Immobilier: vers un retour à la normale en septembre? (Avis de professionnels)
A la recherche de biens spacieux et confortables, les acquéreurs impactés par le confinement et la crise financière attendent les encouragements de l'Etat et des banques. Les professionnels espèrent une réelle reprise en septembre.
Alors que le volume des transactions immobilières avaient lourdement chuté durant la période de confinement (- 91%), le nombre d’actes enregistrés chez les notaires pendant le mois de juin a augmenté de 25% par rapport au mois précédent mais il ne s'agit pour le moment que d'un frémissement.
"Ce chiffre concerne surtout les ventes initiées avant la pandémie", précise Maître Hafid Oubrayem, Président du conseil régional des notaires de Casablanca.
Une hausse qui présage un retour à la normale pour bientôt, peut-être même en septembre. C’est en tous cas un sentiment que partagent différents professionnels de l’immobilier, contactés par Médias24 ce vendredi 3 juillet.
Ces derniers expliquent ce qui manque au secteur de l'immobilier pour être relancé et dévoilent les attentes des acquéreurs, encore réticents à l'égard des investissements immobiliers.
Des coups de pouce sont nécessaires à la relance
Pourquoi septembre ? Pour deux raisons. La première est que le déconfinement est très récent. Les potentiels acheteurs sont en pleine prospection et hésitation.
"En temps normal, un deal met entre 2 et 4 mois à se construire", précise William Simoncelli, DG chez Carré Immobilier.
Une estimation confirmée par les co-fondateurs de l’agence "Le bon agent immobilier", Sara El Mahi et Reda Rzig.
La seconde raison qui laisse penser que le mois de septembre serait celui du retour à la normale, concerne les coups de pouce de l’Etat et des établissements financiers très attendus par les acquéreurs et promoteurs.
Selon M. Rzig, "certaines banques prévoient une baisse du taux de crédit immobilier à partir de la semaine prochaine. Cela encouragerait beaucoup plus les éventuels acquéreurs, actuellement bloqués par un large manque de visibilité".
Quant à la loi de Finances rectificative, Maître Mohammed Lazrak, secrétaire général du Conseil national de l’ordre des notaires, assure que les propositions et échanges pour relancer le secteur sont en cours.
"La ministre de l’Habitat a été très à l’écoute et réactive durant la période de confinement et a donné un retour positif à l’égard des propositions de diminution des droits d’enregistrement et droits de la conservation foncière. J’estime qu’un plan de relance doit absolument prévoir ce type d’encouragements", déclare le notaire.
Ce dernier précise également qu’une réunion est prévue "pour la semaine prochaine entre le CNONM et la DGI, afin de présenter des propositions relatives à la relance du secteur".
Tendances du marché immobilier : biens spacieux et baisse des prix
Selon Reda Rzig, "les promoteurs et les particuliers tendent à baisser leurs prix de 10 à 15%, que ce soit en termes de vente ou de location, la tendance est la même. Cela dit, cette baisse intervient généralement suite à des négociations".
En effet, les négociations vont bon train depuis le début du déconfinement. Bien que ce soit la norme, les arguments de part et d’autre ont changé notamment à cause de la pandémie et de la crise financière qui s’en est suivie.
Celles-ci ont non seulement réellement impacté le secteur et le pouvoir d’achat, mais sont parfois utilisées comme de simples cartes à jouer, pour convaincre l'autre partie de faire un effort au niveau du prix.
Selon William Simoncelli, "on sent que le confinement a eu un effet de frustration chez les citoyens. Ils ont désormais envie d’habiter dans des espaces plus généreux, confortables et vivables".
"Concernant les appartements, les demandes portent sur des terrasses, balcons et fenêtres sans vis-à-vis. Les villas sont quant à elles, systématiquement demandées avec piscines. Cela dit, aucun changement relatif à la localisation n’a été enregistré", ajoute la même source.
L’on pourrait croire que la tendance générale à Casablanca serait de s’installer en périphérie pour profiter des espaces verts et la proximité de la mer, mais ce n'est pas ce qu'explique William Simoncelli qui constate depuis quelques années un intérêt croissant pour le coeur de la ville, même après le déconfinement.
"Depuis deux ans, les personnes qui ont quitté le centre de Casablanca pour s'installer en périphérie, notamment parce que les biens y sont moins chers, ont dû faire face à des frais imprévus, liés à la logistique et à l'éloignement", explique-t-il.
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