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Le Maire d’Amsterdam à Casablanca et Tanger: terrorisme, coopération, culture au menu

Eberhard van der Laan, maire d’Amsterdam, est en tournée dans les villes de Tanger et Casablanca, à bord du voilier Clipper Stad Amsterdam. 

Le Maire d’Amsterdam à Casablanca et Tanger: terrorisme, coopération, culture au menu
Ariane Salem
Le 29 novembre 2015 à 19h16 | Modifié 29 novembre 2015 à 19h16
Il rencontrera à cette occasion le maire de Casablanca, Abdelaziz El-Omari, ainsi que le Ministre des affaires religieuses et des habbous, Ahmed Taoufiq, pour échanger sur la coopération commerciale, la sécurité et la prévention du jihadisme.
Médias24 est allé à la rencontre du maire travailliste pour lui poser quelques questions.  
 
 
Médias24: Vous êtes en tournée dans les villes de Casablanca et Tanger avec une délégation d’entrepreneurs hollandais. Sur quels domaines, Amsterdam, Casablanca et Tanger peuvent-ils bénéficier d’une coopération renforcée?
 
E. V.D. Laan: Amsterdam est une ville très internationale, où vivent de nombreuses nationalités. Nous nous efforçons d’être une porte d’entrée de l’Europe et pour cela nous voyageons beaucoup.
Ces voyages peuvent avoir un but d’affaires, afin de faire venir les entreprises à Amsterdam, ou parce que nous savons que d’importantes communautés amstellodamoises sont originaires de ce pays, enfin parce que nous nous sentons responsables d’aider ces villes.
Les destinations choisies représentent nos pays d’origine: Surinam, Turquie, Maroc. 80.000 Marocains vivent à Amsterdam, donc nous sommes connectés à ce pays.
Non seulement une partie importante de nos citoyens vient de ce pays, mais nous nourrissons également d’importantes relations économiques avec le Maroc.
Prenons l’exemple de Casablanca: l’origine est la base d’une amitié, d’un partenariat entre nos deux villes. Nous sommes connectés à un certain nombre d’activités. Nous aidons à la rénovation du Sacré-Coeur. Nous conseillons également la municipalité de Casablanca dans l’édification de votre merveilleux nouveau théâtre national, ça a commencé plusieurs années auparavant. 
 
-Votre visite se consacre aux activités sportives et culturelles. Quels sont les projets qui ont retenu votre attention?
-J’ai déjà parlé de notre participation à la rénovation du Sacré-Coeur, et à la planification de la construction du nouveau théâtre national.
Samedi, je visite le complexe sportif Mohammed V qui doit être rénové. Nous avons visité un certain nombre d’entreprises avec lesquelles nous sommes connectés.
Nous organisons des rencontres à bord du Clipper, que nous emmenons régulièrement lorsque nous visitons des villes. Nous sommes partis avec à New-York, Singapour, Istanbul, Londres. Ce bateau symbolise Amsterdam dans son aspect classique, la tradition marine, et dans son aspect moderne, innovant.
Nous organisons des séminaires très enrichissants sur le bateau. Ce matin avait lieu un séminaire sur Ann Franck organisé par une association qui diffuse son Journal. 
J’ai aussi rencontré le Wali, le vice-Président de la région, le Ministre des Habous et des Affaires religieuses et ce vendredi soir je rends visite au maire. Les entreprises organisent des séminaires, sur les thèmes du tourisme, du marketing urbain. 
 
 

-Quelles sont les entreprises prenant part à la délégation? 
-J’ai rencontré les responsables de Waternet [société offrant des solutions pour la purification de l’eau, le transport et le traitement des eaux usées], à l’origine d’inventions hollandaises cruciales.
Vous savez Amsterdam est une ville en-dessous du niveau de la mer. Nous avons du construire des digues pour repousser les eaux, car autrement nous serions obligés de nager, ce qui n’est pas si évident.
Nous avons du élaborer des solutions pour l’assainissement et la purification des eaux. C’est l’un des produits exportables de la ville d’Amsterdam. Il y a une quinzaine d’autres entreprises dans la délégation qui discutent avec leurs contreparties marocaines. 
Le Maroc est une porte d’entrée vers l’Afrique. Donc nous sommes intéressés de développer des partenariats ici pour atteindre d’autres marchés. Casablanca est également une ville portuaire. Nous avons dans la délégation des entreprises spécialisées dans l’infrastructure portuaire, qui coopèrent déjà avec le port de Casablanca.
Il ya également de plus petites entreprises, dans l’industrie alimentaire, dont une qui vend des crevettes. Vous savez les crevettes sont pêchées en Hollande, puis nettoyées au Maroc, pour enfin être réexportées vers la Hollande. Beaucoup de voyages pour des crevettes!
 
