La réforme de l'Ordre des pharmaciens voit enfin le jour
Très attendu par la profession, le projet de loi n°18.98 portant réforme du conseil de l'Ordre national des pharmaciens a été approuvé jeudi 7 novembre en Conseil de gouvernement.
En gestation depuis des années, ce projet de loi vise à actualiser le cadre juridique régissant l'exercice de la profession des pharmaciens.
Le nouveau texte abroge ainsi le dahir portant loi n°1-75-453 du 17 décembre 1976 instituant deux conseils régionaux des pharmaciens d’officines (du nord à Rabat et du sud à Casablanca).
L’objectif principal de la nouvelle loi est de consacrer le principe de la régionalisation à travers la création de 12 conseils régionaux.
Selon ce nouveau texte, l’Ordre national sera ainsi composé :
- du conseil national de l’Ordre national des pharmaciens, dont le siège est fixé à Rabat,
- de conseils régionaux des pharmacies d’officines, regroupant les pharmaciens d’officines exerçant dans le ressort territorial de la région en tant que pharmaciens propriétaires d’officines, pharmaciens assistants dans une officine ou pharmaciens responsables d’une réserve de médicaments dans une clinique ou établissement assimilé.
Ces conseils sont créés par décret pris sur proposition du conseil national. Le siège de chaque conseil régional est fixé au chef-lieu de la région.
- Conseil des pharmaciens exerçant dans les établissements pharmaceutiques industriels,
- Conseil des pharmaciens exerçant dans les établissements pharmaceutiques grossistes répartiteurs,
- Conseil des pharmaciens biologistes,
- Conférence des conseils de l'Ordre.
Le conseil des pharmaciens biologistes est fixé à Rabat et ceux des pharmaciens exerçant dans les établissements industriels et grossistes répartiteurs sont fixés à Casablanca.
La nouvelle réorganisation repose notamment sur:
- l'encouragement de la recherche scientifique dans le domaine de la pharmacie,
- la formation continue,
- la promotion de la protection sociale des pharmaciens,
- le renforcement de la transparence, en prévoyant de nouvelles exigences visant à améliorer la gestion des ressources du conseil, notamment en ce qui concerne l'audit obligatoire et le contrôle annuel des comptes,
- l'élargissement des organes du conseil et la définition de ses compétences pour englober de nouveaux organes tels que la commission permanente de consultation et d'accompagnement et la conférence des conseils de l'Ordre.
Mode de scrutin
Le projet de loi consacre une partie aux dispositions relatives au mode électoral des conseils. Les présidents des conseils sont ainsi élus pour un mandat de 4 ans, renouvelable une seule fois.
En cas de vacance, le siège est attribué au candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix? directement après le membre à remplacer.
Le droit de vote est personnel et ne peut être délégué. La nouvelle loi interdit également le vote par correspondance.
En août dernier, Anass Doukkali, alors ministre de la Santé, avait adressé une lettre au président du conseil national de l’Ordre des pharmaciens, où il demande un "report des élections des conseils régionaux dans l'attente de la nouvelle loi".
Les élections doivent être organisées dans un délai de 6 mois à compter de l'entrée en vigueur de cette loi, soit après la publication au bulletin officiel des textes réglementaires y afférents.
Une réforme bien accueillie
Durant les dernières années, la profession a fait l'objet de plusieurs dysfonctionnements et conflits. Les deux conseils régionaux ont même été dissous en 2014, suite à des problèmes de gestion, qui avaient paralysé l'action de l'Ordre national des pharmaciens.
Dans un communiqué publié à l'issue de l'adoption du nouveau projet de loi en Conseil de gouvernement, la confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc se dit "disposée à accompagner l'application de cette réforme du secteur et présenter ses propositions afin d'aboutir à une loi qui répond aux besoins de la profession".
La confédération note avoir présenté des amendement lors de l'élaboration de ce texte, "devenu une nécessité pour la réforme de la profession".
À découvrir
à lire aussi
Article : Mondial 2026 : Aguerd et Ezzalzouli vraiment forfaits?
EXCLUSIF. Voici la réponse à la question que tout le monde se pose à la suite de l'actualisation de la liste des joueurs marocains enregistrés auprès de la FIFA pour la Coupe du monde.
Article : Incivilités : le CESE propose un plan national pour changer les comportements
Du trottoir aux stades, en passant par les services publics, l’institution présidée par Abdelkader Amara dresse un état des lieux sévère des usages de l’espace commun. Son avis, présenté le mercredi 10 juin, met en cause autant l’éducation, l’application des règles que la gestion de proximité.
Article : Marhaba 2026 : le Maroc modernise le poste-frontière de Bab Sebta
À quelques heures du coup d’envoi de l’opération d’accueil des MRE, la nouvelle zone d’entrée a été ouverte dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin 2026, après plusieurs mois de travaux. La voie de sortie reste, elle, provisoirement en service avant une nouvelle phase de réhabilitation prévue après l’été.
Article : Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.
Article : Industrie : à Jorf Lasfar, Falcon veut produire le graphite qui manque au Maroc
Sans graphite, pas de batterie électrique. C’est ce maillon discret, mais indispensable, que Falcon Energy Materials veut produire à Jorf Lasfar. Retardée par l’arrivée d’équipements depuis la Chine, son usine pilote s’apprête à démarrer. Mais avant la grande unité prévue à l’horizon 2028, l’entreprise doit franchir l’étape qui décidera de tout : convaincre les industriels de la batterie que le produit marocain peut entrer dans leurs chaînes d’approvisionnement. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce grand pari industriel pour le Maroc.
Article : Exclusif. OCP reprend sa pleine cadence de production, transformant la crise en opportunité
Depuis quelques semaines, le groupe OCP est scruté de près à cause d’un contexte tendu. Crise d’Ormuz, hausse du soufre, des milliards contractés en dette, annonce de réduction de la production… Le tout assoit l’idée que le groupe traverse une crise sans précédent. La réalité est plus nuancée et plus intéressante. Fin mai, le groupe a pris une décision qu’il nous a confirmée en exclusivité : remonter à 100% de ses capacités de production d’engrais d’ici fin juin. Une annonce à rebours de toutes les lectures faites jusque-là. Révélations.