Les impayés bancaires en forte dégradation à fin août
Le stock des impayés atteint 77,4 milliards à fin août, en hausse de 7,4 milliards ou de 10,6% depuis le début de l'année. Il représente 8,26% de l’ensemble des crédits bancaires. La situation est appelée à s’aggraver sur les prochains mois.
Les créances en souffrance des banques montent en flèche. C’était prévisible, le rythme a commencé à s’accélérer il y a quelques mois déjà et cela se confirme dans les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib relatives au mois d’août.
La crise économique induite par la pandémie a, en fait, accéléré une tendance structurelle déjà entamée depuis quelques années.
A fin août, l’encours des impayés bancaires atteint 77,4 milliards de DH. Il est en hausse de 7,4 milliards (+10,6%) depuis le début de l’année et de 8,8 milliards (+12,8%) par rapport à la même période en 2019.
Sachant que l’encours global des crédits bancaires n’a progressé que de 2,1% depuis le début de l’année et de 4,9% sur une année glissante, le taux des impayés atteint désormais 8,26% contre 7,7% une année auparavant.
Les impayés détenus aussi bien sur les ménages que sur les entreprises privées se sont envolés. Les premiers ont augmenté de 3,7 milliards depuis le début de l’année (+12,6%) et de 4,3 milliards sur une année glissante (+15,3%), pour totaliser 32,8 milliards de DH. Les seconds ont progressé de 3,6 milliards depuis janvier (+9%) et de 4,2 milliards depuis août de l’année dernière (+10,6%), pour s’établir à 43,7 milliards de DH.
Cette dégradation de la qualité des actifs des banques est appelée à se dégrader sur les prochains mois. Car il faut savoir que les échéances reportées depuis avril dernier, dans le cadre de l’opération spéciale mise en place par le Comité de veille économique, ne sont pas comptabilisées dans les impayés. Cette opération de report a pris fin le 30 juin. Les ménages et les entreprises dont la situation financière ne s’est pas améliorée vont inévitablement générer davantage d’impayés.
A ceux-là s’ajouteront les emprunteurs dont la situation va commencer à se dégrader. En effet, la reprise économique attendue après le déconfinement ne se déroule pas comme espéré, la récession devrait être plus violente que les prévisions, des entreprises auront du mal à redémarrer ou à poursuivre leurs activités et beaucoup d’entre elles seront contraintes à réduire leurs effectifs.
Autant dire que la situation risque d’être dramatique pour de nombreux ménages et entreprises, si des compromis avec les établissements de crédit ne sont pas trouvés.
Des experts dans le secteur bancaire s’attendent à un taux d’impayés d’au moins 14% à la fin de cette année. Ce qui ne manquera pas d’entamer sérieusement la rentabilité des banques, dont les comptes à fin juin font déjà ressortir un lourd impact de la hausse du coût du risque. Heureusement que le secteur dispose de fondamentaux solides et continue de renforcer ses fonds propres pour faire face à la situation.
De son côté, Bank Al-Maghrib dit suivre de très près la situation, compte se réunir le mois prochain avec les banques pour évaluer la situation, et des mesures de riposte ne sont pas à écarter.
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