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Khadija Rouissi: “Ilyas El Omari a montré son aptitude à mener à bien le projet du PAM”

A quelques jours du congrès du parti, la grande dame du PAM analyse pour Médias 24 les enjeux du renouvellement des élites de sa formation, pour se préparer aux législatives de 2016. Ses propos sont un soutien à Ilyas El Omari.

Khadija Rouissi: “Ilyas El Omari a montré son aptitude à mener à bien le projet du PAM”
Samir El Ouardighi
Le 20 janvier 2016 à 16h21 | Modifié 20 janvier 2016 à 16h21

Médias24: Que va changer le congrès pour l’avenir du PAM ?

Khadija Rouissi : Après 8 ans d’existence, il nous permettra de clarifier notre positionnement socio-économique, pour que chaque militant puisse participer au changement effectif de la société marocaine.

-Quel positionnement, sachant que le PAM est une palette de courants différents?

-Nous sommes composés de plusieurs sensibilités, mais qui s’accordent sur l’essentiel.

Je citerai quelques exemples prouvant notre unanimité sur des dossiers d’actualité. Soutien au CNDH et à la Commission nationale contre la corruption pour les doter de davantage de pouvoirs.

Sur la peine de mort, la majorité de nos parlementaires a rejoint la ligue pour son abolition. Les causes sociétales sont nombreuses, à l’image de notre combat contre le mariage des mineurs et le travail des enfants mineurs.

-On vous entend beaucoup sur ces sujets de société, mais le PAM un peu moins?

-C’est faux, car il a voté contre la récente prolongation des mariages coutumiers et a publié un communiqué on ne peut plus clair pendant la polémique sur l’héritage des femmes (CNDH).

Concernant l’avortement, nous avons rédigé un mémorandum basé sur la définition de l’OMS. Le PAM s’est distingué par des postures avant-gardistes, comme la proposition de légalisation des parcelles de kif.

Hormis les questions sociétales, nous assumons nos positions économiques sur les dossiers des retraites, de la couverture médicale ou de la réforme fiscale.

Notre identité est plurielle, mais elle reste forte et consensuelle.

-Y aura-t-il un retour aux fondements de votre projet initial, comme le réclame Ali Belhaj?

-Si quelqu’un dit qu’on s’en est éloigné, il doit donner des exemples concrets prouvant cette déviance. Le PAM a présenté plusieurs propositions de loi concordant avec son projet initial.

C’est le cas de la loi cadre pour l’instance de parité et de lutte contre les discriminations et de notre combat contre la violence faite aux femmes.

Je peux citer notre proposition de loi contre la traite des personnes et le racisme à l’époque de la multiplication des actes racistes au Maroc. Nous militons aussi pour l’interdiction du travail des mineurs comme domestiques, avec 3 ans de prison à la clé pour les employeurs.

Notre engagement actuel est en parfaite harmonie avec notre projet moderniste d’origine.

-Vous n’avez pas eu beaucoup d’écho sur ces sujets?

-Ces propositions sont restées lettre morte, car la Constitution n’est pas respectée. Plus de 67 propositions de loi sommeillent dans les tiroirs du Parlement.

-Attribuez-vous ces blocages au conservatisme du PJD sur les questions sociétales?

-Ce parti réduit la démocratie à une question de majorité et de minorité et refuse de tenir compte des opinions divergentes. Au sein du PAM, il peut y avoir des tensions sur certaines questions, mais nous ne fonctionnons pas de manière paramilitaire.

-Etes-vous soutenus par le PPS, qui représente les progressistes au sein du gouvernement?

-Sur la question de la place de la femme, nous sommes proches et nous avons d’ailleurs défendu avec ce parti et l’USFP, un projet de loi pour combattre la traite des personnes.

Ceci dit, vu son engagement au sein de la coalition gouvernementale, le PPS se retrouve dans des situations où il finit par s’aligner sur les positions du PJD.

-Vous voulez dire que le PPS fait passer ses intérêts avant ses convictions?

