Ali Belhaj: “Je verrais bien une femme à la tête du PAM”
Quel avenir pour les partis politiques au Maroc? C’est la question-thème d’une conférence organisée conjointement par TIZI et l’ESCA le 15 novembre à Casablanca, avec comme invité Ali Belhaj, cofondateur et membre du bureau politique du PAM et surtout l’une des voix indépendantes de ce parti.
"Ce qui m’intéresse dans la vie politique, ce sont ceux qui ne votent pas"
Qualifiant les dernières élections d’historiques, en ce qu’elles sont les premières organisées sous l’égide de la Constitution de 2011, avec le lot de nouvelles prérogatives que celle-ci octroie aux collectivités local, A. Belhaj s’est toutefois longuement penché sur le problème du faible taux de participation, auquel il prête une attention particulière.
A ce titre, faisant le parallèle entre un parti politique et une entreprise, l’invité constate que "lorsqu’il y a 30% de taux de participation, c’est un échec de tous les partis politiques. Le marché des partis politiques, c’est les gens qui votent. Si plus personne ne vote, ils ferment leurs entreprises".
"Moderniser la vie politique, la rejaillir", dit-il, c’est ce qui pourrait concilier les citoyens avec la politique, notamment les jeunes. Exit, selon lui, les longs mandats de quarante ans et les cumuls de fonctions. A. Belhaj prône des structures partisanes ouvertes et quand il dit ouvertes, "c'est-à-dire qu’il doit y avoir des flux et changements permanents à la tête des partis politiques, bureaux politiques, conseils nationaux et congrès", de façon à ce que la société, toujours évolutive, se reconnaisse dans les partis politiques.
Cela passe aussi par un changement de discours. En l’occurrence, selon lui, les invectives et injures fréquentes dans la sphère politiques doivent, selon A. Belhaj, laisser place à de vrais débats de fond.
"Je choisirais une femme comme secrétaire générale du PAM"
A. Belhaj serait-il insatisfait de son actuel secrétaire général? En tous les cas, c’est ce qu’il a laissé penser, lorsqu’il a fourni sa perception du secrétaire général idéal du PAM.
Ce dernier doit être dédié au parti et remplir la tâche de "rassembleur" car, à ses dires, "le parti regroupe différent courants, différentes idéologies".
Rassembleur en interne et "médiateur" en externe, pour qu’il permette au PAM de se réconcilier avec ses alliés.
Le secrétaire général idéal, selon A. Belhaj, c’est également "quelqu’un qui doit avoir des relations claires vis-à-vis de nos concurrents politiques, car ce sont des concurrents, pas des ennemis. Il ne doit pas avoir des relations d’invectives et d’insultes. Nous avons besoin d’apaiser la vie politique", estime –t-il. Pour ce faire, qui d’autre de mieux qu’une femme à la tête du Parti du tracteur?
"Nous sommes un parti qui a décidé de réfléchir sur sa marocanité"
Réfléchir sur sa marocanité, selon l’invité, c’est de "dire que nous sommes un pays de culture musulmane, mais que nous avons notre islam marocain, qui est un islam tolèrant et ouvert. Nous n’avons donc pas besoin d’importer un autre islam".
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