-Quels sont les bénéfices pour Amsterdam d’une coopération renforcée avec le Maroc?
 
-Une entreprise que vous connaissez sans doute, OCP, est déjà présent à Amsterdam [à travers sa filiale OCP Internationale qui gère les participations étrangères] et souhaite étendre cette filiale. J’ai eu une charmante discussion avec M. Terrab, son directeur général, cet après-midi [NDLR: vendredi]. 

Gardons dans l’esprit que la première raison de ce voyage est le pays d’origine et la seconde, le business, acquisitions et échanges.
Parmi les points forts de cette visite, j’ai eu des discussions avec des experts du jihadisme, des personnes avec une fine analyse et beaucoup d’experience dans ce domaine, sur le moyen de prévenir la radicalisation. 
Avec M. Taoufiq - Ministre des Habous et des affaires religieuses- nous avons également échangé des valeurs de l’Islam modéré, en comparaison avec le salafisme. J’ai beaucoup appris.  
Une partie de ma délégation visitera également des membres de la police pour échanger sur les aspects de la sécurité. 
 
-Justement, comment Amsterdam vit ce moment particulier où la menace terroriste plane sur les villes d’Europe et où la gestion sécuritaire se renforce? Comment la ville lutte contre le risque d’amalgame et la stigmatisation des communautés étrangères, notamment marocaine?
 
-Je ne peux pas parler en leur nom évidemment, mais généralement, les Marocains à Amsterdam sont fortement intégrés dans notre société, et ne sont pas stigmatisés ou discriminées par les amstellodamois.
Dans les Pays-Bas, il y a une tendance à assimiler l’Islam aux actes de terreur islamistes. Ces gens font une erreur. Comme on dit chez nous: «une vache est peut-être un animal, mais tout animal n’est pas une vache». Le fait que les terroristes invoquent l’Islam, ne fait pas de chaque musulman un terroriste.
Tout le monde en Europe est aujourd’hui un peu apeuré par ce qui arrive, car ce qui s’est passé un peu partout est terrible: à Paris, mais avant à Bruxelles, à Toulouse, à Copenhague.
C’est ce que recherchent les terroristes, la peur et la division au sein de notre société. Nous ne devrions pas être effrayés, donner l’impression d’être effrayés, et les laisser nous diviser.
Cette politique est suivie par la population, qui témoigne d’une grande solidarité avec Paris, et qui ne cède pas à la peur. 
Ce que je trouve très stimulant également, c’est que la communauté marocaine se prononce publiquement contre le terrorisme. Eux-aussi ne sont pas prêts à les laisser nous diviser. 
 
-Votre rencontre avec M. Taoufiq, en tant que maire d’Amsterdam, peut surprendre plus d’un. Quels ont été les thèmes de votre échange?
 
-J’avais déjà eu l’occasion de rencontrer M. Taoufiq, lorsque j’étais Ministre de l’intégration, il y’a six ans. Nous avions eu une conversation très intéressante.
Sa première phrase fut pour me dire qu’il était un grand admirateur de Spinoza. C’est la raison pour laquelle j’apprécie beaucoup cet homme.
Amsterdam est en grande partie fondée sur les valeurs qu’a défendues Spinoza: la tolérance, la liberté religieuse, la liberté d’expression. Pour les Hollandais, où le principe de laïcité prévaut, cette déclaration venant d’un ministre des affaires religieuses est un peu déroutante. Cela m’a plu. 
 
-Envisagez-vous, à l’instar de la France, une coopération avec le Maroc sur la formation des imams?
 
-Non, ce n’est pas un point envisagé. Je sais qu’en revanche, un institut hollandais qui assiste à la formation des imams modérés, entretient des discussions avec le Maroc. Lorsque j’étais Ministre, nous avions adopté des mesures d’accueil des imams modérés étrangers.
Maintenant, en tant que maire d’une ville, ce n’est pas mon rôle d’entreprendre une politique nationale de coopération. Avec M. Taoufiq, nous avons parlé d’Islam modéré d’un point de vue général. 
 
-Votre Ministre des affaires étrangères s’est récemment prononcé en faveur d’une exclusion des produits venant du Sahara de l’accord commercial Maroc-UE. Observez-vous un basculement dans la diplomatie hollandaise sur le dossier du Sahara?
 
-Cela ne m’effraie pas de répondre aux questions, mais lorsqu’il s’agît de politique nationale je préfère m’abstenir, peu importe mon opinion. Je trouverais ça inélégant. 
 
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Ariane Salem
Le 29 novembre 2015 à 19h16

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