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« Le chemin des possibles » : Saloua Karkri-Belkeziz fait le récit d’une vie dans son autobiographie

Cette cheffe d’entreprise aux multiples casquettes raconte, dans son autobiographie, les étapes et les épreuves qui ont jalonné sa vie professionnelle et personnelle. Elle s’adresse surtout aux jeunes femmes et veut démontrer qu’il n’y a pas de choix à faire entre une carrière et une vie de famille.

« Le chemin des possibles » : Saloua Karkri-Belkeziz fait le récit d’une vie dans son autobiographie
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Le 17 juin 2021 à 17h00 | Modifié 17 juin 2021 à 17h33

« Les paroles s’envolent, les écrits restent. » C’est ce proverbe antique, que Saloua Karkri-Belkeziz cite volontiers elle-même, qui est en partie à l’origine de son autobiographie « Le chemin des possibles », publiée la semaine dernière aux éditions La Croisée des Chemins (90 DH, 270 pages).

« On dit souvent qu’il n’y a pas, ou pas suffisamment, de rôles modèles chez les femmes au Maroc. Il y en a pourtant beaucoup ; beaucoup font des choses exceptionnelles mais on ne communique pas sur elles. On ne les montre pas. Dans les nombreuses conférences auxquelles j’ai participé, notamment sur l’entreprenariat féminin, on cherchait toujours à inciter les jeunes femmes à se lancer. Mais les paroles s’envolent et les écrits restent. Je pense qu’on peut être une bien meilleure source d’inspiration avec des mots qu’à travers des paroles », nous confie Saloua Karkri-Belkeziz.

« Des détails assez amusants sur le fait d’être une femme en politique »

Ce récit – celui de sa vie de cheffe d’entreprise, de femme politique et de mère de famille – est donc « [sa] contribution » ; sa pierre à l’édification d’une société plus intégrante vis-à-vis des femmes, en l’occurrence dans les cercles économique et politique. Car Saloua Karkri-Belkeziz est, depuis plus de vingt ans, une figure de la sphère politico-économique marocaine.

Faut-il rappeler qu’elle a largement participé à la création, en 2000, de l’Association des femmes chefs d’entreprise (AFEM), dont elle a été la présidente pendant six ans, et qu’elle a présidé pendant quatre ans la Fédération des technologies de l’information et de l’offshoring (APEBI). Côté politique, elle a été députée USFP à la chambre des Représentants, notamment membre de la commission des finances de 2007 à 2011. Enfin, sur la scène entrepreneuriale, elle a été présidente-directrice générale de la société GFI Informatique Maroc, entre 2000 et 2018 et, depuis 2019, est la présidente, pour l’Afrique, de l’entreprise française Inetum (anciennement GFI).

« C’est en partie grâce à la visibilité que l’Afem m’a donnée que des partis politiques sont venus me chercher. L’une des raisons de mon combat en politique, c’était de parvenir à au moins un tiers de femmes dans les postes à responsabilité, que ce soit dans le domaine politique ou économique. Au parlement, les commissions dont je faisais partie étaient composées à 99% d’hommes. Les femmes étaient plutôt dans les commissions à caractère social, droits de l’homme, affaires étrangères… Je raconte d’ailleurs des détails assez amusants sur le fait d’être une femme en politique », raconte-t-elle.

Et d’ajouter : « En tant que femme, vous avez moins de crédibilité quand vous êtes sur une liste nationale plutôt que sur une liste locale. Et lorsque vous êtes chef d’entreprise tout en appartenant à un parti socialiste, les gens ne parviennent pas à vous mettre dans une case. On oppose l’entreprenariat au social alors qu’au contraire, on peut faire de l’entreprenariat une responsabilité sociale. Pour faire bénéficier tout le monde, il faut déjà créer de la richesse. »

« Je m’adresse aux jeunes, et surtout aux femmes »

Cette autobiographie, Saloua Karkri-Belkeziz a profité du confinement pour l’écrire. « C’est un projet que j’avais en tête depuis quelque temps déjà. La période du confinement a été propice pour le mettre en marche. J’ai eu le temps de reprendre ce que j’ai fait durant ces trente dernières années, d’autant que j’ai eu la chance de vivre des moments historiques au Maroc, notamment l’intronisation de Sa Majesté en 2000, qui a apporté un souffle de modernité, puis la réforme du Code de la famille en 2004 et la Constitution de 2011 qui a consacré la parité hommes-femmes. Les années 2000 ont aussi été très denses, sur le front du développement technologique et de l’économie numérique », nous dit-elle.

Les premières pages sont consacrées au commencement : née en 1962 à Ouezzane, orpheline de père, élevée dans une fratrie de quatre enfants (dont elle est la benjamine) par une mère analphabète qui lui a transmis le sens de la discipline et de la rigueur. Saloua Karkri-Belkeziz se souvient encore des leçons qu’elle et sa sœur récitaient à leur mère et des interruptions de celle-ci lorsque le devoir n’était pas récité sur le bout des lèvres. « J’ai vécu heureuse dans une famille d’une vingtaine de personnes jusqu’à l’âge de 17 ans », se souvient-elle.

En 1979, elle part pour la France grâce à une bourse. A Paris, elle intègre l’université Jussieu Pierre et Marie Curie, où elle obtient un DUT en informatique. « L’informatique n’était pas encore enseignée au Maroc. Je suis donc partie en France pour y poursuivre mes études. C’est grâce aux cours du soir que j’ai eu mon diplôme. Dans mon livre, je raconte mes succès, mais aussi mes échecs, et la manière dont je suis parvenue à les surmonter. »

« Je veux aussi le dire aux femmes : on peut être mère, créer une entreprise et la gérer convenablement. C’est l’un des objectifs de ce livre : je m’adresse aux jeunes, et surtout aux jeunes femmes pour leur dire qu’elles ne sont pas obligées de faire un choix entre leur vie professionnelle et personnelle. Je démontre que l’on peut associer les deux. »

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Le 17 juin 2021 à 17h00

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