Le déploiement de la 5G au Maroc attendra 2024 ou 2025 (Khalid Ziani)

Où en est le Maroc dans la préparation du déploiement 5G ? Pourquoi et quand faut-il s'y mettre ? Comment répondre aux plus réticents ? Voici les réponses de Khalid Ziani, expert IT et télécom. 

Le déploiement de la 5G au Maroc attendra 2024 ou 2025 (Khalid Ziani)

Le 22 février 2021 à 18h50

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Où en est le Maroc dans la préparation du déploiement 5G ? Pourquoi et quand faut-il s'y mettre ? Comment répondre aux plus réticents ? Voici les réponses de Khalid Ziani, expert IT et télécom. 

En cours de déploiement en France et lancée auparavant aux Etats-Unis, en Chine, en Corée du Sud, en Espagne ou encore en Allemagne, la 5G ravit certains et déplaît à d’autres. 

Au Maroc, les opérateurs télécoms sont prêts depuis deux ans et n’attendent que les licences d’exploitation des fréquences leur soient octroyées par le régulateur du secteur, à savoir l’ANRT. 

L’attribution de ces licences n’aura lieu qu’en fin 2022, voire en 2023, et le déploiement effectif de la 5G n’est à prévoir que pour 2024 ou 2025, selon Khalid Ziani, expert IT et télécom, joint par Médias24. 

Contactée par nos soins, l’ANRT explique être toujours en train de traiter la question et qu’elle n’est pas encore dans une logique de communication.

Les Marocains devront donc attendre quelques années avant d’utiliser cette technologie dont les deux principaux avantages, selon notre interlocuteur, sont “le haut débit 10 à 50 fois plus rapide que la 4G” et “le temps de latence quasi inexistant qui permet de transmettre les informations en temps réel, notamment pour utiliser des objets connectés tels que des bus ou des avions”. 

Pour mesurer la faiblesse du temps de latence qu’offre cette technologie, M. Ziani donne l’exemple d’un orchestre virtuel : “Lorsque chacun joue d’un instrument en étant connecté avec la 5G, il est possible d’entendre une musique harmonieuse, comme s’ils étaient dans la même salle. Il n’y a pas de décalage”. 

Cette technologie ne se limite pas à offrir une amélioration du débit pour une utilisation qui bénéficie aux particuliers. Elle est surtout utile pour les entreprises et pour le développement économique, puisque “tout le monde bascule vers le numérique : l’éducation, la santé, etc. Donc technologiquement parlant, le Maroc doit s’y mettre afin de ne pas se couper du reste du monde et ne pas être déphasé ou isolé”.

« Au Maroc, nous sommes en phase d’étude et d’identification »

Selon l’ARCEP (L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse), la Corée du Sud “est le pays le plus avancé dans les déploiements de réseau et la commercialisation de cette technologie”. Sachant que l’Observatoire européen de la 5G comptait, en septembre 2020, 14 pays de l’UE qui ont d’ores et déjà déployé des offres commerciales de la nouvelle génération de réseau mobile”. 

Au Maroc, il y a des priorités à cibler avant d’arriver au déploiement effectif de la technologie 5G. “C’est ce qui est en train d’être fait actuellement”, explique M. Ziani. 

Selon ce dernier, “la façon et le temps de déploiement doivent être très bien étudiés, de manière à prioriser le déploiement du haut débit sur l’ensemble du territoire et supprimer les zones blanches”. 

Ces dernières sont des “portions de territoires où la data ne fonctionne pas. On ne peut pas se permettre d’avoir des zones de territoire qui ne sont pas accessibles”, souligne-t-il. 

“Au Maroc, nous sommes en phase d’étude et d’identification de ce qu’il faut faire pour mettre en œuvre la 5G. Il s’agit donc d’identifier et de libérer les fréquences, car la 5G utilise deux fréquences majeures : la 3,5 Ghz et la 700 Mhz. Cette dernière est aussi compatible avec la 4G, tandis que pour l’utilisation de la première il faut libérer certaines fréquences. Autrement dit, il faut préparer le terrain avant d’attribuer les licences et cela ne sera fait qu’en fin 2022, voire en 2023”. 

Par la suite, chaque opérateur pourra commencer son déploiement et préparer des offres commerciales. Le déploiement effectif et l’utilisation de la 5G au Maroc est à prévoir pour 2024 ou 2025, estime notre interlocuteur. Même si, dans le cadre de leurs investissements dans les infrastructures “beaucoup d’opérateurs prévoient déjà des antennes compatibles 5G”.

M. Ziani souligne, par ailleurs, qu’il est nécessaire de se focaliser sur un autre élément prioritaire : celui d’assurer l’accessibilité, car “la tarification des télécoms est très inégale. La majorité est en prépayé et la facturation de la data dans le prépayé est la plus chère. C’est donc la tranche la plus pauvre de la population qui paie le plus cher”, ajoute-t-il. 

L’utilité de la 5G : entre craintes et débats 

Énormément de craintes et de polémiques autour de la technologie 5G ont vu le jour. Certaines d’ordre environnemental, d’autres sanitaires, sans oublier quelques théories complotistes qui viennent également pimenter les débats. 

En effet, une des plus récentes porte sur l’introduction de puces 5G dans les corps humains à travers la vaccination anti-Covid, afin de tracer et surveiller la population. Une théorie complètement fausse et réfutée par les scientifiques

De même, des craintes relatives aux effets néfastes des antennes 5G sur la santé ont été avancées. Sans oublier le “volet investissement” que certains n’approuvent pas, estimant que d’autres projets “plus importants” sont à prioriser. Tant de protestations que M. Ziani désapprouve puisqu’elles ne sont pas basées sur des éléments scientifiques. 

“Toutes les études qui ont été faites jusqu’à présent ont démontré qu’il n’y avait pas de phénomène de cause à effet qui explique que les antennes 5G provoquent des maladies, notamment des cancers. Ce n’est pas scientifiquement établi”, explique-t-il. 

“Nous sommes soumis à des appareils qui émettent plus d’ondes électromagnétiques que les téléphones ou antennes 5G. Ces derniers émettent des ondes 10 fois inférieures au seuil d’alerte fixé par l’OMS”, poursuit la même source. 

Quant au besoin de cette technologie qui est remis en cause, M. Ziani estime qu’”on ne peut pas aller contre le progrès dans la mesure où celui-ci rend service à l’être humain”. 

“Ceux qui disent que nous n’en avons pas besoin et qu’il vaut mieux investir ailleurs, doivent savoir que nous risquons de nous priver de la capacité d’étendre la télé-médecine, le e-learning etc. Nous risquons également d’être désynchronisés par rapport au reste du monde, puisque nous aurons des problèmes de compatibilité au niveau des communications et des échanges. Nous risquons donc de prendre du retard et de s’isoler alors que notre seule chance de nous développer est de s’ouvrir”.

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