La montée du FN en France: ce que cela peut changer pour le Maroc
Qu’adviendra-t-il des relations franco-marocaines et du sort des migrants marocains si ce parti poursuit son ascension vers le pouvoir exécutif?
Le FN est devenu le 1er parti de France aux élections régionales.
Même s’il est trop tôt pour répondre à cette interrogation qui taraude l’esprit de nombreux Marocains d’ici et d’ailleurs, cette question semble aujourd’hui plus d’actualité que jamais.
Si ce parti venait à remporter la présidentielle et les législatives de 2017 ou de 2022, des hommes politiques et un politologue marocains pensent que les rapports bilatéraux avec le Royaume et/ou avec ses expatriés en France ne manqueront pas d’être impactés.
Quid des relations bilatérales et politiques?
Joint par notre rédaction, Nabil Benabdellah, ministre et secrétaire général du PPS, déclare qu’il n’y aura pas de grands bouleversements en termes d’orientation stratégique car les rapports d’Etat à Etat ne changent pas du jour au lendemain.
Le ministre de l’Urbanisme avance cependant que le vrai danger de l’arrivée au pouvoir du Front national réside dans un probable raidissement des rapports protocolaires partisans entre le Maroc et la France.
Ainsi, les actions parallèles avec les décideurs politiques français seront beaucoup plus compliquées à entreprendre si le seul interlocuteur exécutif des autorités marocaines devient le Front National.
Le secrétaire général du PPS illustre son propos en affirmant fréquenter plusieurs dirigeants français de tout bord politique (PS, PCF, LR…) mais ne jamais s’être attablé ou avoir rencontré un dirigeant de ce parti d'extrême-droite.
Il poursuit que l’ensemble des partis politiques marocains sont dans le même cas car ils n’ont développé aucune proximité ou affinités avec ce parti.
La diplomatie parallèle qui fluidifie les rapports bilatéraux risquent donc d’être mise à mal avec des officiels marocains qui navigueront à l’aveugle si le FN devait arriver aux commandes de la France.
A contrario, Benabdellah minore l’impact de sa victoire aux régionales car les rapports économiques entre les 12 régions marocaines et les 12 françaises sont plus protocolaires que vitales pour le Maroc.
Il cite les accords de partenariats et de jumelages entre les régions Auvergne-Rhône Alpes-Rabat ou Paca-Marrakech qui ne seraient pas décisifs en termes de volume d’échanges inter-régionaux.
Nabil Benabdellah pense que le vrai danger du FN ne concerne pas le Maroc mais plutôt la banalisation de la haine à l’égard des étrangers et des Marocains installés en France.
Migrants et binationaux, premières victimes du FN
Qu’ils soient porteurs d’une carte d’identité française ou d’une carte de séjour, il avance que les conséquences d’un FN au pouvoir seront fâcheuses pour la communauté d’origine marocaine.
Tout comme le ministre, Mohamed Tozy, politologue, nous déclare qu’une éventuelle victoire du FN au pouvoir exécutif ne risque pas de changer fondamentalement les relations entre le Maroc et la France.
Il soutient que les accords économiques interrégionaux ne pèsent pas lourd dans la valeur des échanges car les budgets alloués par les régions françaises restent symboliques.
Selon lui, si ce parti arrive au pouvoir, un changement brutal se produira pour les migrants et binationaux marocains qui seront impactés par les thématiques de rejet des étrangers, chères aux frontistes.
S’il reconnaît que le FN est devenu un courant profond de la société française auquel les Marocains devront s’habituer, il pense que ce parti deviendra plus réaliste en passant de l’opposition au pouvoir.
Contacté par Medias 24, Mehdi Bensaïd refuse dans un 1er temps de commenter les résultats électoraux d’un pays souverain avant de manifester son inquiétude pour les Marocains qui y résident.
Le président de la commission des affaires étrangères pense que la possibilité que des régions françaises soient présidées par le Front National ouvre la voie à des politiques d’amalgame contre les migrants (étudiants, travailleurs) et des citoyens français d’origine étrangère et marocaine.
A l’instar du ministre et du politologue, Bensaïd juge qu’il est trop tôt pour imaginer une France dirigée par le FN qui a fait le plein des électeurs et dont les reports de voix peuvent empêcher son accession au pouvoir au 2e tour des élections régionales ou aux futures présidentielles.
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