Coupe du monde 2026. Mohamed Ouahbi dans la nasse des blessures
La fâcheuse blessure d’Abdessamad Ezzalzouli à quelques jours de l’entrée en lice du Maroc au Mondial 2026 relance fatalement le débat sur les choix du sélectionneur national, notamment la convocation de plusieurs joueurs pour le moment inaptes à disputer une rencontre de très haut niveau, dont Nayef Aguerd, mais aussi le remplaçant naturel de l’attaquant du Betis, Chems Eddine Talbi.
On pensait rangée dans les tiroirs des oubliettes cette tendance qu’avait un sélectionneur à faire confiance à des joueurs trahis par leur corps. Mais il semble que Mohamed Ouahbi continue d’écrire une page que l’on croyait tournée avec l’ère Walid Regragui.
À l’évidence, l’avenir peut parfois être un long passé. La blessure au genou droit et le probable forfait d’Abdessamad Ezzalzouli pour la Coupe du monde 2026 ont amplifié cet amer constat.
Sorti juste avant la mi-temps du nul contre la Norvège (1-1), en dépit de sa tentative de revenir sur le terrain, le natif de Béni Mellal n’était clairement plus en mesure de poursuivre une rencontre dont il avait été le principal protagoniste.
Même si le sélectionneur Mohamed Ouahbi a tenté de dédramatiser la situation en expliquant qu’il fallait attendre 48 h avant de se prononcer sur l’état de son ailier, la grimace de l’attaquant de 24 ans ne présageait rien de bon sur le moment.
En attendant qu’un membre de l’équipe nationale veuille bien éclairer l’opinion publique au sujet de la nature du mal dont souffre Ezzalzouli et la durée de son indisponibilité, Transfermarkt évoque un étirement du ligament interne du genou et un retour supposé le 28 juin 2026, soit dans trois semaines.
Un ailier de débordement de sa trempe ne court pas les rues
En vérité, ce serait un véritable coup dur pour les Lions de l’Atlas tant Ezzalzouli dessine une menace constante dans le demi-terrain offensif, aussi bien en attaque placée qu’en phase de transition.
Un ailier de débordement de sa trempe ne court pas les rues. En ce sens, il serait partiellement compréhensible que Mohamed Ouahbi décide de le conserver dans la liste des 26 en vue du second tour.
Au vu de sa saison solide avec Sunderland en Premier League, Chems Eddine Talbi possède le profil pour compenser l’absence de son coéquipier.

Sauf que voilà, on n’a plus vu ce dernier sur une pelouse depuis le 17 mai en raison d’une blessure musculaire. Est-il vraiment en état de disputer un match à haute intensité ?
Certainement pas, sinon le staff l’aurait lancé sur le terrain lors des dernières rencontres. Au lieu de quoi, il a pris place en tribune, aux côtés d’autres internationaux blessés ou convalescents, dont Nayef Aguerd, qui n’a plus disputé la moindre minute depuis trois mois.

Sans oublier Anas Salah-Eddine, qui n’a participé à aucun des matchs de préparation des Lions de l’Atlas. À l’évidence, le docteur de l’équipe nationale, Christophe Baudot, a du pain sur la planche. Néanmoins, il ne pourra rien faire pour soulager les maux de tête du sélectionneur.
Car s’il a encore jusqu’à la veille de la rencontre pour changer quelques noms sur la liste des 26 selon le règlement de la FIFA, Mohamed Ouahbi doit d’abord justifier les remplacements par des blessures graves et dûment caractérisées.
Alors que, par exemple, Nayef Aguerd n’est plus blessé. En réalité, il est en phase de réathlétisation et participe parfois aux séances collectives. Mais on ne se risquera pas à affirmer qu’il est compétitif. Ensuite, dans quel état seront les remplaçants ?
Une amère sensation de déjà-vu
Si les réservistes Marwane Saadane et Amine Sbai n’ont pas quitté le groupe après l’annonce de la liste finale et ne sont donc pas encore partis en vacances, ce n’est pas le cas des joueurs qui étaient dans la liste préliminaire et qui sont autorisés par la FIFA à réintégrer le groupe.
Une chose est sûre, le sélectionneur s’est mis dans une situation évitable. Ne pas savoir si certains joueurs pourront tenir leur place, au moins sur le banc, à quelques jours de l’entrée en lice contre le Brésil (samedi 13 juin) est quand même fâcheux.
Et cela nous donne une pénible sensation de déjà-vu. Le parallèle avec Walid Regragui peut paraître hasardeux. Mais il est bien plus marqué qu’il n’y paraît.
Rappelez-vous lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025, l’ancien sélectionneur national avait convoqué un Romain Saïss à court de forme.
Le défenseur s’était d’ailleurs blessé musculairement dès sa première accélération lors du match d’ouverture contre le Qatar. Soufiane Amrabat avait tenté de serrer les dents, mais sa blessure à la cheville l’a empêché de tenir sa place à partir du troisième match de groupe.
Et Hamza Igamane avait repris beaucoup trop tôt et dans des conditions défavorables, alors qu’il revenait à peine d’une période d’indisponibilité de plusieurs semaines. Ce qui avait sans doute précipité sa rupture des ligaments croisés.
Comme l’histoire bégaie, faut-il comprendre de ce nouveau micmac que le vivier marocain de joueurs de très haut niveau n’est pas si important que cela, au point de devoir prier pour le retour de certains blessés au lieu de miser sur des joueurs aptes et en forme ?
La réponse est sans doute dans la question. En l’état des choses, seul Amine Sbai semble pouvoir suppléer Abdessamad Ezzalzouli puisqu’il est encore réserviste. Cependant, encore faut-il sortir ce dernier ou Chems Eddine Talbi de la liste des 26.
À moins de placer sur le côté gauche de l’attaque de l’EN Ayoube Amaimouni ou Gessime Yassine. Deux gauchers qui ne sont pas très à l’aise sur ce flanc, ce qui affaiblirait considérablement le rendement de l’attaque de l’EN. Un casse-tête dont on se serait bien passé.
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