-Sa volonté de rejoindre un gouvernement dirigé par un parti conservateur a beaucoup affecté ses choix. Prétendre qu’il en fait partie pour influencer positivement ou tempérer les postures idéologiques du PJD reste à prouver.

Je reconnais que le PPS a donné de la voix sur le cahier des charges des médias et sur d’autres affaires comme celles les jupes d’Inezegane ou le lynchage du travesti de Fès, mais Nabil Benabdellah n’est pas allé jusqu’au bout, car il a déclaré qu’il ne fallait pas exagérer.

Cela le place dans une situation inconfortable et l’oblige à un grand écart entre son alliance et ses convictions progressistes.

-Quel attelage gouvernemental pour le PAM, s’il gagne les futures législatives?

-Si la situation se présente, les partis avec qui nous travailleront seront progressistes et devront défendre la pluralité politique, culturelle et sociétale.

Nous sommes contre la bipolarisation du champ politique, alors que le Maroc a fait le choix de la pluralité. Une fois ce principe énoncé, nous travaillerons avec les progressistes sur la base de déclarations d’intentions qui nous réuniront sur un programme commun.

-Votre porte est donc définitivement fermée à une coalition menée par le PJD?

-Ceux qui ont une idéologie conservatrice comme celle du PJD doivent travailler entre eux. Chacun défend ses valeurs, mais il faut être cohérent, car les alliances contre-nature sont improductives et nocives pour les partis.

-Pensez-vous que le parti de la lampe soit un danger pour la démocratie?

-La capacité d’un gouvernement à négocier est fondamentale et lorsqu’il n’a plus que le bâton pour gérer les problèmes comme avec les enseignants stagiaires, il signe son échec.

Entendre le chef du gouvernement jurer sur Dieu, qu’il n’était pas au courant de la tournure violente de cette manifestation pacifique m’effraie au plus haut point.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, car le chef de file du PJD fait preuve du même mépris ou de la même mauvaise foi à l’égard de ceux qui ne sont pas d’accord avec lui (réforme des retraites …).

La démocratie se mesure aussi au respect et à la prise en compte des opinions des minorités.

Abdelillah Benkirane se vante constamment d’avoir été le maître d’œuvre de la couverture médicale, alors que seuls 30% des Marocains en bénéficient.

-Il n’empêche que cette avancée sociale est à mettre à son crédit.

-Un politique responsable doit dire que c’est une avancée, mais reconnaître qu’il reste du travail avant que cette mesure ne soit généralisée et qu’elle ne devienne un vrai acquis. Ce n’est pas le cas du chef du gouvernement, qui est dans le triomphalisme permanent (*).

-Le PAM a-t-il des chances de remporter les élections législatives de cette année?

-Je refuse de prétendre que le PAM va gagner les élections et de me livrer à de la prospective. La démocratie aura le dernier mot, mais le progrès que nous prônons est inévitable.

L’intérêt général qui nous préoccupe depuis notre création reste notre priorité pour donner toutes ses chances au Maroc d’avancer vers un avenir meilleur.

-Qui voyez-vous au sein du PAM pour vous permettre d’y arriver?

-Personne ne s’est encore déclaré candidat au poste de secrétaire général. Ma préférence ira au plus convaincant, mais j’attends que les candidats livrent leur ligne politique le jour J.

Ilyas El Omari a déclaré qu’il se présenterait si Mustapha Bakkoury ne rempile pas à un nouveau mandat ou si Fatima-Zahra Mansouri ne fait pas acte de candidature. Ilyas a démontré d’une façon effective qu’il était capable de mener à bien le projet du parti.

Nous avons besoin d’un leader fort pour porter ce projet, mais notre parti ne doit pas être tributaire d’une seule personne pour fonctionner efficacement.

-Cela veut-il dire que vous excluez de vous porter candidate?

-Je ne suis pas tentée par cette aventure, mais je ne manquerai pas de faire entendre ma voix lors du congrès à venir.

(*)NDLR: les projets de loi instaurant un élargissement de la couverture sociale à plus de 90% de la population ont été récemment adoptés en conseil de gouvernement.

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Samir El Ouardighi
Le 20 janvier 2016 à 16h21

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