Tourisme : Dakhla tire son épingle du jeu grâce au marché intérieur (opérateurs)
Depuis juin 2020, Dakhla a connu une fréquentation exponentielle de la part des nationaux, qui la distingue du reste du Maroc. Largement insuffisant pour rattraper l’absence de visiteurs étrangers, ce nouveau marché domestique contribuera cependant à l'explosion de l'activité touristique dès la réouverture des frontières.
« À quelque chose, malheur est bon », cite d'emblée Sébastien Deflandre, fondateur de l’hôtel Océan Vagabond, pour qui la crise sanitaire aura au moins eu le mérite de permettre à Dakhla d’être mieux connue par de nombreux Marocains.
En effet, les fermetures à répétition des frontières nationales ont incité de nombreux nationaux à découvrir la ville, naguère fréquentée majoritairement par des visiteurs étrangers.
"Nous sommes ainsi passés d’un taux de fréquentation des nationaux de 5% en 2020, à 25% en 2021, avec un véritable rush de clients marocains séduits par le kite-surf et les paysages désertiques, qui changent des destinations classiques et archi-connues comme Marrakech et Agadir."
Les nationaux ont permis au secteur de survivre en attendant le retour des étrangers
La mise à disposition de plusieurs vols quotidiens vers Dakhla par Royal Air Maroc et l’impossibilité de séjourner à l’étranger durant les fêtes de fin d’année ont encouragé ce tourisme interne.
"Si la hausse des arrivées de locaux n’a pas empêché la fermeture de quelques établissements, elle a quand même permis à ceux restés ouverts de pouvoir payer leurs charges en attendant la réouverture des frontières, et le retour des touristes étrangers qui constituent toujours notre principale activité", explique Sébastien Deflandre. L'hôtelier tient à rappeler que le rush observé, notamment durant les vacances scolaires, reste largement insuffisant pour retrouver le taux d'occupation qui atteignait 80% avant la crise.
"Le tourisme domestique restera toujours insuffisant pour remplir les 48 hôtels de la ville, mais l’augmentation quasi exponentielle des arrivées des nationaux ouvre de belles perspectives de remplissage hôtelier, lorsque les frontières internationales rouvriront à la fin du mois courant."
"À moins d’une nouvelle prolongation de la fermeture, le secteur table en effet sur une forte reprise d’activité à partir de février prochain, voire mars au plus tard, avec une conjonction des arrivées étrangères et nationales", conclut Deflandre qui espère une fin de crise imminente.
La crise sanitaire a fait émerger une nouvelle destination phare
Tout aussi optimiste que son confrère, Khalil Ajana, qui dirige l’hôtel Dakhla Attitude, confirme que la crise sanitaire a fait de la ville une nouvelle destination touristique pour les Marocains. Ces derniers, qui ne la connaissaient pas, lui ont donc permis de survivre, notamment durant la saison estivale.
« Grâce aux nombreux reportages effectués sur place, Dakhla est devenue une destination phare du tourisme domestique, qui va beaucoup se développer à l’avenir, à l’image du Marrakech des années 2000. Connue à l’international comme un spot mondial de kite-surf, la ville devrait logiquement redémarrer en mars si l’ouverture des frontières a bien lieu le 31 janvier prochain », estime le directeur de Dakhla Attitude, spécialisé dans l’hébergement des kite-surfeurs.
Un taux de remplissage hôtelier prévisionnel de 80% à 100% pour 2022
Qualifiant sa ville de véritable exception dans le paysage touristique national, Omar Alaoui Belghiti, vice-président du CRT de la région Oued Eddahab, avance que Dakhla est la seule destination du Maroc à avoir, durant la crise sanitaire, développé et conquis un nouveau marché émetteur de touristes locaux.
« En effet, si l’activité pré-crise était assurée en grande majorité par les étrangers, ce sont les arrivées nationales qui ont permis de sauver le secteur. Malgré les fermetures ponctuelles de frontières, le nombre de nuitées dans les hôtels classés est passé de 44.000 en septembre 2020, à 90.000 durant le même mois de 2021, soit quasiment le double grâce aux arrivées des touristes locaux », conclut le vice-président du CRT.
Selon Omar Alaoui Belghiti, la réouverture des frontières rimera avec un taux d’occupation hôtelier compris entre 80% et 100% durant toute l’année 2022.
à lire aussi
Article : Tanger Med Port Authority s’apprête à prendre le contrôle conjoint de Portnet aux côtés de l’ANP
La société Tanger Med Port Authority SA (TMPA) prévoit d’acquérir 44,07% du capital de Portnet SA, gestionnaire du guichet unique national des procédures du commerce extérieur.
Article : Vague de chaleur à partir du 28 juin au Maroc : les explications de la météorologie nationale
La vague de chaleur attendue à partir du 28 juin est liée à la remontée de masses d'air sahariennes, dans un contexte marqué par un dôme de chaleur sur l'Europe, explique a Direction générale de la météorologie (DGM). Les températures pourraient atteindre localement 45°C dans plusieurs régions du Royaume.
Article : Festival Gnaoua : une première soirée entre traditions, fusions et ferveur populaire
À Essaouira, la première journée du Festival Gnaoua a rappelé pourquoi des milliers de festivaliers prennent la route chaque année vers la cité des Alizés. Entre parade des maâlems et créations musicales inédites, la ville a vibré au rythme des traditions, des fusions et d'une ferveur populaire intacte.
Article : OCP Nutricrops renouvelle son partenariat avec le Bangladesh pour l'approvisionner en engrais phosphatés
OCP Nutricrops, filiale du groupe OCP spécialisée dans le développement de solutions de nutrition des sols et des plantes, et la Bangladesh Agricultural Development Corporation (BADC), organisme public rattaché au ministère de l’Agriculture du Bangladesh, ont officialisé le renouvellement de leur accord d’approvisionnement annuel.
Article : Vague de chaleur dès dimanche 28 juin, jusqu’à 45°C dans plusieurs provinces
De fortes chaleurs sont attendues du 28 juin au 1er juillet, avec des températures oscillant entre 38 et 45°C selon les régions. Plusieurs provinces seront placées en vigilance orange.
Article : Bourse : après un repli de 5% depuis le début de l'année, où en est le secteur agroalimentaire ?
Le secteur agroalimentaire coté à la Bourse de Casablanca recule de près de 5% depuis le début de l'année, une contre-performance légèrement supérieure à celle du MASI (-4,2%). Derrière cette évolution se cachent toutefois des trajectoires contrastées. Si Mutandis tente de tourner la page d'une année 2025 difficile, Cosumar traverse une phase de transition avant un rebond attendu, et Lesieur Cristal cherche à restaurer durablement ses marges.