Bourita : l'UA n'est plus la chasse gardée d'un ou deux pays qui l'instrumentalisent
Dans une série d'entretiens accordés aux médias français, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réitéré la volonté du Maroc de trouver une solution au conflit artificiel autour du Sahara marocain, dans le cadre de l’initiative d’autonomie et "rien que l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine".
En marge de la participation du Maroc au 35e sommet de l'Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba en Éthiopie, les 5 et 6 février, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, a réitéré le souhait du Maroc de trouver une solution au conflit artificiel autour du Sahara marocain.
Dans les différents entretiens accordés aux chaînes françaises, France 24, TV5, et à la Radio RFI, le ministre des Affaires étrangères a également commenté les légers remous créés au sein de l’Union africaine (UA) par le statut d'observateur accordé à Israël. Il a par ailleurs affiché sa satisfaction quant à la nomination de Macky Sall, président de la république sénégalaise, pour un mandat d'un an à la tête de l’UA.
Trouver une solution au conflit artificiel autour du Sahara marocain
Nasser Bourita a insisté sur la volonté du Royaume “de trouver une solution au conflit artificiel autour du Sahara marocain, dans le cadre de l’initiative d’autonomie et rien que l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine". Il a aussi indiqué que le cadre de règlement de ce conflit devait prendre la forme de "tables rondes avec la participation de la véritable partie à ce différend régional", et donc de l’Algérie.
Questionné par Florence Morice, journaliste RFI, sur l’hypothèse d’une confrontation militaire directe entre le Maroc et l’Algérie, Nasser Bourita a assuré que « la démarche de S.M. le Roi Mohamed VI est de ne pas aller dans l’escalade, et de se concentrer sur ce qui nous unit et pas sur ce qui nous désunit ». Et d’ajouter : "Le Maroc, qui est dans son territoire et est dans sa légitime défense, n’a jamais cherché la confrontation. Le Maroc est pour une solution dans le cadre des Nations unies et de l’autonomie sous souveraineté marocaine."
Nasser Bourita a estimé que « l’avantage de cette escalade algérienne, c’est que l’Algérie a démontré qu’elle est la véritable partie prenante de ce problème". Dans ce cadre, le ministre a souligné l’adhésion du Royaume aux résolutions de l’ONU, à l'opposé de la posture algérienne. « Ce n’est pas le Maroc qui a sorti un communiqué en octobre pour rejeter la résolution adoptée par le Conseil de sécurité. C’est ce pays-là qui a officiellement rejeté la volonté de la communauté internationale", a-t-il rappelé.
L’Union africaine n’est plus la chasse gardée de certains pays
Au micro de la chaîne de télévision généraliste francophone internationale, TV5, Nasser Bourita a défendu le statut d'observateur accordé à Israël, en minimisant les quelques réticences apparues lors du sommet de l’UA . « Si cette réalité ne plaît pas à quatre pays, il faut la changer d’abord sur le terrain » a-t-il relevé.
Le ministre des Affaires étrangères a d’ailleurs affiché son étonnement, car "parmi les pays qui sont les promoteurs de ce débat, il y en a un qui a reçu, il y a une semaine, l’ambassadeur d’Israël et qui a une ambassade avec un drapeau d’Israël qui flotte. Je parle de l’Afrique du Sud. Comment peut-on accepter une réalité chez soi et venir imposer le contraire au niveau de l’Union africaine ?"
Pour Nasser Bourita, l’Union africaine « a changé, et elle n’est plus la chasse gardée d’un ou deux pays qui peuvent dire 'non, on va bloquer et l’organisation va suivre'. Le temps où l’on instrumentalisait les institutions pour falsifier des rapports et imposer des décisions est révolu ».
En outre, le ministre des Affaires étrangères marocain a réaffirmé l'engagement du Maroc aux côtés du peuple palestinien, et sa position favorable à une solution à deux États. "Lorsqu'on est pour une solution à deux États, on a le devoir de reconnaître deux États qui doivent vivre côte à côte dans la paix et la quiétude", a-t-il expliqué. « Le rétablissement des relations avec Israël ne changera aucunement la position du Maroc sur la question palestinienne. Le Maroc est clair dans ses positions et il n’instrumentalise pas les causes des autres », a-t-il tenu à préciser.
Le mandat de Macky Sall intervient à un moment particulier
Par ailleurs, Nasser Bourita a commenté, sur TV5, la nomination du président de la république sénégalaise à la tête de l’Union africaine. «Le mandat de Macky Sall intervient à un moment très particulier pour le continent africain, au vu du contexte sanitaire post-covid, et du contexte sécuritaire marqué par le retour de quelques fléaux et phénomène comme les récents coups d’État ou la propagation du terrorisme », a-t-il souligné. Sans oublier d’évoquer « les relations particulières entretenues par S.M. le Roi Mohamed VI et le Sénégal ».
Quant à la question de savoir si le mandat de Macky Sall peut faire avancer le dossier du Sahara, Nasser Bourita a répondu qu'il « ne doit pas être traité au sein de l’Union africaine, mais exclusivement dans le cadre des Nations unies, comme le confirme la résolution 693, adoptée unanimement par les membres de l’Union africaine à Nouakchott (Mauritanie) en 2018 ». Et de conclure que « l’Union africaine, comme toute autre organisation régionale, peut uniquement accompagner, soutenir et appuyer les efforts des Nations unies ».
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