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La grève générale largement suivie

Après l’échec de la marche du 29 novembre, les premiers résultats de la grève nationale de la fonction publique et des collectivités locales laissent penser à un retour du front syndical face à la détermination du gouvernement.

La grève générale largement suivie
Samir El Ouardighi
Le 10 décembre 2015 à 14h00 | Modifié 10 décembre 2015 à 14h00

Interrogés par Médias24, des dirigeants du front syndical organisateur de la grève générale de ce jeudi 10 décembre sont unanimes sur la paralysie de la fonction publique et des collectivités locales. C'est du moins ce qu'ils affirment à l'unisson.

Une journaliste de notre rédaction et un observateur indépendant qui ont fait le tour de ministères, collectivités locales, dispensaires et écoles nous ont confirmé un certain succès de la grève, sans atteindre le taux de 80% à 100% avancé par une partie des sources syndicales.

Selon des sources officielles crédibles mais s'exprimant sous couvert d'anonymat, la grève a été très suivie dans la Justice, l'enseignement et la Santé ainsi que dans les collectivités locales. Pour ces différents secteurs, le taux national d'observation de la grève a été de 50% au maximum. Selon la même source, le taux national est de situé entre 30% et 40%, tous secteurs confondues, sur l'ensemble du Royaume.

Le ministre de la Fonction publique, d’ordinaire prompt à minimiser la mobilisation syndicale, joue la carte de l’apaisement en louant l’esprit de responsabilité des syndicats. En effet, le gouvernement a décidé de ne pas entrer dans une polémique avec les syndicats.

Des syndicats qui exultent et reviennent de loin

"Sans verser dans la surenchère", Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, affirme que les premières tendances venues des ministères situent le taux de participation entre 75 et 80%.

"Le taux est également élevé dans les collectivités locales, car sur les 1.503 communes que compte le Maroc, le personnel de 1.000 communes a suivi l'appel à la grève générale."

Selon le coordinateur du front UMT-UGTM-CDT-FDT, Miloudi Moukharik, les grands ministères réservoirs comme ceux de l’Education nationale et de la Santé sont quasiment déserts.

"A Rabat, le ministre de la Santé El Houssaine Louardi est seul avec sa secrétaire au siège de son département", selon M. Moukharik. Le personnel des grands ministères de l’Education naet de l’Agriculture ont participé massivement au débrayage.

Miloudi Moukharik se dit ravi par l’impact de la grève sur des grands, mais aussi, petits ministères comme ceux de l’Habitat, des MRE, de la Communication…

"En toute objectivité, notre but a déjà été atteint,car les normes internationales énoncent que lorsqu’une grève dépasse les 30% de participants, le pari est considéré comme gagné."

"Maintenant, l’objectif n’est pas une fin. Il est un moyen de forcer le gouvernement à revenir à la table des négociations sur le dossier de la réforme des retraites. S’il continue à s’entêter, nous allons nous réunir pour tracer un plan d’action, afin de multiplier ce genre de grèves paralysantes."

Abderahmane Azzouzi, patron de la FDT, n’hésite pas à annoncer un taux de mobilisation de 100% des grévistes de l’enseignement public dans le nord et de 90% des collectivités locales à Marrakech.

Larbi Habchi, numéro 2 de la FDT Azzouzi, déclare lui aussi que la grève générale est bien suivie dans des secteurs clés comme l’enseignement, la santé, les finances, la justice et l’habitat.

Il poursuit que les chiffres de participation qui tombent au fur et à mesure en provenance des sections syndicales provinciales et locales augurent une pleine réussite de la grève nationale.

Contrairement à ses collègues, il se refuse cependant à estimer le taux de participation, en raison de la multiplicité des secteurs de la fonction publique et des collectivités locales.

Il faudra attendre 13 heures pour se prononcer, même si d’après lui, la mobilisation nationale est au rendez-vous dans toutes les grandes villes du Maroc (Agadir, Tanger, Fès, Oujda, Nador, Meknès…).

Abdelkader Zair de la CDT, affirme que la grève générale est pour l’instant suivie à 70% à l’échelle nationale. Le numéro 2 du syndicat de Noubir Amaoui affirme que les collectivités locales et les ministères de de l'Agriculture, de la Pêche et de la Santé sont désertés par leur personnel.

Le ministre de la Fonction publique confirme à demi-mot le succès de la grève

Dans une déclaration à Médias 24, Mohamed Moubdii n’infirme pas la version triomphaliste du front syndical et joue l’apaisement en affirmant que les syndicats ont joué leur rôle et été responsables.

Selon lui, les services de base ont été assurés dans la sérénité ce qui revient à dire que la grève a été suivie dans tous les secteurs sauf pour le minimum vital comme les urgences médicales.

Le ministre conclut que son gouvernement saura tirer les conclusions de la mobilisation syndicale.

Journaliste et observateurs indépendants confirment l’optimisme syndical

Selon notre collègue de la rédaction arabophone "Al Majalla24" qui s’est déplacée sur le terrain, les services des communes casablancaises du quartier CIL et d’Ibnou Sina sont quasi-déserts.

Tous les bureaux sont fermés (état-civil,…) sauf ceux relevant du ministère de l’Intérieur qui dispensent certains papiers essentiels comme les certificats de décès…

Du côté de l’enseignement et de la santé, les écoles (primaire et collège) du boulevard Gandhi sont fermées et le dispensaire Gandhi fonctionne au ralenti avec la seule présence de deux infirmières.

Les cours de l’Iscae n’ont pas pu être dispensés ce jeudi car la majorité des professeurs et du personnel administratif ont rejoint le mouvement de grève. Seuls deux professeurs ont décidé de faire cours, en plein air sur un terrain de basket, car les salles d’enseignement étaient verrouillées.

Joint par notre rédaction, un observateur indépendant qui a fait le tour des ministères à Rabat confirme la mobilisation annoncée par les syndicats.

"Il n’y a quasiment personne au ministère de l’Agriculture et de la Santé, où même les cars de transport du personnel sont absents des parkings. Au ministère de l’Education nationale, la seule présence visible est celle de 400 grévistes qui ont entamé un sit-in devant le siège du ministère."

Selon notre interlocuteur, les ministères centraux qui n’ont pas participé à la grève sont ceux des Finances et du Transport.

Et demain?

Alors que le résultat très mitigé de la dernière marche nationale laissait penser que le chef de gouvernement avait les mains libres pour hâter l’adoption de sa réforme des retraites, le succès annoncé de cette grève générale risque de changer la donne.

Si les prévisions des syndicalistes se confirmaient, le gouvernement serait forcé de faire un effort et de trouver un terrain d’entente avec eux pour éviter que d’autres grèves à venir ne paralysent le pays. 

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Samir El Ouardighi
Le 10 décembre 2015 à 14h00

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