L’AMMC décrypte les étapes de l’introduction en bourse et les méthodes pour y souscrire

| Le 1/11/2021 à 19:22
Dans le 3e guide de l’investisseur, l’AMMC explique le principe d’une introduction en bourse et les étapes principales qui la constituent. Elle explique également comment s’y prendre pour y souscrire en tant qu’investisseur novice et ce qu’il faut savoir avant d’effectuer un éventuel investissement. Voici ce qu’il faut retenir.

Dans le cadre de l’éducation financière visant à rendre les différents concepts relatifs au marché des capitaux plus accessibles au grand public et à renforcer les connaissances des épargnants, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a publié son 3e guide de l’investisseur intitulé « Comprendre les introductions en Bourse ». L’AMMC explique dans ce guide ce qu’est une introduction en bourse, à quoi cela sert, quelles sont les étapes et comment y souscrire.

Premièrement, rappelons qu’une introduction en bourse (également appelé IPO ‘Initial Public Offering’, ndlr) passe par l’achat de titres nouvellement émis par un émetteur (en besoin de financement) de la part d’un souscripteur (disposant de liquidités). « Dans l’univers du marché primaire, l’introduction en bourse constitue l’une des principales opérations d’émission qui offre aux investisseurs l’opportunité d’acquérir des titres neufs sur le marché des capitaux et aux émetteurs la possibilité de lever de nouveaux fonds sur ce même marché » précise l’AMMC. Voici ce qu’il faut retenir.

Quel est objectif ?

Le but d’une IPO est de mettre une partie du capital de la société sur le marché public en contrepartie de nouveaux capitaux récoltés. Pour l’émetteur, c’est-à-dire la personne en recherche de financement, cela lui permet de solliciter le public pour la collecte de son épargne. Elle réalise un APE « appel public à l’épargne » et doit respecter différentes procédures et règles pour assurer la protection des épargnants. Cela lui permet notamment de diversifier ses options de financement, d’augmenter sa notoriété sur le marché et d’assurer la mobilité de son capital.

Pour un investisseur, souscrire à une IPO représente une occasion « d’acquérir des titres d’entreprises à potentiel et d’élargir son portefeuille de titres » explique l’AMMC.

Mais l’autorité rappelle que ces investissements dans des actions signifient que le cours peut évoluer à la hausse comme à la baisse. « D’où l’importance de bien examiner le prospectus de l’opération, et ne pas hésiter à demander conseil à des experts dans le domaine (des conseillers financiers par exemple) » souligne l’AMMC.

Quelles sont les étapes clés d’une introduction en bourse ?

Dans un processus d’introduction, il y a 5 étapes principales :

  1. Définir le type d’introduction
  2. Choisir le marché
  3. Choisir la procédure d’introduction
  4. Choisir les intermédiaires (membres du syndicat de placement)
  5. Préparer le prospectus et la procédure de Visa AMMC

Il faut rappeler qu’il existe deux catégories d’introduction d’actions sur le marché. Premièrement, les cessions d’actions existantes, c’est-à-dire appartenant aux actionnaires d’origine. Dans ce cas, les actionnaires réduisent leur part dans la société et vendent une partie de leur actions aux nouveaux actionnaires. Aucune nouvelle liquidité n’est donc apportée.

Il y a également les augmentations de capital qui sont constituées d’émissions de nouvelles actions. Pour ce cas, « de nouvelles actions sont créées permettant à l’entreprise la collecte de nouveaux capitaux sur le marché, l’entreprise dispose ainsi d’une source de financement additionnelle pour son développement » explique l’AMMC.

Le choix du marché peut se faire à travers deux voies. Les émissions d’actions peuvent être réalisées sur le marché principal ou le marché alternatif. L’AMMC précise que « le choix d’un marché au détriment de l’autre dépend de critères tels le total du bilan, le chiffre d’affaires, la fraction du capital à diffuser dans le public et la capitalisation boursière ». La cotation sur le marché principal est généralement réservée aux grandes entreprises et l’alternatif aux PME.

La société cherchant à s’introduire en bourse dispose également de différentes procédures d’introduction. Dépendant de ses besoins de financement et de l’état du marché, on distingue l’offre à prix ferme (OPF), qui consiste à mettre une quantité de titre à disposition à prix fixe. L’AMMC rappelle que la dernière introduction en bourse en date sur la place casablancaise (Aradei Capital) « s’est réalisée via une offre à prix ferme (OPF) avec un prix d’introduction de 400DH ». L’autre option est l’offre à prix ouvert (OPO). Il s’agit de titres proposés en fixant une fourchette de prix et de ce fait, « les ordres émis par les souscripteurs sont obligatoirement stipulés » note l’AMMC.

La quatrième étape consiste à choisir les différents intermédiaires de l’opération. Il s’agit des sociétés de bourse ou des banques qui vont accompagner la société dans son introduction et se chargeront de la collecte de la souscription. Ils sont appelés ‘membre de syndicat de placement’.

