Le Maroc, nouveau terrain d’investissement du co-fondateur de veepee.com
Ilan Benhaïm, entrepreneur chevronné au discours très motivant, affiche ses ambitions d’accompagner les pépites marocaines, à travers sa holding d’investissement IBP Africa, dans un entretien exclusif avec Médias 24.
En 2001 et à seulement 24 ans, Ilan Benhaïm cofonde veepee.com, anciennement vente-privee.com au chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros en 2019 et employant 5.000 personnes dans 10 pays européens. «Je recommande de créer sa startup très jeune, on est un peu fou!», se rappelle-t-il avant de continuer: «Ce qui m’a manqué à l’époque, c’est d’avoir un mentor. Au bout de 12 ans d’exercice, de jeunes entrepreneurs sont venus me voir pour les accompagner. La force de l’exemple est très importante pour permettre à des jeunes d’avancer et d’avoir confiance en l’avenir !».
Aider les startups à traverser la «vallée de la mort», cette phase critique entre le lancement et le décollage commercial, investir dans des pépites innovantes et en faire des champions africains. C’est la visée d’Ilan Benhaïm, business angel et entrepreneur d’origine marocaine, qui affirme vouloir marquer son empreinte dans son pays, en s’activant au cœur de l’écosystème de l’innovation. Bien intégré dans l’écosystème, il est d’ores et déjà membre des clubs Angels4Africa, MoBan et MNF Angels.
Respecter les équilibres financiers
Un grand enthousiasme l’anime quand il nous parle de sa volonté de structurer son activité d’investissement au Maroc par la création d’une filiale africaine de sa holding d’investissement IB Participations (IBP) S.A., qui compte dans son portefeuille plus d’une vingtaine de start-ups en France et dans le monde.
«L’idée derrière le lancement d’IBP Africa est de miser sur une équipe locale qui soit à l’affût des deals, capables d’identifier les signaux faibles qui augurent des futurs champions nationaux», affirme Ilan Benhaïm à Médias 24. Son objectif est d’accompagner la croissance des startups à l’échelle africaine et de les exporter en Europe.
D’après l’investisseur, il y a de quoi espérer. «Le Maroc a tout ce qu’il faut pour créer des leaders africains! Je constate une formidable énergie d'entreprendre», s’enthousiasme l’investisseur, mettant en avant «le talent des équipes, la disponibilité des fonds et les entrepreneurs à succès capables d’accompagner cet écosystème».
Dans son portefeuille d’investissement, Ilan Benhaïm est certain que quatre startups ont le potentiel de devenir des champions africains: l'application de covoiturage "Pip Pip Yallah", l’opticien-lunetier "Nadari", la société de services à domicile "Saweblia" et l’entreprise de messagerie express "Shipex".
Pour évaluer le potentiel des startups, le business angel mise d’abord sur la taille du marché, «la startup doit être capable de devenir leader presque seule sur son marché». Vient ensuite le pouvoir de game changer du produit ou du service. Il s’agit d’évaluer comment la solution peut bousculer les usages et desservir des besoins clairement identifiés.
La startup se doit donc de «développer une galaxie de services, bien travailler sa marge et respecter les équilibres financiers afin qu’elle soit profitable et indépendante des financeurs extérieurs».
Enfin et non des moindres, «l’entente avec les fondateurs». Il s’agit de «valider les rapports humains au-delà des chiffres et du marché, et de comprendre les valeurs qu’on peut avoir ensemble! Car, ce qui m’importe en tant que business angel, ce n’est pas seulement de disposer de solides compétences entrepreneuriales et techniques mais aussi d’avoir de bons rapports humains et de la passion». Et de tempérer: « Évidemment l’analyse du dossier et de l’ambition chiffrée est nécessaire mais une attention particulière doit être portée au fit investisseur-startuppeur».
Faire confiance aux start-ups
En effet, au-delà du financement, la startup «a besoin de mentors, de business partners et d’un réseau de personnes qui les accompagnent». C’est une relation de proximité qui s’installe, des coups de cœurs. Ma mission est «d’accompagner la startup d’une durée d’une à deux années, de faire des suivis mensuels, tout en s’érigeant comme mentor qui donne de la hauteur de vue et de leur ouvrir mon réseau européen de partenaires», note Ilan Benhaïm.
Selon lui, le business angel répond de surcroît à une problématique de confiance. «Au Maroc, le rapport à la confiance est différent par rapport aux pays occidentaux. La confiance est mieux établie quand un socle relationnel est développé entre les parties. Le business angel se place ainsi comme un tiers de confiance. C’est le trait d’union entre la pépite et le secteur financier. Il dit aux startups que tout est possible et aux financiers qu’il faut faire confiance à ces startups!».
La caution accordée par le business angel réduit de ce fait l’incertitude quant au potentiel de la startup qui bénéficie, dans un second temps, d’une attention particulière des investisseurs, notamment des fonds de capital-risque. Si le business angel couvre des projets nécessitant des investissements entre 200.000 et 1 million de DH, le capital-risqueur peut s’engager sur des tickets plus importants, variant entre 1 à 10 millions de DH.
Ilan Benhaïm ne manque pas de souligner le manque de solutions d’accompagnement entre le lancement effectif de la startup et son industrialisation. «Il y a un gap entre les programmes d’idéation et les fonds de capital développement», note notre interlocuteur. Bien qu’il estime que l’accompagnement dans les premières phases de maturité de la startup s’est fortement structuré au Maroc, il demeure insuffisant dans la mesure où les startups restent petites. Il recommande à cet effet de mettre en place des programmes d’accélération permettant d’amener la startup à lever entre 10 ou 50 millions de DH, la clé pour créer une forte intégration et continuité dans l’écosystème de l’innovation marocain.
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