Le PJD peut-il se passer de Benkirane?
En 2016, il achève son second et dernier mandat. 2 options se présentent: soit un amendement des statuts, soit un nouveau secrétaire général.
Le PJD réunit son Conseil National au cours du mois de janvier, confirme son président Saâdeddine El Othmani , joint par Al-Majalla 24. Pour le moment, un amendement des statuts n’est pas à l’ordre du jour.
La date du Conseil National (parlement) du PJD sera fixée au cours des prochains jours. Différents cadres du parti, joints par nos soins, ont entamé la préparation de cet important événement.
Le congrès ordinaire doit se réunir en 2016. Les deux précédents, qui s’étaient respectivement tenus en 2012 et 2008, avaient porté Abdelilah Benkirane au secrétariat général. Mais le règlement intérieur du parti interdit un troisième mandat. La seule solution, si on voulait maintenir Benkirane, serait de l'amender.
Le Conseil National a toute latitude d’amender le règlement intérieur, de convoquer un congrès extraordinaire, de fixer la date d’un congrès ordinaire ou de superviser sa préparation. C’est dire qu’il joue un rôle décisif, qui s’ajoute à ses autres missions telles que la politique générale du parti, sa ligne, la participation ou non au gouvernement, le choix des ministres…
Selon les échos qui nous sont parvenus du PJD, la tendance est à reporter le congrès à fin 2016, après les législatives.
Le PJD se trouve devant un dilemme. Benkirane est une bête politique, une turbo-locomotive. La plupart des milieux politiques estiment que c’est à lui que le PJD doit une grande partie de son ascension. L’homme est un tribun, il sait parler aux foules et les électriser, il a su construire une relation de confiance avec un vaste électorat qu’il a fidélisé et qui lui fait confiance.
L’effet Benkirane est tel que chez les jeunes loups du parti, beaucoup imitent inconsciemment son style.
En serait-il de même avec un remplacement? Et qui pourrait être ce remplaçant? Parmi les noms qui circulent, citons Saâdeddine El Othmani, Aziz Rabbah et Mustapha Ramid. Les autres comme Abdelaziz El Omari, attendent leur heure.
Interrogé sur Médi 1 tv, le chef du parti Abdelilah Benkirane a affirmé qu’il ne sera pas candidat et que “dans la culture du parti, ce sont les autres qui proposent votre candidature, pas vous“. Cette déclaration a une seule signification: il ne souhaite pas se retirer et il est prêt à rempiler si on le lui demande.
Le lui demandera-t-on? Toute la question est là.
Benkirane a été happé par la politique. Il aime le jeu politique, le combat, ne se défile pas devant l’adversité. Le défi le revigore. Il fonce. Sa phrase préférée serait “seul contre tous“.
Depuis les élections du 4 septembre, hormis sa sortie télévisée, il se fait très discret et évite les médias. Il n’a pas été ménagé par les polémiques, a été mis en difficulté dans différents dossiers de contestation comme Amendis dans le nord, les étudiants en médecine ou la fausse affaire de la gestion du Fonds rural.
Il y a donc des jours, de plus en plus nombreux, où il est fatigué, passablement déprimé et où il se pose des questions sur l’avenir. Son compagnon de route, son confident, son alter ego, celui à qui il pouvait tout dire, sur lequel il pouvait se décharger de ses émotions, de ses craintes, de ses indignations, celui-là est parti un 7 décembre 2014, il y a presqu’un an.
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