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Le PJD réunit son conseil national, Benkirane raconte ses élections

Le Conseil national du PJD se réunit ce week-end en session ordinaire annuelle. La réunion a pour enjeu le bilan 2015, celui des élections, les comptes du parti et enfin la manière dont s’annonce 2016.

Le PJD réunit son conseil national, Benkirane raconte ses élections
N. E.
Le 9 janvier 2016 à 18h57 | Modifié 9 janvier 2016 à 18h57

Le Conseil est le parlement du parti a toute latitude pour fixer la date du congrès et pour amender en cas de besoin le règlement intérieur, qui fixe le nombre de mandats du secrétaire général. Aucun de ces deux points n’est à l’ordre du jour de l’actuelle session. Il est probable, comme le souhaite une partie des dirigeants, qu’il y aura une session extraordinaire en mars, pour débattre de ces deux points. L'enjeu est de savoir si Benkirane restera à la tête du parti. Son mandat s'achève cettte année et il n'a pas le droit, selon le règlement intérieur, à un troisième mandat.

Saâdeddine El Othmani, qui préside le Conseil, a ouvert les travaux par une courte allocution consensuelle, truffée de slogans et de mots d’ordre politiquement corrects. On le dit candidat à la succession de Benkirane à la tête du parti, ce qu’il ne confirme pas.

Benkirane a fait un long show improvisé, au moment où il devait lire le rapport politique. Il a donné sa propre lecture des élections du 4 septembre 2015, parsemée de phrases assassines ou sybillines et de métaphores.

“Nos ennemis, qui ne sont pas obligatoirement dans l’opposition, nous mènent la vie dure. Les manœuvres sont devenues mon pain quotidien [en français]“.

La dernière ligne droite de la campagne a commencé en juin, avec les élections des représentants des salariés, raconte le secrétaire général du PJD. Puis lors des élections des chambres professionnelles, «nous avons remarqué que le “fameux parti“ [allusion au PAM], a obtenu plus que sa part, alors que nous nous avons obtenu une seule présidence».

Il y a vu le retour du “Tahakkoum“, ce mélange d’autoritarisme et d’hégémonisme, sur la vie politique marocaine. Après ces élections, une réunion du secrétariat général du PJD s’est tenue. “On m’a dit, nous allons faire une campagne de porte-à-porte et toi, tu fais 3 à 4 meetings“.

Mes radars [en français] m’ont prévenu qu’il y avait danger. Je me suis mis à tirer dans tous les sens, comme dans une bataille où tu ne sais pas où se trouve l’ennemi“.

Benkirane, selon son récit, ne se contente pas de trois ou quatre meetings, car il se sent menacé. Dès le lendemain, il est à Salé, le surlendemain à Taza et ensuite à Tétouan et tout cela sans grosse préparation. Il improvise, décide à la dernière minute, quadrille le Maroc.

Puis : “Nous avons gagné, c’est la victoire de nous tous sans exception. Nous sommes un corps.“ Puis sans transition, “Wallah [par Dieu], je vous le dis, sans les sages décisions de Sa Majesté, nous n’aurions rien eu, vous n’auriez rien vu“.

En 2011, le PJD avait gagné 107 sièges à la Chambre des Représentants, avec 1.080.000 voix. Le 4 septembre, il a obtenu 1.672.000 voix.

Le vrai problème qui menace la démocratie marocaine, c’est “Tahakkoum“. On veut tirer la ficelle de la vie politique, donner des ordres aux autres partis. C'est une allusion évidemment et de nouveau, au PAM.

On passe naturellement aux régionales. Les présidences des régions comme Tanger, Casa, Beni Mellal, “ils“ les ont obtenues par des méthodes autoritaires, l’intimidation ou l’argent, accuse Benkirane. Casablanca devait revenir arithmétiquement au RNI, Beni Mellal au MP et Tanger au PJD, estime-t-il. Comment ont-ils pu avoir 42 voix à Tanger? L'allusion est faite ici à l’élection d'Ilyas El Omari à la tête de la région TTAH (Tanger, Tétouan, Al Hoceima) alors que la coalition au pouvoir y était majoritaire (d’un seul siège).

“Ces gens là nous trouveront toujours sur leur chemin, nous les affronterons. Tant que nous aurons un souffle de vie, nous les affronterons“. Benkirane a un tempérament de lutteur, l’adversité le stimule, le défi le grise. Il ajoute: le pays a besoin de vraies et solides formations politiques.

Mais il n’y a pas que le PJD qui les affronte. “Je salue le PPS et je salue Nabil Benabdellah, un homme loyal et sérieux“. Il salue également les dernières positions de l’Istiqlal. Apparemment, il n’est pas contre une réconciliation.

“Chabat nous a attaqués, j’ai riposté mais je n’ai jamais attaqué l’Istiqlal. Il m’a envoyé des émissaires pour proposer une alliance de dernière minute avant les élections de la Chambre des conseillers, après avoir découvert la vérité sur la nature de son principal allié, le PAM“.

Benkirane interpelle Chabat: “Aujourd’hui, tu reconnais que ta sortie du gouvernement a été une erreur. Mais tu dois également avouer pourquoi tu es sorti, qui t’a convaincu, qui t’a promis un portefeuille ministériel“. Et une petite caresse dans le sens du poil: “L’Istiqlal est un parti du peuple“.

Bref, on l’a compris, une alliance avec le PI n’est pas impossible. Surtout qu’il y a à gauche une approche voulant ressusciter la Koutla (alliance UFSP-PPS-Istiqlal). Il envoie ce message au PI : “Sortez de cette alliance néfaste“. Avec le PAM bien sûr.

L’étape actuelle au Maroc est celle de l’assainissement de l’exercice de la politique, selon Benkirane: la ligne de séparation ne se situe pas entre laïcs et islamistes, entre partis de gauche ou de droite. Mais entre démocrates, qui veulent le “maâkoul“, le sérieux, et les autres qui veulent diriger et administrer la vie politique. En d’autres termes, le PPS peut s’allier au PJD, car ils sont “purs et propres», sérieux, même s’ils ont des référentiels différents.

A Bakkoury: “Tu as perdu les élections dans la ville de Mohammédia, face à un fonctionnaire du PJD. Et maintenant tu diriges toute la région. A ta place, je ne me serais pas présenté à la présidence“.

A Ilyas El Omari : “Tu as investi 65 MDH pour créer des journaux et nous contrer. Le PAM n’a pas d’avenir, car il a réuni les gauchistes et les extrémistes qui n’avaient pu atteindre leurs objectifs et qui avaient cru trouver en lui l’ascenseur pour y arriver“.

Pour 2016:Tout me dit qu’on va gagner [en français]. Sinon, où iraient les 1.672.000 voix que nous avons déjà obtenues le 4 septembre? Mais je n’ai aucune certitude car il y aura des manœuvres“.

La vraie question, Benkirane ne l’a pas soulevée. Pourtant, il y pense tous les jours en se rasant. Il s’agit de son éventuel troisième mandat à la tête du PJD. Le Conseil national non plus n’examinera pas cette question, qui est pourtant dans tous les esprits.

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N. E.
Le 9 janvier 2016 à 18h57

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