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Santé: de vrais changements pour les Marocains dans 2 ans?

Les conventions signées entre le ministère de la Santé, la Fédération de la santé et l'Anam laissent penser que de vrais changements pourront s'opérer dans les deux ans à venir en matière d'offre de soins. Voici pourquoi. 

Santé: de vrais changements pour les Marocains dans 2 ans?
H.G.
Le 14 octobre 2020 à 19h50 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Samedi 10 octobre, la Fédération nationale de la santé (FNS) a signé deux conventions, l'une avec le ministère de la Santé et le Groupement interprofessionnel de développement et de sécurité (Gipsi) et l'autre avec l'Anam.

Cette dernière, signée entre l'Agence nationale de l'assurance maladie (Anam) et la FNS, sous l'égide du ministère de la Santé, attire particulièrement l'attention. Elle vise:

- La couverture de santé universelle à l'horizon 2022;

- La contribution à la mise en œuvre des programmes de prévention et l'organisation de l'offre de soins, conformément à la politique générale de l’Etat et aux projets stratégiques de l'Anam et ce, à la faveur d'une régulation optimale des régimes de l'Assurance maladie obligatoire de base;

- Le renforcement du dialogue interprofessionnel et du partenariat public-privé pour atteindre la couverture de santé universelle;

- La promotion des programmes d'information, d'éducation et de sensibilisation à la santé au profit des prestataires de soins et des assurés et bénéficiaires de l'assurance maladie obligatoire de base. 

Un cadre de concertation autour de l'avenir de la santé marocaine 

Commentant pour Médias24 les deux conventions signées, Dr Said Afif, président de la FNS déclare que "c'est la première fois qu'une convention cadre est signée avec le ministère de la Santé pour instaurer un esprit de concertation, de collaboration et de discussion avant la mise en place des politiques de santé". 

Dans son propos, Dr Afif laisse entendre que c'est une nouvelle page qui s'ouvre dans la relation du gouvernement avec les acteurs de la santé, mettant ainsi fin à l'ancien esprit où "le ministère imposait et le privé revendiquait". 

"Désormais, nous allons construire ensemble en prenant en compte l'avis des gens qui sont sur le terrain. C'est la première fois qu'il y a un climat de confiance, de concertation. Et nous ne sommes plus dans l'optique revendicative", avance notre interlocuteur. 

Tout l'écosystème de la santé, public et privé, se mettra autour de la table pour décider du chemin à prendre pour améliorer l'offre de soins adressée aux Marocains. 

Ces conventions posant le cadre légal de concertation et d'échange, le vrai travail démarrera dans les semaines à venir. "Nous avons une réunion prévue dans une semaine avec le Gipsi et l'Anam pour définir un plan de travail. En ce qui concerne la convention cadre qui a été signée avec le ministère de la Santé, nous allons mettre en place des commissions thématiques qui plancheront sur les sujets importants", nous précise le président de la FNS.

Objectif: une AMO universelle d'ici 2022

Et les sujets importants dans le domaine de la santé ne manquent pas. Mais à en croire le président de la FNS, la convention signée avec l'Anam pose les jalons d'un changement profond supposé se faire d'ici 2022 avec l'implication de tous les acteurs de l'écosystème de la santé. 

"On doit voir comment nous pourrons ensemble accélérer la mise en place de l'Assurance universelle. Pour ce faire il y a plusieurs sujets qui seront traités dans ce cadre", explique Dr Afif.

"Les conventions fixant les TNR, la prévention, le parcours de soins, les médicaments génériques, les PPP, la carte sanitaire,..." énumère-t-il pour ne citer que ces thématiques.

Dans un secteur comme celui de la santé, tous ces sujets sont liés et ont au final un impact sur le régime de la couverture sociale. Une amélioration de l'ensemble de ces dossiers, leur optimisation ont un impact indéniable sur les caisses des assurances maladies. 

Par exemple, la prévention peut permettre de réduire la pression sur les caisses. "Nous avons 3,2% des adhérents qui consomment 51% du budget de l'AMO (l'hypertension artérielle, le diabète,...). Cela veut dire qu'il faut beaucoup privilégier la prévention et avoir un suivi rigoureux pour retarder le plus possible les complications. La prévention peut aussi se faire en accompagnant les gens pour avoir une vie saine pour ne pas développer des maladies (dues au tabac, obésité,...)", explique Dr Afif. 

