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Ecole Al Fitra de Tanger: le bras-de-fer se poursuit

Le bras-de-fer, mais également un dialogue de sourds se poursuit entre la direction de l’école Al Fitra dont l’autorisation a été retirée et le ministère de l’Education nationale. Le Tribunal administratif doit rendre une première décision ce vendredi 28.

Ecole Al Fitra de Tanger: le bras-de-fer se poursuit
Jamal Amiar
Le 26 octobre 2016 à 16h18 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Le 19 octobre dernier, une décision de retrait d’autorisation avec effet immédiat a été prise par l’Académie régionale; la direction d’Al Fitra avait réagi en déposant deux recours auprès du tribunal administratif de Rabat et informant par huissier l’Académie du dépôt de ces recours.  

En attendant, les cours se poursuivent comme Médias 24 a pu le constater ce mercredi 25.

La décision du tribunal administratif attendue ce vendredi 28

Le premier recours, en référé, demande la suspension de la décision administrative de retrait d’autorisation. Le second recours demande “l’annulation d’une décision administrative pour excès de pouvoir“, selon le directeur de l’école, Abdelkarim Irbaiyne.

Médias 24 a également appris que c’est ce vendredi 28 octobre que le Tribunal administratif de Rabat doit rendre sa décision sur le premier recours.

En attendant, chacune des parties met en avant ses arguments.

Du côté de l’Académie régionale que dirige M. Aouaj, on avance que les premuiers échanges avec l’école Al Fitra remontent à 2013 “mais que rien n’a été fait depuis“.  Il est notamment reproché à l’établissement Al Fitrad’accueillir 217 élèves pour une capacité autorisée de 150 enfants.

L’école utilise le sous-sol de la villa qui l’abrite pour les activités ludiques. Elle a rajouté un étage et un petit pavillon dans le jardin, ce qui lui vaut par ailleurs les inimitiés de ses voisins, avec plaintes devant la justice.

Outre le problème de capacité, l’Académie pointe du doigt des classes non mixtes à partir de la 4e année du primaire. A cet argument, M. Irbaiyne indique que les classes de son école abritent moins de 20 élèves et que l’absence de mixité à partir d’un certain âge répond à un choix pédagogique.

Une chose est certaine dans cette affaire: les parents paient 1.500 DH par mois  -et non 1.200 DH comme publié précédemment - pour que leurs enfants étudient dans cette école.

Les parents sont de fervents défenseurs de leur école. M. Irbaiyne insiste sur «le projet pédagogique, non idéologique et non politique» de son école. Il sait que derrière la décision de fermeture peuvent exister des pressions «politiques» ou de la concurrence face à une offre qui rencontre un certain succès.

Tout le monde à l’extérieur de l’école n’apprécie pas la méthode d’instruction religieuse.  «Pourtant indique M. Irbaiyne, le chef de cabinet du wali avait son enfant chez moi jusqu’à la semaine dernière, ainsi que des enfants de responsables de la ville. Depuis lundi dernier malheureusement, certains parents ont retiré leurs enfants de l’école».

Capacités, pédagogie et instruction religieuse

Tant du côté d’Al Fitra que de l’Académie, on revendique cependant entretenir des relations courtoises avec l’autre partie.

Celles-ci semblent parfois dépassées par l’ampleur d’un bras de fer dont certains contours sont flous. M. Irbaiyne se dit «sonné» par une décision de fermeture remise le matin du 19 octobre avec effet pour le lendemain. M. Aouaj parle «d’échanges qui n’ont pas abouti», pour évoquer les problèmes de capacité. Pédagogie, méthodes d’instruction religieuse et inspections académiques contestées s’entremêlent.

 Le ministère de l’Education nationale reproche une capacité d’accueil insuffisante dans une école privée sachant l’existence de nombreuses situations similaires dans les systèmes public et privé. L’Etat est notoirement à la peine s’agissant de son offre en matière d’instruction publique et d’inspection du système d’instruction privée. Ce point reflète les contradictions d’un système qui n’a pas su se réformer à temps, sans oublier la liberté de parents de choisir une école autorisée pour y scolariser leurs enfants.

 Enfin, sur le point de la décision de fermeture, l’article 3 de la loi 06-00 est clair: un préavis de fermeture de trois mois est inscrit dans le texte .


 

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Jamal Amiar
Le 26 octobre 2016 à 16h18

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