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Après les limogeages, un espoir pour les manifestants du Hirak et de Zagora?

Les rapports de la Cour des comptes ont abouti aux décisions de limoger des ministres et des hauts-fonctionnaires car le programme “Al Hoceima Al Moutaouassit“ a été piètrement géré. Des élus de différents groupes parlementaires demandent une grâce royale exceptionnelle pour les manifestants emprisonnés.

Après les limogeages, un espoir pour les manifestants du Hirak et de Zagora?
Jamal Amiar
Le 26 octobre 2017 à 10h49 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

“La décision de limoger est un acte politique car la société réclame ce genre de gestes“, estime le militant associatif et consultant Mohamed Abdi.  Mardi soir, trois ministres (Mohamed Hassad, Nabil Benabdellah et Lhoucine Louardi), un secrétaire d’Etat (Taïeb Bencheikh) et le directeur de l’ONEE Ali Fassi-Fihri ont été limogés. D’autres anciens ministres et responsables ont été officiellement écartés de toute future responsabilité officielle. La primature doit encore annoncer des décisions concernant au moins 14 hauts-fonctionnaires dont l’action a été pointée du doigt par les rapports d’inspection.

Mohamed Abdi met l’annonce des sanctions et des limogeages par le cabinet royal et l’initiative prise les groupes parlementaires de demander une grâce royale pour les manifestants emprisonnés du Hirak et de la crise de l’eau à Zagora dans la même logique.

Reddition des comptes

 Abdi est convaincu que “le processus démocratique doit être relancé à travers la reddition des comptes. Si on ne se met pas tous en mouvement, poursuit-il, on risque de faire avorter le processus entamé avec la constitution de 2011; aussi insuffisante qu’elle soit, il faut la faire vivre“. “Il faut créer une dynamique pour la reddition des comptes“ insiste Abdi qui se dit favorable à une grâce royale pour les militants du Hirak et de Zagora.

Tant le principe de la reddition des comptes que la perspective d’une grâce royale –dont l’étendue reste à déterminer- sont clairement présents dans les décisions royales annoncées mardi soir.

Le communiqué du cabinet royal indique que "Sa Majesté le Roi a également réitéré Ses Hautes Instructions en vue de prendre toutes les mesures organisationnelles et réglementaires visant à améliorer la gouvernance administrative et territoriale et  interagir de manière positive avec les revendications légitimes des citoyens, dans le respect strict de la loi et de l’Etat de droit“. Ce dernier morceau de phrase marque la limite qui sera celle de la grâce, si grâce il y a.

Pour le premier vice-président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima et proche de Nizar Baraka, Mohamed Saoud, “comme les élections sont une reddition des comptes par les urnes et le vote, les limogeages sont le résultat de la reddition des comptes dans la haute administration et parmi les membres du gouvernement non élus“.

Dynamiser la régionalisation vers l’efficacité

Vice-président de la région Nord, M. Saoud voit les récents développements politiques à travers le prisme d’une politique de régionalisation qui “reste à améliorer“. “Sur l’Education nationale, sur la santé ou sur le tourisme par exemple, les élus régionaux peuvent être utiles. Mais pour cela, il faut que les décrets de transferts de compétences et de ressources soient signés“.

 Depuis l’entrée en vigueur de la loi 11-14 et les premières élections des conseils régionaux au suffrage universel en septembre 2015, les régions fonctionnent mais sans actions décisives. L’Etat reste prudent sur la gestion autonome des ressources financières des régions en raison du manque de ressources humaines pour une gestion rigoureuse et moderne des budgets.

Aujourd’hui, lorsqu’un conseil régional veut dépenser dans la santé, la culture ou le transport scolaire par exemple, il doit passer par le ministère correspondant, la commune ou une agence de développement régional. Il ne peut pas le faire directement.

Pour Saoud qui a fait des propositions sur  nos colonnes en matière de décentralisation et de régionalisation du massif ministère de l’éducation nationale, “si des élus régionaux avaient des prérogatives et des attributions sectorielles, ils sortiraient sur le terrain, iraient voir ce qui se passe dans les collèges et les hôpitaux, s’informeraient et proposeraient des actions et des choix politiques“. “Aujourd’hui, dit-il, l’utilité d’un élu régional est proche de zéro“. Tout ça pour ça?

L’un des éléments importants qui ressort de l’actualité politique marocaine de ces derniers jours et de ces 12 derniers mois pour rester dans une limite de temps, est que les “tangages“ sociaux à Al Hoceima sont en lien avec une politique de régionalisation qui a besoin d’être redéfinie et dynamisée avec imagination vers l’efficacité et les résultats.

C’est notamment en raison de la mauvaise gestion gouvernementale du programme de développement d’Al Hoceima et de l’approvisionnement en eau potable à Zagora que des élus de tous les groupes parlementaires ont demandé lundi soir une grâce royale exceptionnelle pour les manifestants et militants emprisonnés.

Ils reprennent ainsi une revendication centrale de larges secteurs de la société civile marocaine et des familles des prisonniers. “Les limogeages, les sanctions et la grâce royale permettraient de ‘remettre les compteurs à zéro’, de remettre le pays en mouvement, il faut le souhaiter“ juge Mohamed Abdi.

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Jamal Amiar
Le 26 octobre 2017 à 10h49

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