A Tanger, la rue met le PJD et Amendis sur la défensive
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi 7 novembre contre le gestionnaire délégué d’eau et d’électricité Amendis prenant aussi à partie le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane pour ses déclarations sur la fitna (discorde).
Des centaines de personnes se sont à nouveau réunies ce week-end place des Nations pour une «marche des bougies» et manifesté sur la place de France et la rue de la Liberté avant de se regrouper sur la place du Gran Socco.
Sur les réseaux sociaux, les manifestants ont dénoncé les diverses pressions subies pour ne pas sortir dans la rue.
En ce début de semaine, on parle même d’une «pénurie» de bougies visant à enlever des commerces les symboles des manifestations anti-Amendis qui se sont transformées en manifestations anti-PJD. Des médias locaux ne parlent plus désormais de «marche des bougies» mais de «révolution des bougies».
Une radicalisation des slogans est également de mise avec Amendis pointée du doigt comme une entreprise «néocoloniale». Cela était audible dès le 14 octobre dernier et la tendance s’est renforcée. Depuis cette date, les habitants des quartiers populaires manifestent tous les samedis pour converger vers la place des Nations.
Fitna, le mot de trop?
Outre le fait que la demande pour qu’«Amendis dégage» soit toujours d’actualité pour les manifestants, les propos tenus dimanche 1er novembre à Tanger par Abdelilah Benkirane assimilant les manifestations à de la fitna ou la discorde ne sont pas passées.
Les responsables municipaux lors de la conférence de presse du vendredi 30 octobre et les jours suivants ont insisté sur l’importance de résoudre d’abord la crise de la facturation d’Amendis des mois de juillet et d’août.
Ce processus, en cours, a permis à la date du 5 novembre dernier de corriger plus de 33.000 factures d’eau et d’électricité sur un total de 500.000. Ces corrections de la facturation se sont toutes effectuées au profit des ménages aboutissant à des baisses de 13% à 73% des montants comme indiqué par Médias 24.
Mais les propos de Abdelilah Benkirane comme l’aspect partiel des négociations avec Amendis ne satisfont pas la rue tangéroise. Celle-ci, outre qu’elle se montre critique sur la gestion d’Amendis depuis 2011 n’accepte pas que le PJD endosse une position qui ménage le gestionnaire déléguée.
Aux dernières élections du 4 septembre, la ville de Tanger et l’ensemble de ses quatre arrondissements ont donné une large majorité municipale au parti de Benkirane. Cela crée des attentes. Et si ces attentes ne sont pas satisfaites de manière plus structurelle, les tensions ne risquent pas de s’apaiser.
Maladresses et attentes
Le fait que l’adjoint au maire Mohamed Amahjour ait publié un tweet saluant «la sagesse des Tangérois» qui ne sont pas sortis dans la rue semble avoir été perçu comme, au mieux, une maladresse, au pire, comme une provocation.
Déjà au cours de la conférence de presse du 30 octobre dernier, Amahjour avait indiqué que «la mairie n’allait pas dénoncer le contrat de gestion déléguée», une affirmation très critiquée sur les réseaux sociaux et la presse digitale locale.
Les protestations contre Amendis visent nommément depuis le week-end dernier la personne de Benkirane. Des banderoles arborant son effigie et des slogans hostiles ont fait leur apparition.
Avec Amendis et Benkirane, l’Education nationale avec ses classes surchargées et ses horaires continus est également la cible de parents d’élèves qui manifestent quasi-quotidiennement depuis plusieurs semaines devant la délégation régionale voisine de la wilaya et de la préfecture de police. En plus des expropriations pour le projet de TGV et des conflits sociaux en milieu industriel, les dossiers sociaux ne manquent pas.
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