Le limogeage de Mohamed Boussaid prend de court la classe politique et les milieux économiques
Après le discours du Trône, la Majorité semblait confortée et même les partis d'opposition pensaient que c'était le cas. Après ce limogeage, tout le monde révise ses analyses. Dans les milieux économiques, on s'interroge sur l'élaboration du projet de loi de finances 2019. Les spéculations repartent de plus belle.
Le communiqué du cabinet royal est tombé trois jours après le discours du Trône. A un moment où l’on avait enterré toutes les spéculations au sujet de décisions “sismiques“ du Roi.
Le communiqué lui-même n’est pas très loquace. Comme tous les communiqués du cabinet royal, il comporte des mots-clés. Ici, il s’agit de “reddition des comptes“. Et surtout de ce morceau de phrase: “… quelle que soit leur appartenance“.
Le mot “appartenance“ ne peut désigner que le RNI. En d’autres termes, le RNI n’est pas intouchable et aucun parti (PJD) ne saurait l’être. Le RNI avait été épargné par les limogeages d’octobre 2017.
Contrairement à la “charrette“ d’octobre dernier, Boussaid est le seul sur la liste. La précédente était bien fournie, il y a avait trois ministres en exercice (Habitat, Santé, Education), deux hauts responsables (OFPPT, ONEE), et 5 anciens ministres désormais privés de toute responsabilité publique pour “avoir trahi la confiance placée en eux“.
>> Mise à jour : Limogeage de Boussaid: Abdelkader Amara assure l'intérim
De plus, dans le cas précédent, on savait qu’il s’agissait du programme “Al Hoceima, phare de la Méditerranée“ et des retards qu’il avait subis. Il y a eu enquêtes: de l’IGF (Inspection générale des finances), de l’Inspection du ministère de l’Intérieur et enfin de la Cour des comptes.
La raison était donc connue et rendue publique.
Cette fois-ci, rien n’a été précisé, ce qui a ouvert la porte à toutes les spéculations. S’agit-il des retards de paiement de l’Etat? ou de l’utilisation malheureuse et involontaire du mot “mdawikh“ (étourdis) concernant les boycotteurs? Ou d’une supposée résistance de la part des Finances au calendrier de réforme des CRI et de la charte de décentralisation? Ou d’une autre raison? Impossible de le savoir pour le moment et tout cela n’est que spéculation.
Enfin, on peut se demander qui supervisera l'élaboration du projet de loi de finances. Le limogeage lui-même dont les causes ne sont pas rendues publiques, affectera-t-il la conception du prochain budget?
La dernière interrogation autour de ce limogeage concerne ses éventuelles implications politiques.
Si l’on dit que le RNI n'est pas intouchable, cela signifie-t-il son prochain passage à l’opposition? Donc un changement de majorité gouvernementale? En 2013, le RNI avait remplacé l’Istiqlal. Et si c’était l’inverse cette fois-ci?
La décision du Roi bouleverse toutes les analyses de la classe politique et relance toutes les spéculations. Après le discours, la majorité gouvernementale semblait confortée par le Roi. Boussaid a invité la CGEM à étudier la charte de l’investissement. Elotmani a inscrit à l’ordre du jour du conseil de gouvernement, la réforme des CRI. Le gouvernement semblait se remettre au travail sur la base d’une feuille de route claire.
Là, l’hypothèse de nouveaux changements de personnes ou de gouvernement n’est plus à écarter.
à lire aussi
Article : Le Maroc face au risque d’une inflation alimentaire diffuse et composite
Alors que les instances internationales s'inquiètent d'un nouveau choc systémique mondial lié aux tensions géopolitiques, le Maroc navigue entre une campagne agricole prometteuse et des goulots d'étranglement logistiques nationaux. Si le blé tendre reste sous protection, les filières animale, sucrière et oléagineuse demeurent exposées à une inflation de second rang et à une saturation portuaire qui grignote les marges de manœuvre. Analyse.
Article : Pourquoi le taux d’inflation ne reflète pas toujours le vécu des ménages
Au Maroc, l’inflation ralentit, mais les ménages continuent de ressentir la hausse des prix et la pression sur leur pouvoir d’achat. Cet écart vient surtout d’une lecture incomplète du taux d’inflation, ainsi que de la nature même du panier représentatif utilisé pour mesurer l’évolution des prix.
Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.
Article : L’Oukaïmeden, station d’hiver et espace culte de transhumance
Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.
Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.
Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.