Transporteurs touristiques : Sans mesures d’accompagnement, pas de sortie de crise avant 2024

Après 15 mois d’activité à l’arrêt, la Fédération nationale du transport touristique a présenté, mercredi 16 juin, son diagnostic de la situation des transporteurs touristiques, avant de proposer des solutions pour reconstruire ce secteur sinistré. Selon le président Othman Cherif Alami, la reprise ne pourra avoir vraiment lieu en 2024 que si l’Etat et les sociétés ce crédit acceptent de reporter et de restructurer les dettes.

Transporteurs touristiques : Sans mesures d’accompagnement, pas de sortie de crise avant 2024

Le 17 juin 2021 à 15h56

Modifié 17 juin 2021 à 17h41

Après 15 mois d’activité à l’arrêt, la Fédération nationale du transport touristique a présenté, mercredi 16 juin, son diagnostic de la situation des transporteurs touristiques, avant de proposer des solutions pour reconstruire ce secteur sinistré. Selon le président Othman Cherif Alami, la reprise ne pourra avoir vraiment lieu en 2024 que si l’Etat et les sociétés ce crédit acceptent de reporter et de restructurer les dettes.

Lors d’un point de presse, tenu mercredi 16 juin, les représentants de la Fédération nationale du transport touristique ont présenté les résultats d’une étude intitulée « CAP 2025, analyse, diagnostic, orientations et plan d’action à moyen terme » qui a permis d’établir un scénario de sortie de crise à l’horizon 2024.

« Un secteur endetté à hauteur de 1,8 milliard de dirhams »

Dans un premier temps, le président de la FNTT a brossé un tableau noir de son secteur, en fournissant une radioscopie chiffrée de la situation impactée par la pandémie et l’arrêt d’activité depuis près de 15 mois.

Selon lui, le transport touristique qui compte 1.450 entreprises disposant de 9165 véhicules d’une valeur de 3 milliards de dirhams croulerait sous le poids de l’endettement qui représente un encours de 1,8 milliard de DH dont 50% sous forme de contrats de leasing, 30% de crédits directs avec les vendeurs de véhicules et 20% bancaires.

Confrontées en mai 2021 à une chute de 82% des flux touristiques, ces sociétés qui ne réalisent plus aucun chiffre d’affaires depuis la fermeture des frontières en mars 2020, sont en effet incapables de régler les échéances de crédit de leur outil de travail et in fine menacées de cessation de paiements puis de faillite.

« Notre chiffre d’affaires continuera de baisser jusqu’à fin 2022 »

Selon l’étude de la FNTT, leur endettement qui atteint 60% de toutes leurs charges et la persistance de charges fixes de 40% ne permettra pas un véritable redressement de leur situation financière avant 2024.

En effet, les rédacteurs du rapport estiment que le chiffre d’affaires sectoriel continuera de s’inscrire à la baisse par rapport à 2019,  et jusqu’à 2024 avec les taux suivants : -20% en 2021, -10% en 2022, 0% en 2023 et enfin plus 5% à l’horizon 2024.

Hormis les pertes financières, Othman Cherif Alami a pointé du doigt la détérioration de l’outil de travail immobilisé et la fuite des ressources humaines, vers des métiers offrant plus de sécurité et de visibilité.

« Reporter d’au moins 6 mois toutes les échéances de crédit »

Sollicité par Médias24, celui qui préside également le groupe Atlas Voyages affirme que la sortie de crise nécessite l’appui de l’Etat à travers le comité de veille économique avec des mesures de soutien financier.

« La priorité majeure de notre secteur est d’alléger le fardeau de la dette des transporteurs touristiques en reportant les échéances de crédits contractés sur leur outil de travail a minima jusqu’à janvier 2022.

« Le reprofilage de la dette permettra de générer du cash-flow pour rembourser en janvier prochain »

« Cette mesure leur permettra d’envisager une reprise dans des conditions normales, sachant que le remboursement des crédits automobiles ne pourra se faire qu’avec une activité génératrice de cash-flow.

« De plus, le report des échéances aura pour effet de suspendre les nombreuses procédures en cours de recouvrement, avec des saisies à la clé et de pouvoir rebondir en profitant de la saison estivale qui démarre.

« Pour cela, nous demandons un sursis des pénalités et intérêts de retard, d’alléger les taux d’intérêt, d’allonger la durée de remboursement, et encore une fois de reporter tous les crédits jusqu’à début 2022 », explique Cherif Alami qui réclame aussi un assouplissement réglementaire des autorités de tutelle.

«Nécessité d’assouplissement du cahier de charge technique »

« En effet, il serait judicieux d’exclure la durée d’arrêt d’activité des transporteurs touristiques dans le cadre des agréments et autorisations qui doivent être renouvelés beaucoup trop souvent.

« Les démarches de renouvellement des documents des véhicules (carte grise …) devront être facilitées, les frais de visite technique exemptés et enfin une prime à la casse instituée pour renouveler le parc automobile », a demandé Alami qui espère aussi un rééchelonnement des créances sociales comme la CNSS.

« Pas de début de reprise du secteur des transporteurs avant octobre voire décembre prochain »

A la dernière question portant sur la récente ouverture des frontières qui augure une meilleure saison estivale qu’en 2020 et permettra peut-être de hâter la reprise du secteur touristique, notre interlocuteur a estimé qu’il faudra attendre octobre prochain voire les fêtes de fin d’année pour savoir si les étrangers qui constituent l’essentiel de la clientèle des transporteurs touristiques seront effectivement de retour…

Ci-après, la conférence de presse filmée par Medias24:

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