Comment le député Omar Balafrej a créé une communauté grâce au digital
A mi-parcours de l’année parlementaire, le député a publié le 24ème podcast de sa semaine politique. Cette initiative inédite et de plus en plus populaire qui s’inscrit dans la reddition des comptes veut réconcilier les abstentionnistes avec la politique avec en toile de fond la préparation du scrutin législatif de 2021.
Grâce à sa vidéo hebdomadaire, Balafrej a suscité l'intérêt et les réactions. Il a réussi à réunir autour de lui une communauté interactive.
Depuis le lancement de son opération de communication digitale, sa page Facebook totalise 100.000 fans et sa chaîne Youtube réunit 5.600 abonnés.
Prudent, le député déclare à Médias24 que la "mayonnaise est en train de prendre" mais qu’il n’y a pas d’explosion des vues de sa "semaine politique" qui s’établissent en moyenne à 30.000 visiteurs.
S’il refuse de se concentrer sur l’audience de ses podcasts, qu’il juge toutefois importante, Balafrej préfère mettre en avant la réactivité croissante des Marocains qui font part de leur intérêt pour son initiative à travers des messages et des propositions qui alimentent ses interventions au parlement. En effet, l'intérêt de son opération n'est pas une quelconque audience massive, mais l'interactivité qu'il a générée.
"De plus en plus de citoyens me suggèrent des pistes de réflexion sur des problématiques pour que je les transmette au gouvernement et aux représentants du peuple", se félicite le député FGD.
Six mois après avoir publié sa 1ère vidéo hebdomadaire qui retrace sa semaine politique au parlement, il semble désormais maîtriser cet outil de communication qui lui avait valu plusieurs sarcasmes de la part de ses adversaires qui le traitaient d’opportuniste en quête de buzz virtuel.
Même s’il ne renie aucune de ses interventions digitales, il reconnaît qu’avec le temps, il a appris à faire le tri entre les centaines de messages qu’il reçoit au lendemain de la diffusion de ses vidéos.
"Je passe beaucoup de temps à vérifier la crédibilité des informations reçues sur des problématiques régionales comme le transport, l’eau … Personne n'a jamais essayé de m’enfumer et quand on me demande mon aide sur un sujet que je ne maîtrise pas, je préfère l’écarter gentiment pour me focaliser sur d’autres dossiers", précise Balafrej.
Conscient de l’intérêt du sponsoring pour accroître sa visibilité auprès d’un nouveau public, il reconnaît consacrer "très rarement" 10 dollars à quelques publications pour booster leur audience.
"Au regard des 100.000 followers de ma page Facebook, les montants consacrés au sponsoring sont très modestes pour promouvoir certaines de mes vidéos. Le maximum a été 20 dollars ce qui est dérisoire comparativement à mes adversaires qui n’hésitent pas à investir plusieurs milliers de dollars", se défend le député qui ajoute que le sponsoring sur les réseaux sociaux est juste un moyen d’attirer un public nouveau.
Balafrej poursuit qu’il n’a pas besoin "d’acheter" de nouveaux followers car l’essentiel de ses sympathisants partagent ses positions et par conséquent ses publications.
"Contrairement à certains, la virtualité que nous utilisons ne reste pas au stade artificiel car nos interlocuteurs désirent me rencontrer. Les interactions digitales me permettent donc de multiplier les visites sur le terrain et d’aboutir à des rencontres physiques avec des personnes dégoutées par les partis, ce qui en soi est déjà une victoire", avance le député qui désire les réconcilier avec la chose publique.
Selon lui, la vraie problématique qui sous-tend ces échanges sur le net est de remédier, à terme, à l’abstention des 20 millions de personnes qui refusent d’aller voter lors des scrutins électoraux.
Balafrej déclare consacrer une partie de son temps virtuel à pousser les abstentionnistes à aller voter "en attendant que l’Etat inscrive automatiquement les citoyens sur les listes électorales et déplace les scrutins du vendredi au week-end".
"A la FGD, le réservoir des sympathisants qui n’ont pas accompli leur devoir électoral est énorme. Au scrutin de 2016, nous ne les avons pas assez convaincus car nous avons commencé trop tard. Si mes podcasts ne vont pas bouleverser la donne, ils créent une curiosité qui peut permettre à ceux qui ont perdu confiance dans leurs institutions de reprendre le chemin des urnes", prédit notre interlocuteur qui conclut qu’au scrutin de 2021, le résultat de sensibilisation sera au rendez-vous.
S’il faudra attendre les prochaines législatives pour voir si cette stratégie de communication permettra à la FGD d’obtenir plus de députés, elle a incontestablement permis à son porte-voix de se faire connaître sur les réseaux sociaux qui sont le nouveau terrain de chasse des politiques.
Celui qui se présente comme le chantre de la reddition des comptes a acquis une visibilité inédite auprès de la jeunesse marocaine.
On peut lui reprocher certaines accusations pas toujours fondées contre le ministre de l’économie et le maire de la ville dont il est élu mais il est un des rares politiciens à avoir saisi l’importance des NTIC pour tisser sa toile.
Si dans le passé, les politiciens utilisaient la presse pour mobiliser leurs sympathisants, l’heure est désormais à la réactivité du digital mais hormis Balafrej, seul le PJD semble avoir compris que les réseaux sociaux permettent de construire une image pour gagner des campagnes électorales.
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