Aïd Al Adha: le mouton est gras, la facture risque d’être salée !

A moins d’un mois de la fête du sacrifice, le mouton s’invite dans les conversations. Quelles perspectives pour la célébration du rite ? A quel prix ? Et surtout, comment le financer ?

De gauche à droite et de haut en bas: races Timahdit, Bni Guil, Sardi et Bejaâd.

Aïd Al Adha: le mouton est gras, la facture risque d’être salée !

Le 18 juin 2021 à 13h21

Modifié 18 juin 2021 à 13h37

A moins d’un mois de la fête du sacrifice, le mouton s’invite dans les conversations. Quelles perspectives pour la célébration du rite ? A quel prix ? Et surtout, comment le financer ?

«L’argent du mouton». Deux mots qui reviennent comme un leitmotiv. Que ce soit dans un bus, un taxi ou encore sur les terrasses des cafés, le mouton est le sujet d’actualité. Kader, patron d’une TPE de la communication préfère célébrer la fête dans un hôtel. «Depuis 5 ans, je passe les vacances de l’Aïd El Kébir dans un établissement de la région du Tadla où le rite est célébré comme à domicile», précise-t-il.

Paradoxalement, notre interlocuteur sert à chacun de ses employés une prime de 2.000 DH pour les aider à s’acquitter des frais du sacrifice. Le geste, il le justifie par la sensibilité extrême de plusieurs franges de la société à l’égard de cette fête. Tout particulièrement dans les quartiers populaires des grandes villes et autres petites agglomérations semi rurales. Dans ces quartiers, le rite est incontournable.

Dans quelles conditions sera-t-il célébré cette année, alors que le spectre de la pandémie reste encore menaçant?

Côté offre, plusieurs sources s’accordent à dire qu’elle sera pléthorique. Selon le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), «l’offre en ovins et caprins destinés à l’abattage de Aïd Adha sera certainement abondante compte tenu des conditions climatiques ayant prévalu cette année». Et de souligner que «les prix vont certainement être au même niveau sinon plus bas que ceux enregistrés l’année passée».

A l’appui, il rappelle que les effectifs du cheptel ont été maintenus malgré la succession  de deux années de sécheresse. Ce cheptel se compose actuellement de près de 21,6 millions d’ovins et de 6 millions de caprins.

De son côté, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires qui pilote pour la 3e année l’opération de traçabilité des bêtes, destinées au sacrifice de l’Aïd assure qu’à la mi-juin, environ 5,5 millions de têtes ont été tracées. Un chiffre qui dépasse de très loin les besoins de la fête.

Et l’opération se poursuit, en collaboration avec les deux associations concernées, soutient l’Onssa.

Cependant, les professionnels, tout particulièrement les éleveurs rompus à l’engraissement du cheptel destiné au sacrifice font une autre analyse de l’offre. Ils considèrent que la préparation du mouton de l’Aïd se fait sur 5 à 6 mois, moyennant des aliments composés. Or l’alimentation du bétail ne cesse de flamber depuis le début de l’année. Maïs, soja, tourteaux et autres céréales fourragères restent sur un trend haussier, est-il constaté. Sans oublier que le pays est passé par deux années de sécheresse qui ont particulièrement affecté la trésorerie du monde rural. Les éleveurs en tête, puisqu’ils ont dû brader leurs bêtes pour subvenir à leurs besoins.

Aujourd’hui, il paraît justifié de se rattraper. D’autant plus que l’afflux massif attendu des Marocains du monde donnerait un coup de pouce à la demande. Cette perspective plaide donc pour une surchauffe des prix.

Ovins : Les races dominantes et leurs berceaux

Au Maroc, les races ovines sont multiples et évoluent dans toutes les régions. Dans les plaines tout comme sur les hauteurs. Mais quatre races restent dominantes parmi le cheptel national.

Voici la sélection établie selon les données de l’Association nationale des ovins et caprins (Anoc).

Béni Guil ou Daghma. Présente sur les plateaux de l’Oriental, cette race est très bien adaptée à la steppe. Elle est capable de s’acclimater dans d’autres régions. Elle est l’une des meilleures races à viande du Maroc. Grâce à ses qualités laitières, la femelle est utilisée comme support au croisement industriel.

La race Beni Guil tire son nom de la tribu des Beni Guil située entre Figuig et Aïn Beni Mathar.

La race Béni-Guil est de taille moyenne avec une toison blanche et ouverte. Le ventre, la tête et les membres sont nus de couleur brune feu ou marron. Cette coloration s’étend jusqu’en arrière des cornes et la face inférieure de la gorge. La toison est blanche, tassée, homogène, sans jarre, ni fibres colorées.

L’effectif moyen de cette race est d’environ 1,9 million de  têtes, soit plus de 12% du cheptel national ovin.

L’ANOC dispose actuellement d’un réseau de 617 éleveurs sélectionneurs de la race Beni Guil, exploitant 109.016 brebis.

La race Béni-Guil est rencontrée dans les provinces d’Oujda Angad, Berkane, Figuig, Taourirt, Guercif, Boulmane, Jerada et Taza.

Boujaâd, la race jaune. Elle est de grande taille et sa tête est de couleur jaune pâle virant au safran. D’où son nom de race jaune.

Les animaux de cette race sont utilisés en croisement. Ils sont rustiques et à toison fermée. Son effectif est estimé à 200.000 brebis.

La race Boujâad, connue dans le passé sous le nom de race Tadla, fait partie des effectifs des plateaux de l’Ouest. Elle se caractérise par sa robe de couleur blanche. La tête est assez fine chez la femelle, moyenne à forte chez le mâle. Les cornes, absentes chez la femelle, sont moyennement ouvertes en spirale chez le mâle. La toison est blanche, tassée, homogène, sans jarre, ni fibres colorées.

Adulte, le mouton pèse entre 80 et 100 Kg.

Sardi, le plus prisé. La race Sardi occupe une place particulière dans l’élevage ovin au Maroc. Le mâle est le plus recherché par les Marocains pour le sacrifice de l’Aïd. Réputée pour sa vocation à viande, cette race est également recherchée pour l’embouche. Son effectif a connu une augmentation ces dernières décennies et les géniteurs de cette race sont souvent utilisés en croisement.

La race Sardi appartient à la population des plateaux de l’Ouest et occupe la région des Béni Meskine.

Très bien adaptée aux pauvres parcours des plateaux de l’Ouest du Maroc (Béni Meskine, Chaouia, Tadla et Sraghna), la race Sardi est présente essentiellement au niveau des provinces de Settat et Kalaâ des Sraghnas. L’effectif de la race est estimé à près de 2,5 millions de têtes. L’ANOC dispose actuellement d’un réseau de 1.316 éleveurs sélectionneurs de la race Sardi, exploitant 92.769 brebis.

Timahdite ou Bergui. C’est la race du Moyen Atlas et des régions avoisinantes. Elle est réputée par sa bonne conformation, sa facilité d’engraissement, son rendement en carcasse et son adaptation à son environnement. Par ailleurs, elle est très utilisée pour le croisement industriel.

C’est le produit du croisement entre le mouton de type berbère et la race Tadla des plateaux de l’Ouest. Mais certaines études mettent le point sur l’éventuelle contribution de la race Beni Guil au développement du Bergui.

Avec un effectif d’environ 1,5 million de brebis, la race Timahdite représente l’effectif le plus important encadré par l’ANOC : 4.973 éleveurs sélectionneurs recensés avec 503.150 brebis.

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