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Le limogeage de Mohamed Boussaid prend de court la classe politique et les milieux économiques

Après le discours du Trône, la Majorité semblait confortée et même les partis d'opposition pensaient que c'était le cas. Après ce limogeage, tout le monde révise ses analyses. Dans les milieux économiques, on s'interroge sur l'élaboration du projet de loi de finances 2019. Les spéculations repartent de plus belle.

Le limogeage de Mohamed Boussaid prend de court la classe politique et les milieux économiques

Le 1 août 2018 à 20h03

Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Après le discours du Trône, la Majorité semblait confortée et même les partis d'opposition pensaient que c'était le cas. Après ce limogeage, tout le monde révise ses analyses. Dans les milieux économiques, on s'interroge sur l'élaboration du projet de loi de finances 2019. Les spéculations repartent de plus belle.

Le communiqué du cabinet royal est tombé trois jours après le discours du Trône. A un moment où l’on avait enterré toutes les spéculations au sujet de décisions “sismiques“ du Roi.

Le communiqué lui-même n’est pas très loquace. Comme tous les communiqués du cabinet royal, il comporte des mots-clés. Ici, il s’agit de “reddition des comptes“. Et surtout de ce morceau de phrase: “… quelle que soit leur appartenance“.

Le mot “appartenance“ ne peut désigner que le RNI. En d’autres termes, le RNI n’est pas intouchable et aucun parti (PJD) ne saurait l’être. Le RNI avait été épargné par les limogeages d’octobre 2017.

Contrairement à la “charrette“ d’octobre dernier, Boussaid est le seul sur la liste. La précédente était bien fournie, il y a avait trois ministres en exercice (Habitat, Santé, Education), deux hauts responsables (OFPPT, ONEE), et 5 anciens ministres désormais privés de toute responsabilité publique pour “avoir trahi la confiance placée en eux“.

>> Mise à jour : Limogeage de Boussaid: Abdelkader Amara assure l'intérim

De plus, dans le cas précédent, on savait qu’il s’agissait du programme “Al Hoceima, phare de la Méditerranée“ et des retards qu’il avait subis. Il y a eu enquêtes: de l’IGF (Inspection générale des finances), de l’Inspection du ministère de l’Intérieur et enfin de la Cour des comptes.

La raison était donc connue et rendue publique.

Cette fois-ci, rien n’a été précisé, ce qui a ouvert la porte à toutes les spéculations. S’agit-il des retards de paiement de l’Etat? ou de l’utilisation malheureuse et involontaire du mot “mdawikh“ (étourdis) concernant les boycotteurs? Ou d’une supposée résistance de la part des Finances au calendrier de réforme des CRI et de la charte de décentralisation? Ou d’une autre raison? Impossible de le savoir pour le moment et tout cela n’est que spéculation.

Enfin, on peut se demander qui supervisera l'élaboration du projet de loi de finances. Le limogeage lui-même dont les causes ne sont pas rendues publiques, affectera-t-il la conception du prochain budget?

La dernière interrogation autour de ce limogeage concerne ses éventuelles implications politiques.  

Si l’on dit que le RNI n'est pas intouchable, cela signifie-t-il son prochain passage à l’opposition? Donc un changement de majorité gouvernementale? En 2013, le RNI avait remplacé l’Istiqlal. Et si c’était l’inverse cette fois-ci?

La décision du Roi bouleverse toutes les analyses de la classe politique et relance toutes les spéculations. Après le discours, la majorité gouvernementale semblait confortée par le Roi. Boussaid a invité la CGEM à étudier la charte de l’investissement. Elotmani a inscrit à l’ordre du jour du conseil de gouvernement, la réforme des CRI. Le gouvernement semblait se remettre au travail sur la base d’une feuille de route claire.

Là, l’hypothèse de nouveaux changements de personnes ou de gouvernement n’est plus à écarter.

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