En chiffres, l'état alarmant des malades à leur arrivée en réanimation au CHU de Casa
Pr Barrou, chef du service de réanimation au CHU Ibn Rochd, a expliqué, durant un webinaire le mardi 11 août, l'évolution de la situation des admis en réanimation. L'augmentation des cas critiques est alarmante.
A l'occasion d'un passionnant webinaire, organisé par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), ce mardi 11 août, le Pr Houcine Barrou, chef du service de réanimation au CHU Ibn Rochd à Casablanca, a exposé "la situation en milieu de réanimation Covid".
En comparant les données de la première phase avec celles de la seconde, Pr Barrou montre, graphiques à l'appui, une augmentation alarmante des admissions en réanimation.
Voici une retranscription des explications du Pr Barrou durant ce webinaire.
Première phase: Une situation peu alarmante au mois de mai
"L'admission en réanimation est un indicateur important du suivi de l'évolution de l'épidémie et de la gravité de celle-ci. Elle implique la prise en charge de malades graves, dont le pronostic vital est en jeu. Cela va demander la présence d'un personnel spécialisé, des moyens de surveillance et un environnement spécifique".
"L'admission en réanimation obéit à des critères très stricts. Sur un échantillon de 100 malades de la première phase, dont 64% sont des hommes, avec une moyenne d'âge est de 61,8 ans, 55% ont été admis dans un état critique".
"36% de ces derniers (soit 22 personnes) ont été intubés d'emblée, tandis que pour 18% d'entre eux, il y a eu recours à la ventilation non invasive, qui a suffi pour pallier aux besoins en oxygène pour ces malades", explique Pr Barrou. 
"Durant la dernière semaine du mois de mai, 16 malades ont été admis avec une moyenne d'âge de 46 ans (entre 16 et 73 ans). 68% d'entre eux sont des hommes. Nous avons constaté qu'il y avait une situation moins grave des malades. Aucun malade n'a nécessité l'intubation, alors que pendant la troisième semaine 3 malades avaient été intubés".

Deuxième phase: 1 malade sur 2 intubé d'emblée
"Durant le mois de juillet, sur un lot de 68 malades ayant un âge moyen de 53 ans (24 à 88), avec une légère prédominance masculine (58%), 14 d'entre eux n'avait aucune comorbidité. Il faut souligner que ça n'arrive pas qu'aux malades qui ont une comorbidité", insiste-t-il.
"Quant à l'état de ces malades à l'admission, pratiquement un malade sur 2 a été intubé à l'admission. Ce qui est énorme, comparé aux 36% intubés d'emblée durant la première phase".
"Sur 81 malades admis durant la période allant du 29 juin au 9 août, avec une légère prédominance masculine encore une fois, et une moyenne d'âge pratiquement similaire aux autres (63% sont âgés entre 61 et 80 ans), l'on constate que 23% de ces malades (soit 19 d'entre eux) sont décédés à l'accueil des urgences. Cela veut dire que ces malades arrivent déjà agonisants, ce est extrêmement grave".
"En termes d'admission, la première phase a été marquée par une semaine où 16 cas ont été admis. Durant la deuxième phase, ce nombre a augmenté à 43 malades en une semaine".
"Ceux admis dans un état critique représentaient 55% des malades durant la première phase et 72% durant la seconde".

"De même pour les décès par semaine. Le pic le plus important durant la première phase était de 11 décès en une semaine, alors qu'aujourd'hui nous sommes à 24 décès".
"L'admission en réanimation des malades Covid-19 est en augmentation. Il est nécessaire de respecter les mesures de protection qui consistent en la distanciation physique, l'hygiène des mains et le port du masque", conclut-il.
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