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Tourisme : l’exclusion des agences de voyages du plan d’urgence divise la profession

Au lendemain de l’annonce d’un plan d’aide au tourisme dont sont exclus les agents de voyages, aucun détail n’a filtré sur les conditions d’attribution aux bénéficiaires. Furieux, le SG et la porte-parole de l’ANAVM dénoncent un plan sur mesure pour les hôteliers.

Tourisme : l’exclusion des agences de voyages du plan d’urgence divise la profession

Le 19 janvier 2022 à 19h57

Modifié 20 janvier 2022 à 17h47

Au lendemain de l’annonce d’un plan d’aide au tourisme dont sont exclus les agents de voyages, aucun détail n’a filtré sur les conditions d’attribution aux bénéficiaires. Furieux, le SG et la porte-parole de l’ANAVM dénoncent un plan sur mesure pour les hôteliers.

Si la crise sanitaire regroupait jusqu’au mardi 18 janvier l’ensemble des métiers du tourisme, qui faisaient front commun pour obtenir des concessions du ministère de tutelle, l’exclusion des 1.248 agents de voyages du plan de soutien aura suffi à faire voler en éclats l’unanimité d’un secteur en crise depuis mars 2020.

« Un plan d’urgence réservé aux seuls hôteliers »

Joint par Médias24, Khalid Miftah, secrétaire général de l’Association nationale des agents de voyages marocains (ANAVM), se dit ainsi « stupéfait » par une omission qui ne profitera qu’à une partie des acteurs.

« En effet, si à ce jour, personne ne sait encore comment sera réparti le soutien financier du gouvernement aux opérateurs, notre exclusion de ce plan d’urgence n’a aucun sens ni fondement réel.

« Notre secteur, qui est un élément indispensable de la chaîne de valeur, ne comprend pas comment il est possible de consacrer la moitié d’une enveloppe budgétaire de 2 milliards de dirhams, soit 1 MMDH, aux seuls hôteliers avec qui nous sommes habitués à travailler par notre rôle de prescripteurs de voyages.

« La composition des bénéficiaires de ce plan d’urgence laisse à penser qu’ils sont les seuls à représenter l’industrie du tourisme et que les agences de voyages n’ont par conséquent aucun rôle à jouer.

« Notre surprise est d’autant plus grande qu’à l’issue d’un sit-in devant le siège du ministère du Tourisme, nous avions transmis toutes nos revendications et avions bon espoir de les voir satisfaites », dénonce Khalid Miftah, se disant pessimiste sur l’avenir de son secteur lâché par sa tutelle.

« Le lobbying hôtelier a fini par payer mais au détriment des intérêts des agents de voyages »

Tout aussi furieuse que son collègue par  » le comportement injuste » du ministère, Rajae Ould Hammama, porte-parole de l’ANAVM, avance que, selon elle, l’exclusion des agences de voyages s’explique par le poids infime des associations régionales d’agents de voyages qui sont beaucoup moins puissantes que celles des hôteliers.

« Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir que ces derniers contrôlent 90% de la Confédération nationale du tourisme. D’ailleurs, à ce jour, nous n’avons reçu aucun soutien de leur part », regrette Ould Hammama, avant de demander au ministère de rectifier l’intitulé du communiqué de presse qu’elle estime trompeur.

« Un sit-in qui n’aura eu aucun effet positif »

« Au lieu de « Plan d’urgence au tourisme », il serait plus approprié au regard de son contenu de l’intituler « Plan d’urgence aux hôteliers ».

En effet, c’est tromper l’opinion publique que de prétendre que toutes les branches de l’industrie touristique ont bénéficié d’une aide gouvernementale », explique la chargée de communication qui a peu d’espoir sur un retournement de situation en faveur de l’ANAVM.

« Nous sommes d’autant moins optimistes qu’à l’issue de notre sit-in du 4 janvier, nous avions déposé un dossier complet avec nos 11 principales demandes, comme la suspension de certains impôts et de la taxe professionnelle, qui nous coûte plusieurs dizaines de milliers de dirhams par an avec une activité nulle.

« Pourquoi sommes-nous toujours astreints à payer des assurances et à régler les cotisations sociales de nos employés, alors que nous sommes à l’arrêt total du fait de la fermeture des frontières », conclut la porte-parole, pour qui le seul espoir de sortie de crise résidera dans la réouverture des frontières.

« 2 MMDH correspondent à un simple emplâtre sur une jambe de bois »

Agent de voyages et ex-vice-président de la CNT, Fouzi Zemrani estime que 2 milliards de dirhams pour aider à relancer la machine est un montant largement insuffisant pour un secteur en crise depuis près de deux années.

« Arriver avec un plan de relance qui contient 5 points est, selon moi, un simple plâtre sur une jambe de bois car les pertes enregistrées se chiffrent à beaucoup plus que deux malheureux milliards de dirhams. En effet, si on n’alloue pas les moyens nécessaires, le secteur ne se remettra pas de sitôt.

« Un plan d’urgence qui ne fera que diviser le secteur  »

« De plus, donner à un pan du tourisme et en oublier sciemment un autre n’est pas une bonne stratégie ; Mme Ammor est ministre du Tourisme et pas de l’hébergement hôtelier.

« Si les hôteliers n’ont aucune responsabilité dans les choix de la ministre, ce plan d’urgence aura au final plus divisé que réuni un secteur qui doit être appréhendé dans sa globalité, car on ne peut pas réduire l’industrie touristique à un simple dortoir », estime Zemrani, qui juge également injuste de maintenir la taxe professionnelle à des agents de voyages qui ont une activité quasiment nulle.

Ci-après, communiqué de presse de l’ANAVM publié mardi 18 janvier : Communiqué 18 du janvier.

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