La CDT dénonce le prélèvement obligatoire sur les salaires des fonctionnaires
La CDT rejette la décision "unilatérale" de prélèvement sur les salaires des fonctionnaires et refuse l'aspect obligatoire de la contribution au fonds de gestion du Covid-19.
Critiqués pour avoir proposé, au nom des fonctionnaires, un prélèvement sur les salaires au profit du fonds de gestion du coronavirus, les syndicats se défendent tant bien que mal.
Dans un courrier adressé mardi 14 avril au membres du gouvernement, Saâdeddine El Otmani a annoncé avoir pris la décision de prélever 3 jours sur le salaire net des fonctionnaires de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics.
Le courrier précise que "la décision a été prise conformément à l'article 40 de la Constitution, de l'article 5 du décret-loi n° 2.20.292 sur l'état d'urgence sanitaire, et suite à la volonté des syndicats les plus représentatifs de participer à l'effort de solidarité actuel".
Dans un communiqué publié ce mercredi 15 avril, la Confédération démocratique du travail (CDT) fait part de son "étonnement" et son "refus" de cette décision.
La centrale syndicale tient à souligner que cette question n'a pas figuré à l'ordre du jour de la dernière réunion tenue le 30 mars dernier avec le chef du gouvernement et que la décision a été prise d'une façon "unilatérale".
"Une telle décision fait perdre à l’initiative de contribution au fonds son aspect noble et volontaire", regrette la CDT, qui refuse la "formule obligatoire" de cette mesure.
Les syndicats ont toujours voulu être impliquées dans la mobilisation nationale contre le coronavirus. Un communiqué publié le 18 mars par cinq centrales syndicales appelait à l’adhésion de la classe ouvrière marocaine aux efforts de solidarité, laissant entendre une retenue de l’équivalent de trois jours du salaire des travailleurs pour les verser sur le compte du Fonds Covid-19.
"Il s'agit d'une simple proposition aux salariés dans le cadre de l'élan de solidarité nationale, qui doit émaner d'un esprit volontariste, selon la capacité de chacun", nous avait expliqué Khalid Alaoui Houir, secrétaire général adjoint de la CDT.
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