Dans le même ordre d'idée, la mise en place d'un parcours de soins coordonné, avec pour objectif d'instaurer le concept de médecin traitant ou de famille pour ne pas multiplier les médecins et donc perdre ce suivi médical qui est un maillon important. 

Dr Afif évoque des pistes qui peuvent être révolutionnaires pour le Maroc, même si celles-ci sont monnaie courante sous d'autres cieux. C'est le cas par exemple de la digitalisation des dossiers médicaux et l'encouragement du médecin de famille. 

"Cela évitera que les patients passent d'un médecin à un autre en refaisant, chemin faisant, les mêmes analyses peut-être ou les mêmes consultations. Même si le patient change de médecin traitant, le nouveau pourra accéder à l'ensemble du dossier médical du patient et poursuivre le suivi", explique notre interlocuteur. 

Comment instaurer la culture du médecin de famille et du médecin traitant? "On peut bien imaginer dire, si vous voulez être remboursé vous êtes obligé de passer par votre médecin traitant et c'est votre médecin traitant qui vous oriente par exemple. En tous les cas, nous sommes en train de voir comment nous allons faire. C'est cela le plus important. C'est la concertation qui permet de réussir les chantiers", répond Dr Afif. 

L'organisation du parcours de soins permettra d'éviter les retards de RDV et de consultation, de garantir un suivi rigoureux via le médecin traitant tout en ayant recours au spécialiste quand il le faut.

"C'est fait pour que le patient soit bien pris en charge pour, d'un côté, retarder le plus longtemps possible les complications et de l’autre, détecter et traiter les maladies au plus vite", insiste le président de la FNS. 

D'autres paramètres sont importants dans la généralisation de l'AMO, notamment l'équilibre financier des régimes. "La pénétration du générique est entre 30 et 35% au Maroc. Elle est de 80% en Allemagne par exemple. Le poste médicament représente 31% des dépenses de l'AMO. En encourageant l'utilisation des médicaments génériques, nous allons baisser le poste médicament dans l'AMO et on peut utiliser ce budget ainsi dégagé pour améliorer le remboursement par exemple", propose Dr Afif. 

Les PPP pour avoir une carte sanitaire globale

Les acteurs de la santé ont du pain sur la planche et plusieurs sujets à mettre à plat pour repenser une offre de soins globale qui permet à la fois d'offrir aux citoyens un service de santé de qualité et une couverture digne. 

D'ailleurs, selon le Dr Afif les partenariats public-privé dans le domaine de la santé seront appelés à se renforcer. "Notre objectif est de promouvoir et mettre à exécution les PPP. La seule expérience concluante de PPP dans la santé c'est l'achat de services pour les dialysés. Avant, les personnes ayant besoin de dialyse mourraient faute de place. Avec le PPP, ce problème a été résolu. Nous voulons une mutualisation générale entre le privé et le public dans le but de bien soigner le patient", avance notre interlocuteur. 

Le principe, comme expliqué par le président de la FNS, est le suivant: "s'il y a un scanner dans une clinique privée et qu'il n'y en a pas dans l'hôpital public dans une zone donnée, l'hôpital peut l'utiliser dans le cadre d'une convention. Même chose du côté du privé. Idem pour le personnel. S'il y a un neurochirurgien dans le privé et que cette spécialité manque dans le public, celui-ci peut venir opérer des malades du public".

"Nous avons demandé au ministère de la Santé d'établir une carte sanitaire globale incluant le privé et le public et non juste le public comme c'est le cas aujourd'hui. Ainsi nous pourrons aller vers la vraie régionalisation avancée, parce que ce qui marche dans le système de santé dans la région de Ouarzazate ne marche pas forcément à Casablanca. Chaque région aura un plan d'action. On aura la convention cadre qui sera déclinée en des conventions régionales", nous confie-t-il. 

Que tous les acteurs privés et publics du secteur de la santé se mettent autour de la table avec un objectif commun, laisse entrevoir un brin d'espoir que cette fois-ci de vrais changements pourraient s'opérer. 

Cela dit, attendons de voir ce que donneront les futures réunions pour dire que l'espoir est vraiment permis. 

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H.G.
Le 14 octobre 2020 à 19h50

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