PPS: Le sort de Nabil Benabdellah fait l’objet de spéculations
Trois jours avant la tenue du comité central qui tranchera la question de la participation gouvernementale du PPS, le sort du secrétaire général est sur toutes les lèvres. Pour Ismaël Alaoui, Benabdellah devra attendre le terme de son mandat pour rempiler ou pas alors que Khalid Naciri n’exclut pas une annonce mettant un terme à cette interrogation lors de la réunion du 4 novembre prochain.
Comme la semaine précédente, une 2ème réunion extraordinaire du bureau politique du PPS aura lieu ce jeudi 2 novembre pour préparer la rencontre cruciale du comité central qui se tiendra samedi prochain.
Alors qu’officiellement, le parti se concentre pour continuer ou pas à faire partie de l’actuelle coalition gouvernementale après le limogeage de ses deux principaux ministres, tous les observateurs politiques guettent un signe sur l’éventuel départ ou l'éventuel maintien du secrétaire général avant le congrès prévu en mai 2018.
Joints par Médias24, deux poids lourds du PPS livrent leur lecture sur l’avenir gouvernemental de leur parti et sur celui de leur leader qui, avant la crise, était assuré de rempiler pour un 3ème mandat.
Selon Ismaïl Alaoui, prédécesseur de Nabil Benabdellah à la tête du secrétariat général, les 1.000 membres du parlement du parti (comité central) auront le choix entre 3 scénarios et pas 2 après la sanction royale:
"Je n’ai jamais déclaré que nous devions sortir du gouvernement mais j’ai transmis une lettre aux camarades du bureau politique pour qu’ils étudient trois propositions avant la réunion du comité central qui devra en retenir une.
« Il y est question du retrait de l’exécutif du PPS qui passerait dans l’opposition ou bien son maintien avec le remplacement des ministres limogés mais il y a également le retrait du gouvernement avec le maintien d’un soutien critique.
"Ainsi, le PPS peut ne pas être présent physiquement tout en continuant à faire partie de la majorité parlementaire pour soutenir la coalition gouvernementale. Quelle que soit la décision finale du comité central, celui-ci devra passer en revue ces 3 possibilités avec une insistance particulière sur l’unité du parti", nous déclare l’ancien secrétaire général du PPS.
En d’autres termes, le PPS trois options pourraient se présenter.
Interrogé sur sa position à l’égard du sort du secrétaire général, Alaoui déclare qu’à titre personnel, il ne soutient personne hormis la ligne politique du parti et que l’essentiel est que le parti reste uni.
Devant notre insistance pour savoir s’il n’est pas préférable que Benabdellah quitte de sa propre initiative le leadership pour ménager la cohésion de son parti, notre interlocuteur affirme d’abord que cette décision lui appartient mais que c’est aux instances décisionnaires de baliser le terrain.
"Ne faisant plus partie du BP ni du comité central, je n’interviens plus dans ces questions et malgré mon poids historique, je suis devenu un simple observateur comme un lion qui commence à vieillir", botte en touche celui qui avait pris la relève de Ali Yata après le décès du fondateur du parti du livre.
Concernant sa récente sortie, lors d’une conférence, condamnant le limogeage "injuste" des ministres du PPS, Alaoui avance qu’il n’a fait que reprendre les termes du communiqué rendu public après la réunion du bureau politique du jeudi 26 octobre.
"C’est ma liberté de ton mais quoi qu’il advienne, nous serons fixés samedi prochain sur l’avenir du parti dans l’actuelle législature. Le sort du camarade Nabil ne sera scellé que lors de la tenue du congrès prévu à la mi-2018. Puisque la reddition des comptes est à l’ordre du jour, je pense qu’il doit rester secrétaire général jusqu’à la fin de son mandat pour s’exprimer au moment du futur congrès. Si ce congrès accepte ses explications, il rempilera et dans le cas contraire, il tirera ses propres conclusions mais dans notre parti, on ne claque pas la porte avant terme sans s’expliquer.
"En admettant qu’il ait envie de démissionner ou qu’il soit poussé dehors, il est essentiel qu’il se présente devant l’instance qui l’a réélu secrétaire général en 2014", conclut Alaoui.
Tout comme son camarade de parti, le membre du bureau politique Khalid Naciri affirme dans un premier temps qu’il ne s’est pas prononcé pour ou contre le maintien du PPS au gouvernement.
"Je préfère réserver la teneur de mon opinion personnelle au bureau politique et au comité central qui vont se tenir incessamment. Ceci dit, je suis favorable à une position qui permette à notre pays de continuer à aller de l’avant avec un PPS qui continue d’affirmer sa singularité de parti attaché aux institutions et aux réformes dont nous avons besoin", déclare l’ancien ministre.
Malgré ses précautions de langage, il confirme indirectement qu’il est favorable au maintien de la participation au gouvernement en remplaçant les deux ministres limogés par des éléments du PPS.
A la question de savoir s’il soutient "une sortie digne" du secrétaire général, Naciri refuse de répondre en argumentant qu’elle n’est pas du tout à l’ordre du jour dans les débats actuels du parti.
"Cette question relève de la compétence du congrès et du comité central qui va préparer sa tenue et je ne peux donc pas m’exprimer sur ce sujet qui n’est pas encore d’actualité. Contrairement aux rumeurs, cette question ne fait l’objet d’aucun débat au sein du BP et je peux même assurer qu’aucun de ses membres ne s’est levé pour réclamer le départ du SG. La décision de s’exprimer sur ce sujet appartient au camarade Benabdellah mais cette interrogation est pour l’instant hors-sujet.
"Normalement, il faudra attendre le congrès mais il n’est pas impossible d’être fixé au terme du comité central qui aura lieu dans trois jours. On ne sait pas comment les choses vont évoluer mais le BP n’a pas soumis cette question à l’ordre du jour de la réunion du 4 novembre", conclut le constitutionnaliste du PPS.
Quoi qu’il en soit, plusieurs fuites sciemment orchestrées laissent entendre que l’actuel SG a proposé sa démission au BP du lundi 30 octobre avant de changer d’avis devant le refus de ses membres.
Samedi on sera fixés. En attendant, chaque lecteur se fera sa propre opition.
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