Israël prépare l’hypothèse d’une reprise d’opérations de grande ampleur à Gaza, sans feu vert politique à ce stade
Selon le quotidien "Haaretz", l’armée israélienne a validé plusieurs scénarios militaires, estimant que le Hamas a partiellement reconstitué ses tunnels et ses structures de commandement. En parallèle, des discussions se poursuivent au Caire sur l’avenir de l’enclave et la question du désarmement du mouvement palestinien.
L’armée israélienne se prépare à l’éventualité d’une reprise d’opérations terrestres de grande ampleur dans la bande de Gaza, estimant que le Hamas a reconstitué une partie de ses capacités militaires et organisationnelles au cours des derniers mois, rapporte ce mercredi 10 juin 2026 le quotidien israélien Haaretz.
Selon des responsables militaires cités par le journal, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a récemment approuvé plusieurs plans opérationnels présentés par le commandement sud de l’armée. Ces scénarios s’inscrivent dans l’hypothèse d’un élargissement des combats dans l’enclave palestinienne.
Des sources sécuritaires israéliennes affirment que le Hamas aurait restauré une partie de ses infrastructures, y compris des sections de son réseau de tunnels endommagées pendant la guerre. L’armée estime également que le mouvement palestinien a reconstitué certains de ses mécanismes de commandement, après la mort de plusieurs de ses cadres militaires dans des frappes israéliennes.
Pour autant, aucune décision politique n’a encore été prise. Des sources gouvernementales israéliennes citées par Haaretz soulignent que le gouvernement de Benjamin Netanyahu n’a pas validé, à ce stade, une extension des opérations militaires, même si des préparatifs sont en cours.
En cas de feu vert, l’armée pourrait être amenée à intervenir dans des secteurs qu’elle avait jusqu’ici largement évités, notamment en raison de la possible présence d’otages, dont certaines zones de camps de réfugiés du centre de Gaza, le secteur d’Al-Mawasi, dans le Sud, et de larges parties de la ville de Gaza.
Parallèlement, des discussions se poursuivent au Caire entre factions palestiniennes, sous médiation égyptienne, autour de l’avenir de la gouvernance de Gaza et de la question du désarmement du Hamas.
Selon des sources palestiniennes proches des pourparlers, les projets de texte en discussion évoqueraient désormais la possibilité pour le Hamas de "déposer" les armes, plutôt que de les "remettre". Cette nuance vise à éviter l’idée d’une reddition directe à Israël et pourrait ouvrir la voie à un transfert des armes vers une instance palestinienne convenue.
Les discussions portent également sur le rôle d’un comité technocratique appelé à administrer Gaza. Israël a jusqu’ici refusé l’entrée de ses membres dans l’enclave, selon Haaretz.
Mustafa Barghouti, président de l’Initiative nationale palestinienne et participant aux discussions, estime qu’un éventuel processus doit être graduel. Selon lui, les priorités doivent d’abord porter sur l’arrêt de l’extension de la présence militaire israélienne, le retrait des zones actuellement occupées par l’armée et le démantèlement de milices armées soutenues, selon lui, par Israël.
"On ne peut pas demander aux gens d’abandonner tous leurs moyens de défense, alors que des groupes armés continuent d’opérer sur le terrain sous protection israélienne", a-t-il déclaré à Haaretz.
La question du désarmement du Hamas reste l’un des principaux points de blocage des discussions sur l’après-guerre à Gaza, alors que les médiateurs tentent de concilier exigences sécuritaires israéliennes, rivalités palestiniennes et pressions internationales.