La politique verte de la CGEM prend forme
Jeudi 8 mars, la CGEM a sélectionné deux entreprises, Bymaro (BTP) et Maghreb Steel (sidérurgie). Elles bénéficieront d’un accompagnement pour la réalisation de leur bilan d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et la mise en place de plans d’action pour leur atténuation. Le projet présentant le potentiel d’atténuation le plus significatif pourra bénéficier d’un financement.
Les investissements de l’économie verte ne cessent de progresser dans des secteurs clés: Energies propres, efficacité énergétique, agriculture durable, traitement et réutilisation des eaux, transports et urbanisme... Sur les seules énergies renouvelables, 23 trillions de dollars seront investis entre 2015 et 2030, dont 265 milliards dans la région Mena.
C’est pour profiter de cette dynamique internationale, y arrimer l’entreprise marocaine et lui permettre de saisir les opportunités de l’économie verte que la CGEM a mis en place, en 2017, une structure ad hoc: IECM (Initiative entreprise climat Maroc). Celle-ci soutient les entreprises dans leurs démarches de mise à niveau, par rapport aux exigences de l’économie propre.
Hormis les deux entreprises récemment sélectionnées (Bymaro et Maghreb Steel), trois autres furent choisies l'année dernière pour être assistées par des experts dans le montage de leurs demandes de financement. Ces entreprises sont Managem (recyclage des eaux usées), Lamacom et Souriau (production d’électricité photovoltaïque).
Accompagnement
L’équipe de l’IECM développe des programmes d’accompagnement technique et financier au bénéfice des entreprises disposant de projets de diminution des émissions de GES ou de plans d’amélioration de leur empreinte écologique.
Le Crédit Agricole du Maroc et des institutions internationales comme le PNUD et l’UE assistent la CGEM dans l'élaboration de ces programmes. En revanche, une fois les projets de mise à niveau arrêtés, les entreprises feront essentiellement appel au fonds d’aide onusien FVC (fonds doté de 100 milliards de dollars pour soutenir les pays en développement dans leurs projets verts).
En plus de son soutien aux entreprises, l’IECM agit de trois autres manières pour promouvoir l’économie propre au Maroc: sensibilisation, formation et développement.
Sensibilisation
Plusieurs outils ont été développés pour sensibiliser les chefs d’entreprises aux enjeux de l’économie verte:
>Une page web (www.cmpp.co.ma) a été mise en place en février 2017.
>Une newsletter mensuelle d’une vingtaine d’articles en moyenne, a été lancée le même mois pour relayer l'actualité nationale et internationale de l'économie verte.
>Un guide a été édité pour expliquer aux dirigeants d’entreprises les démarches à suivre pour intégrer les risques et les opportunités du changement climatique (CC) dans leurs plans de développement. A l’instar de la newsletter, ce guide est téléchargeable à partir de la page web www.cmpp.co.ma.
>Plusieurs débats ont été organisés durant l’année 2017 et un forum a été tenu le 06 juillet 2017 autour des «opportunités pour les entreprises africaines face à l’émergence de l’économie à bas carbone». Ce forum a connu la participation de plus 350 intervenants, du Maroc, d’Afrique et d’ailleurs.
>En 2018, s’ajoutera à toutes ces actions l’organisation de journées régionales (dans 6 régions) pour communiquer sur les enjeux de l’économie verte et les actions de la CGEM.
Formation
En collaboration avec le PNUD et le Secrétariat d’Etat pour le développement durable, la CGEM a organisé, au dernier trimestre 2017, 5 séminaires de formation. Les aspects techniques et financiers de la relation entre l’entreprise et le changement climatique y ont été abordés. 26 cadres marocains ont pu en bénéficier, principalement des représentants d’entreprises et des consultants de différents bureaux d’études.
En 2018, un second cycle de formation est programmé, étalé sur toute l’année. Sa dernière session, prévue au mois d’octobre 2018, aura pour thème «Le montage de projets d’entreprises, pour réussir l’accès à la finance-climat».
Développement
>Au second semestre 2017, la CGEM a lancé une étude transversale sur le positionnement de l’ensemble des secteurs industriels marocains par rapport à l’économie propre (défis, opportunités et vulnérabilités). Cette étude classera les entreprises en fonction de leur niveau de dépendance par rapport aux changements climatiques. Elle devra aussi évaluer les retombées économiques, financières et sociales de l’économie verte sur les entreprises marocaines. Ses résultats seront présentés fin mars 2018.
>Dès 2016, la CGEM fut admise en tant qu’observateur au sein de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). En 2017, Un Comité de négociateurs a été mis en place pour représenter les entreprises marocaines dans les négociations internationales (COP…), qui visent l’élaboration des prochaines réglementations et la détermination des engagements futurs du pays. Le but de la CGEM est d’anticiper les décisions qui découleront de ces négociations multipartites. En 2018, l’organisation patronale compte mettre en place une plateforme public-privé pour coordonner et harmoniser les actions du Maroc à l’échelle internationale.
>En 2018 sera élaborée une charte climat résumant l’ensemble des engagements des entreprises désireuses de lutter contre le CC et participer à l’émergence d’une économie durable. Le respect des clauses de cette charte, devra déboucher sur l’attribution d’un label «Climat» pour les entreprises méritantes.
Organisation
Pour donner de l’envergure à son initiative et s’ouvrir sur son environnement, la CGEM a prévu en 2018 les deux actions suivantes:
> L’intégration dans la Task-force créée en 2017 des entreprises leaders dans le domaine de l’économie verte (Masen...), des acteurs du secteur financier et les fédérations professionnelles concernées par la problématique du climat.
> Le déploiement sectoriel et régional de l’IECM en créant des points focaux dans les différentes fédérations et les diverses représentations régionales de la CGEM.
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