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CULTURE

Mehdi Alami (Kabila Diaries) : Il y aura d'autres saisons avec le même style

Largement saluée, la série Kabila Diaries fait sensation sur Twitter depuis août dernier. Dans cet entretien, son auteur, Mehdi Alami, revient sur la naissance de l’histoire et sur l’idée de son adaptation.

Mehdi Alami (Kabila Diaries) : Il y aura d'autres saisons avec le même style
Bilal Mousjid
Le 27 décembre 2019 à 13h28 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

"Le thread de Mehdi Alami est brillant, puissant et savoureux. Il y a de la culture et de l'humour. Du suspense aussi. Des clins d'oeil à notre quotidien et à notre actu’’, s’enthousiasmait Médias 24 après le lancement sur Twitter de la série en août dernier.

Mehdi Alami récidive dans une nouvelle saison. Sous la plume moqueuse de ce cadre financier, Kabila Diaries continue de dépeindre un monde bourgeois qui se vautre dans le luxe et la démesure. Un monde  habité par les faux-semblants, l’ennui et l’arrivisme, déconnecté de la réalité. Un univers qui n’est pas sans rappeler les films du réalisateur français Claude Chabrol, grand pourfendeur des tares de la bourgeoisie. D’ailleurs, Mehdi Alami nourrit le projet d’une adaptation de Kabila Diaries sous forme de série. En attendant, il continuera de publier les prochaines saisons sur Twitter.

Médias24 : Comment vous est venue l’idée de Kabila Diaries ?

Mehdi Alami : L’idée de la série est née l’été dernier. Alors que j’étais dans l’un des complexes du nord, non loin de Kabila, je suis allé faire des courses, quelques jours avant l’Aid El Kebir, à M’diq, où j’avais été surpris par la pauvreté qui régnait dans cette ville. La situation oppressante, désagréable.

Quelques instants plus tard, je me suis retrouvé sur une des plages du nord avec ma sœur et mes enfants. Puis, j’ai vu débarquer devant nous une femme qui a tous les apparats de Lady Chatterley, une femme riche avec sa nounou indonésienne, sa fille et son mari. Le contraste était très marquant entre ce que j’avais vu une demi-heure ou une heure plus tôt, le contraste entre cette bourgeoisie complètement déconnectée de la réalité et un Maroc très pauvre. Les tweets ont ainsi commencé à sortir d’une manière très spontanée.

-C’est peut-être la première fois qu’une série d’une telle qualité est publiée sur Twitter... Pourquoi n’avez-vous pas songé à publier cette histoire sous forme de nouvelle ou de roman ? D’autant que beaucoup de maisons d’édition n’hésiteraient pas à la publier...

-Honnêtement, cela a commencé avec un thread sur twitter parce que l’objectif au départ n’était pas d’écrire un roman ou une histoire. Je me suis mis à publier tweet après tweet et c’est ainsi que l’idée m’est venue de faire une fiction sur Twitter.

J’avais déjà vu sur Twitter, il y a un an et demi ou deux ans, une histoire en Espagne dans cet esprit-là, un très long thread d’un auteur de bande dessinée espagnol sur ses vacances qui avait fait un tabac. Je me suis dit pourquoi ne pas dupliquer l’idée…

Et puis, Twitter est mon média préféré, ayant quitté il y a trois ans Facebook, que je trouve atone. Twitter est un média ouvert qui permet beaucoup d’interactions. Partant d’une base de followers, l’histoire a eu beaucoup de résonance.

Je serais, d’ailleurs, ravi qu’une maison d’édition s’intéresse à mon travail. Cela dit, c’est un peu compliqué car je vis au Cameroun. On m’a approché pour ça, mais c’est très compliqué de la publier de Douala. Si des éditeurs lisent cette interview, je serais incroyablement fier que cette satire soit publiée.

-La façon dont vous épinglez la bourgeoisie (arrivisme, faux-semblants, ennui, adultère…) rappelle certains films de Claude Chabrol et de Luis Bunuel. Avez-vous le projet d’adapter l’histoire à la télé ou au cinéma ?

-C’est vrai que certaines scènes sont clairement inspirées de films de Chabrol, il n’y a aucun doute là-dessus. On m’a également approché pour une adaptation audiovisuelle de Kabila diaries.

Etant cadre financier expatrié avec des journées très chargées, je n’ai le temps d’écrire que pendant les vacances. Mais ce sont des projets qui pourraient voir le jour à condition d’y dédier le temps nécessaire, ce qui n’est pas évident.

Cela dit, je vois davantage Kabila diaries comme une série que comme un film parce que c’est une histoire qui se fonde beaucoup sur des personnages. Pour bien fouiller les personnages, les poser et leur donner de la consistance, je pense qu’une forme de série serait beaucoup plus adaptée.

Par contre, je ne sais pas si un média ou une télé marocaine seraient en mesure de la publier ou d’en faire une adaptation fidèle. J’ai consommé pas mal de contenus culturels et ce qui me dérange, c’est qu’autant certaines situations et certains milieux sociaux sont très bien dépeints, autant la bourgeoisie tombe toujours à plat. I

l n’y a, à mon avis, que Marock, qui commence d’ailleurs à dater, qui soit arrivé à saisir le temps juste pour parler de la bourgeoisie marocaine. Ce qu’on voit habituellement ne reflète absolument pas la bourgeoisie. Si on tombe, donc, sur un producteur et un réalisateur qui auraient les moyens, le temps et l’ambition de vraiment reproduire l’essence de Kabila diaries, cela pourrait donner quelque chose de génial.

-Y aura-t-elle d’autres saisons après les deux premières ?

-Oui, il y aura d’autres saisons, j’ai énormément d’idées. J’adore mes personnages, on va passer du temps avec eux et ils vont être creusés davantage. Le thème central de la saison qui suit, c’est l’immobilier. Mais il y a plusieurs autres thèmes sur lesquels on peut s’appesantir. On va passer un peu de temps aussi dans le monde du corporate au Maroc. C’est un angle intéressant.

Mais, comme je l’ai souligné, il y a un milliards d’autres sujet : on peut, par exemple, aller du côté des mœurs , le rapport avec les conservateurs marocains… 

Notre société est tellement intéressante qu’il y a énormément de sujets à aborder… Il y aura des saisons avec le même style, le même univers et un certain parti-pris idéologique que j’embrasse sans problème. A chaque période de vacances, si le public continue à s’y intéresser, je vais publier quelque chose pour Kabila diaries

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Bilal Mousjid
Le 27 décembre 2019 à 13h28

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