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Qui est Hamdi Ould Rachid, homme-clé de l’Istiqlal?

Au lendemain du report de l’élection du secrétaire général et des membres du comité exécutif, le nom de Hamdi Ould Rachid est sur toutes les lèvres. Sans lui, le congrès n'aurait pas eu lieu. Aucune décision n'a été prise sans son accord. Et c'est lui qui a fait reculer Chabat sur des points décisifs comme la révision préalable des statuts. Qui est-il? d'où vient-il? que disent de lui ses camarades de l'Istiqlal?

Qui est Hamdi Ould Rachid, homme-clé de l’Istiqlal?

Le 2 octobre 2017 à 16h34

Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Au lendemain du report de l’élection du secrétaire général et des membres du comité exécutif, le nom de Hamdi Ould Rachid est sur toutes les lèvres. Sans lui, le congrès n'aurait pas eu lieu. Aucune décision n'a été prise sans son accord. Et c'est lui qui a fait reculer Chabat sur des points décisifs comme la révision préalable des statuts. Qui est-il? d'où vient-il? que disent de lui ses camarades de l'Istiqlal?

Chez les Ould Rachid qui font partie de l'une des tribus les plus influentes des provinces du sud, la politique est une affaire de famille. Descendants de Sidi Ahmed Rguibi (ou Ragueb), fondateur de la tribu Reguibat, les membres du clan sont soit entrepreneurs soit politiciens ou les deux à la fois.

Frère aîné du clan, Brahim est le cheikh de cette puissante tribu de chorfas dont les membres représentaient, en 1974, un quart de la population sahraouie lors du recensement espagnol. Son fils, Hamdi Brahim Ould Errachid préside le conseil régional de Laâyoune Sakia El Hamra qui a été remporté en septembre 2015 par le parti de l’Istiqlal.

Deuxième de la fratrie, Khalli Henna préside le Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (CORCAS) après avoir été pendant près de 20 ans le ministre de feu Hassan II.

Depuis qu’il n’est plus agent d’autorité en charge de l’ancien processus de recensement des votants pour l’organisation du référendum d’autodétermination (devenu caduc depuis), Haj Hamdi est devenu un acteur majeur de la vie politique locale et régionale à partir de 2000, date de son engagement politique à l’Istiqlal. Ce fut, contrairement à la rumeur, son premier engagement dans un parti.  

 

 

Député-maire de la ville de Laâyoune, celui que l’on présente, depuis peu, comme l'homme fort du parti ou en tous les cas du courant réformateur, ne sera pas le seul membre de sa famille à siéger dans le prochain comité exécutif, qui doit être élu en principe le prochain week end.

Lors des scrutins du CE, il sera certainement soutenu par le gendre de son frère aîné Brahim, Anaâm Mayara qui est devenu récemment le nouveau secrétaire général de l’UGTM, bras syndical du parti de l’Istiqlal.

Comme tous ses prédécesseurs (Abderrazak Afilal, Hamid Chabat, Kafi Cherrat), la candidature de Anaâm a toutes les chances d’être adoubée par le conseil national pour qu’il devienne le représentant du syndicat au comité exécutif.

Ancien soutien du secrétaire général sortant, Haj Hamdi a pris la tête du courant des réformateurs au sein du comité exécutif dont les membres étaient majoritairement contre un nouveau mandat de Chabat.

Son fils, Sidi Mohamed, toujours en charge du comité d’organisation du 17ème congrès de l’Istiqlal, est également candidat pour redevenir membre du comité exécutif. une idée répandue voudrait que fort du soutien de son père, il attend patiemment son heure pour succéder un jour au futur secrétaire général.

Lors de cette élection prévue le samedi 7 octobre, le nom des 26 membres permettra de connaître les rapports de force entre les différents courants du parti mais il semble très probable que le clan Ould Rachid soit fortement représenté même si pour l'instant il semble assuré que seuls trois membres de la famille (lui-même, son fils et le gendre de son frère) y siègeront.

Jointe par Médias24, une source importante du parti dément l’idée selon laquelle le clan des Ould Rachid sera sur-représenté dans les organes décisionnaires de l’Istiqlal en arguant que sur 1285 membres du Conseil national, seuls 39 d’entre eux font partie du clan de Haj Hamdi et de la région de Laâyoune.

"Il ne faut pas raisonner en termes de népotisme car les Ould Rachid ne sont pas une famille mais une tribu très influente qui a choisi l’Istiqlal pour son combat politique".

"Certains le présentent comme celui qui tire les ficelles en ajoutant que Nizar Baraka est sa créature qui n’aura aucune latitude pour gérer le PI s’il est élu SG. L’avenir prouvera le contraire car au CESE qu’il préside, Si Nizar a toujours fait preuve d’indépendance face aux partis politiques, syndicats…"

"Au Maroc, on a du mal avec les hommes d’affaires qui font de la politique et on a même prétendu que Haj Hamdi avait acheté l’Istiqlal en faisant un chèque de 7 millions de dirhams pour financer l’organisation du congrès. C’est totalement faux sachant que l’Etat remboursera 4 MDH et que le reste provient de différentes contributions dont celle de Si Hamdi", tient à corriger notre source.

Richissime homme d’affaires, son rôle au sein du parti a pris une nouvelle tournure quand le maire de Laâyoune a lâché son ex-protégé jugé trop imprévisible. Chabat avait alors dû faire face à une succession de désistements de ses soutiens anciens pour rempiler au secrétariat général.

Hormis sa fortune qui lui assure une armée d’obligés, sa montée en puissance s’explique surtout par le fait qu’il a permis à l’Istiqlal de conserver ses fiefs dans les provinces du sud devenues les principaux réservoirs électoraux du parti en perte de vitesse dans les autres régions qu’il dirigeait dans le passé.

Lors du bras-de-fer contre Chabat, il s'est surtout imposé par sa forte personnalité qui s'est souvent opposée au secrétaire général, en arrivant à le faire reculer à plusieurs reprises. Avec l'UGTM (dirigée par son gendre), l'inspection du parti, les organisations parallèles et le clan Quayouh, Hamdi Ould Rachid fait désormais partie des principaux bastions du parti, peut-être le plus fort.

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