalisation vers le PIAC
La délocalisation de la production régionale et nationale du cuir dans la zone dédiée à cet effet au sein du parc industriel Ain Cheggag, est de toute évidence un enjeu majeur. Des mesures incitatives ont donc été mises en place. "Les prix des lots de terrains dédiés au cuir (250 DH/m2) sont plus abordables que ceux de la zone généraliste (350 DH/m2)", affirme le représentant du CRI de Fès-Meknès.
"Une subvention en investissement à hauteur de 30% sera accordée pour l’activité de la tannerie", ajoute Thami Amraoui. Selon lui, 85 demandes ont été signées et légalisées par des investisseurs. D’autres demandes d’assistance ont été reçues par le FEDIC.
En plus d’un accompagnement administratif, la FEDIC accordera un appui technique au moment de la délocalisation de la production du cuir de Fès vers le PIAC. L’objectif est d’accompagner les professionnels du secteur, explique Thami Amraoui. "Nous ferons appel à des experts italiens et à des instituts de recherche", précise-t-il.
"Nous avons également signé des conventions avec des centres techniques italiens et le Centre marocain des techniques du cuir", conclut-il.
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