Région Drâa-Tafilalet: Pluie de critiques sur Choubani, président fragilisé
Le conseil de la région Drâa-Tafilalet tiendra, mardi 17 octobre, à Errachidia, une session extraordinaire où il sera question d'examiner et de voter, en seconde lecture, le projet de budget 2018. Le budget sera probablement adopté, avec des amendements qui seront imposés par les conseillers. Mais Choubani a clairement perdu la majorité.
Le 2 octobre, ce projet avait été rejeté par le Conseil dont le président, El Habib Choubani (PJD), qui dirige ce conseil composé de 45 membres, dont 12 du PJD comme lui. Il avait été élu par 24 voix, contre 18 pour son concurrent Mohamed El Ansari de l’Istiqlal. Les autres voix, non-PJD, provenaient du RNI (2), du PPS (5) et du MP (5).
Or, le projet a été rejeté par 24 conseillers, contre 17 seulement qui ont voté pour. C’est-à-dire que Choubani a perdu 7 voix en cours de route. Régulièrement critiqué, le président est aujourd'hui plus que jamais fragilisé.
Par communiqués séparés, les antennes régionales du RNI, du PI, du PPS et du MP ont expliqué les raisons de leur opposition au projet du budget. Mais ont surtout sévèrement critiqué la gestion, par Choubani, des affaires d'une région parmi les plus pauvres du Maroc.
Dans un communiqué signé par Said Chbaatou, membre du conseil et coordinateur régional du RNI, c'est la légitimité même du président qui est remise en question. Celui-ci est accusé d'avoir "volé" deux membres du RNI pour obtenir "une majorité numérique, et ce en contre-partie de postes" au bureau du conseil pour le premier, et de président de commission pour le deuxième.
Il rappelle, à ce titre, la position de son parti qui "est claire dès le début, puisque ses membres ont voté pour le candidat de l'Istiqlal".
Chbaatou reproche, entre autre, au président "l'absence de méthodologie dans l'identification des priorités et des projets", ainsi que sa tendance à prendre "des décisions unilatérales". Exemple: une convention à 1,2 MMDH conclue avec le ministère de l'équipement.
"La majeure partie des projets prévus par cette convention concerne la construction et l'entretien de routes nationales relevant des attributions du ministère. Le coût de ces projets équivaut au quart du budget de la région sur six ans", explique le RNIste. Pour lui, "si les conseillers avaient participé à la réflexion et à la décision, ce montant aurait été affecté à des chantiers prioritaires comme l'eau potable, les barrages, l'éducation et la santé."
Dans son article 198, la loi organique relative au Conseil dispose que "le budget doit être accompagné des documents nécessaires et soumis pour examen à la commission du budget, des affaires financières et de la programmation, dans un délai de 10 jours au moins avant la date d'ouverture de la session relative à l'approbation du budget par le conseil". Cette démarche n'a pas été respectée, explique Said Chbaatou.
Le PI s'en prend quant à lui au contenu du budget, trop porté selon son bureau provincial d'Errachidia "sur les dépenses de fonctionnement (voyages, résidences dans les hôtels les plus luxueux et indemnités des membre du bureau…)".
Tenant compte du "déficit que connaît la région en matière d'infrastructures, le président" se devait d'augmenter le budget d'équipement et réduire celui du fonctionnement", selon les rédacteurs du communiqué. Ils attaquent Choubani sur le terrain" de l'épuisement prémédité du budget de la région" et fustigent eux aussi "un projet du budget élaboré unilatéralement".
"Gaspillage"
Ils l'on porté à la présidence en lui donnant dix voix au total. Et pourtant, les conseillers du MP et du PPS n'ont pas lésiné sur les critiques.
Les premiers accusent Choubani de "gaspillage", en allusion à "son obstination à vouloir acheter 5 voitures de type "VW Tiguan" à un moment où "les investissements sont censés s'orienter vers le décloisonnement de la région". Ils appellent l'intéressé "à s'expliquer sur le sort des 54 conventions adoptées lors des différentes sessions précédentes et qui n'ont toujours pas été exécutées."
Dans le projet du budget, le président propose la généralisation des bourses pour les étudiants universitaires originaires de la région, à condition de justifier d'une inscription dans l'une des universités ou instituts supérieurs à l'échelle de tout le territoire du Royaume.
Les conseillers du PPS fustigent "certains médias", selon eux "proches du président", qui ont induit l'opinion publique en erreur, "en imputant leur refus de voter pour le projet à cette question des bourses", rappelant que cette proposition "a été voté à l'unanimité."
La région Drâa Tafilalet bénéficie d'une hausse mécanique des ressources financières, provenant à plus de 99% de décisions centrales, telles que la réaffectation des parts de l'IS, de l'IR ou des taxes sur les contrats d'assurances, ainsi que les subventions de l'Etat.
Les recettes prévues passent de 426 MDH en 2017 à 532 MDH en 2018.
Dans ces recettes:
-la subvention de l'Etat passe de 204 MDH à 252 MDH.
-les parts des impôts (IS et IR) et taxes (Assurances), passent de 219 MDH à 271 MDH.
Les dépenses de fonctionnement sont ramenées de 58 MDH à 52 MDH dont seul 1 MDH pour les études, alors que le Plan de développement régional n'est même pas finalisé.
L'excédent ordinaire ressort donc à 480 MDH contre 380 MDH un an auparavant. Près de 231 MDH seront affectés au Fonds de développement rural pour la réduction des disparités. 10 MDH sont affectés à la généralisation des bourses universitaires dans la région, 40 MDh à l'acquisition de bus de transport scolaire.
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