Le casse-tête du remplacement de Hassad
Le limogeage du ministre de l’Education nationale revêt une dimension politique liée au Mouvement Populaire, mais soulève également la question de la qualité de l’élite politique.
En 2012, c’est Mohamed Louafa qui avait été nommé ministre de l’Education nationale sous l’étiquette Istiqlal. Moins de deux ans plus tard, l’Istiqlal quittait le gouvernement. Il a fallu faire appel à un technocrate, Rachid Benmokhtar.
Le premier n’a pas vraiment réussi. Le second a plutôt échoué. Il faut dire qu’au sein du gouvernement, il subissait l’opposition du chef de gouvernement lui-même, Abdelilah Benkirane, qui n’a jamais accepté la totalité de la réforme élaborée par le Conseil supérieur et adoptée en conseil des ministres.
Bref, l’équation est difficile:
-le gouvernement est mené par un PJD qui a une vision différente, parfois antagoniste, de la réforme de l’enseignement; antagoniste de celle de l’institution constitutionnelle qui en est chargée, le Conseil supérieur de l’enseignement de la formation et de la recherche scientifique.
-cette réforme est vitale pour le Maroc. C’est bien l’échec de l’enseignement qui vaut au Maroc un nombre aussi élevé d’analphabètes ou de jeunes chômeurs, une bombe sociale à retardement.
-pour mener à bien cette réforme, le ministre doit avoir lui-même une formation de haut niveau, maîtriser deux ou trois langues et avoir une forte personnalité.
-le département lui-même est difficile à maîtriser: une armée de fonctionnaires (280.000 personnes, dont 236.000 enseignants), 7 millions d'éleves soit près de 20% de la population (dont un million dans le privé)...
Hassad arrivait dans une grande mesure à s’imposer. Il a planifié les besoins d’enseignants. Il a obtenu à l’avance les postes budgétaires dont le secteur a besoin, évitant la gestion personnelle d’un Benkirane obnubilé par une seule chose: ne pas céder, quitte à faire subir aux élèves plusieurs mois de retard et susciter des manifestations de rue. Hassad a également instauré des contrôles stricts concernant la présence et le rendement du corps enseignant, ce qui n'a plu ni à ce dernier ni à leurs syndicats. Une partie de cette armée de fonctionnaires a accueilli son départ avec son soulagement, ce qui est injuste. Son successeur devra être un homme (ou une femme) de poigne.
Jusqu’à ce mois d’avril 2017, Hassad n’avait jamais fait de politique partisane. Il n’était pas encarté. En avril, il devint MP et on l’a vu siéger dans les plus hautes instances de ce parti. Les sources les plus fiables l‘ont donné comme le successeur probable de Laensar à la tête du Mouvement Populaire.
C’est dire que le départ de Hassad pose un problème au MP. Et que trouver un ministre de l’Education nationale sera une tâche ardue. Le parti ne regorge pas de talents, du moins dans ses instances dirigeantes. Il traîne quelques erreurs de casting (les anciens Ouzzine, Guerrouj, Sekkouri ou l’actuel ministre de la Culture et de la communication).
Choisira-t-on un technocrate? Et si oui, prendra-t-il la carte du parti? A suivre et à scruter…
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