L’ultime étape, concerne le prospectus de l’opération qui reprend tous les éléments relatifs au déroulement de l’opération d’introduction en bourse. Ce dernier est envoyé à l’AMMC qui doit approuver et valider le dossier. L’instance émet par la suite un visa, « l’émetteur a l’obligation de publier le prospectus de l’opération sur son site internet et d’émettre un communiqué de presse dans un journal d’annonces légales informant du visa de l’AMMC et renvoyant vers son site internet pour permettre au public d’avoir accès au détail de l’opération » explique l’AMMC.

Mais pour un investisseur qui souhaite souscrire à ces actions nouvellement disponibles sur le marché, certaines choses doivent être étudiées avant d’investir.

Ce qu’il faut savoir avant d’investir et comment le faire ?

Il est à préciser qu’un « investisseur particulier ne peut souscrire qu’une seule fois à une opération d’introduction en bourse, sauf pour le cas d’un salarié de l’entreprise initiatrice de l’opération (selon les modalités présentées dans le prospectus) » précise l’AMMC.

Avant de prendre une décision d’investir, il est important pour un investisseur de lire le prospectus publié par l’émetteur afin de prendre en compte toutes les informations disponibles.

Ce dernier devra également se renseigner sur les démarches à entreprendre afin de souscrire à une IPO. L’AMMC précise que des frais s’appliquent également au souscripteur couvrant la commission de bourse, la commission de règlement, la commission de courtage.

Pour souscrire à une IPO, le souscripteur doit dans un premier temps ouvrir un compte titres. « Ce dernier doit être adossé à un compte espèce ouvert auprès du membre du syndicat de placement » explique l’AMMC. Différents documents sont exigés pour cela. Néanmoins, il est essentiel de se référer au prospectus de l’opération pour s’assurer de l’intégralité des documents requis:

  • Copie du document d’identification du souscripteur : carte d’identité nationale (CIN), carte de séjour, registre de commerce, passeport, etc.
  • Contrat d’ouverture de compte dûment signé par le souscripteur et le membre du syndicat de placement.

L’ouverture du compte ne peut se faire que par l’investisseur lui-même. Ce compte devra être alimenté par la somme désirée par le souscripteur pour effectuer son placement. « Les souscriptions doivent être couvertes par dépôt effectif (chèque ou espèces), par collatéral (constitué de titres détenus par le souscripteur) ou par caution bancaire. Pour les souscripteurs personnes physique, 100% du montant de la souscription doit généralement être déposé dans le compte. Cette somme reste bloquée jusqu’à l’allocation des titres » souligne l’AMMC.

Deuxièmement, le souscripteur doit formuler sa souscription à travers un bulletin de souscription individuel auprès de la banque ou société de bourse du syndicat de placement. « L’ordre de souscription doit être horodaté au moment de sa réception, il est également possible de souscrire via une plateforme internet lorsque l’intermédiaire financier offre ce service » précise l’AMMC. Ce bulletin doit contenir différentes informations clés : La période de souscription, l’identité du souscripteur, le type d’ordre (la quantité demandée, prix de souscription, dépositaire, numéro de compte de titres, numéro de compte espèces), le mode de paiement (virement ou chèque ou espèces), le mode de couverture (dépôts effectif, collatéral, caution bancaire). Le souscripteur doit veiller à en garder une copie.

A l’échéance de la période de souscription, « toutes les souscriptions sont centralisées au niveau de la société gestionnaire de la bourse (Bourse de Casablanca), qui se charge de l’allocation des titres et de la génération des transactions » explique l’AMMC. Cette allocation peut se faire via différentes méthodes, dépendamment de la nature du souscripteur. Elle peut se faire notamment au prorata ou par itération.

L’allocation au prorata se fait suivant un ratio correspondant au nombre de titres offerts par rapport au nombre demandé. Si une demande de 10 000 actions est exprimées et que 5 000 sont offertes, il s’agit d’un ratio d’attribution de 0,5.

Source: AMMC

L’allocation par itération « consiste à attribuer respectivement une action à chaque souscripteur d’une même catégorie de souscripteurs jusqu’à épuisement du nombre d’actions dédiées à cette catégorie, sans dépasser la quantité demandée par chaque souscripteur ».

L’étape finale est appelée le règlement-livraison. Elle désigne la phase finale du processus d’achat-vente de titres. Il a pour but de matérialiser dans les comptes chez leurs dépositaires (teneurs de comptes) le transfert de propriété entre le souscripteur et l’émetteur. Par la suite, chez le dépositaire central (Moroclear), le règlement se fait à travers un transfert de compte à compte entre deux dépositaires locaux dans les livres du dépositaire central. La transaction finale entre les liquidités sécurisées et les titres en contrepartie est assurée par le Système des Règlements Bruts au Maroc (géré par Bank Al Maghrib, ndlr)

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