Qui est le nouveau président de la chambre des conseillers?
Hakim Benchamach a été élu mardi 13 octobre au perchoir de la Chambre des conseillers. L’occasion de revenir sur l’ascension d’un ancien gauchiste devenu haut personnage de l’Etat.
Avant d’être élu président, Hakim Benchamach s’est fait connaître à la Chambre des conseillers comme le plus virulent opposant au parti dirigeant la majorité gouvernementale, le PJD.
Au fur et à mesure de ses interventions musclées, chaque mardi à la Chambre haute, il est devenu celui qui n’hésite pas à faire preuve de populisme pour faire entendre sa voix.
Sera-t-il en mesure de mettre de côté son agressivité partisane et ses postures de ténor pour présider, à l’instar de son prédécesseur, la Chambre des conseillers dans la sérénité?
"Le diable se cache derrière la barbe des élus du PJD"
Jusqu’au jour de son élection, son vrai patronyme qui est Benchamach, même si certains s'évertuent à le nommer Benchamass, était associé à des déclarations rageuses à la Chambre des conseillers contre la majorité gouvernementale mais surtout presque exclusivement contre le chef de cette majorité.
Ses attaques contre la personne du chef du gouvernement se justifient, d’après lui, par le fait que le PAM est à mille lieux du projet de société conduit par le PJD qualifié d’obscurantiste.
Rappelons qu’en décembre 2013, il s’était illustré en déclamant à l’adresse particulière d’Abdelillah Benkirane des vers racistes du poète arabe Al Moutanabbi.
Paradoxalement, au cours de son élection du mardi 13 octobre, il est apparu calme et serein, comme si la perspective de présider la chambre haute avait des vertus de sagesse. Concentré sur ses notes, il est resté de marbre devant les bruyantes protestations de ses alliés, remettant en cause l’annulation d’un bulletin libellé "Al oustad Hakim Benchammas".
Malgré sa demande rejetée de présenter, avant l’élection, le programme des deux candidats à la présidence, il n’a, contrairement à ses habitudes, pas manifesté la moindre colère.
Une fois élu et avant de monter au perchoir pour la 1e fois de son existence, il a, la larme à l’œil, gratifié d’une étreinte interminable, l’ancien président Mohamed Cheikh Biadillah.
Un ancien opposant qui devient un haut personnage de l’Etat
Tout comme Ilyas El Omari, secrétaire général adjoint du PAM, et Souhaila Riki en charge de la communication du parti, le président Abdelhakim Benchamach est un rifain pur jus.
Avant de devenir gauchiste radical puis membre important du parti du tracteur, ce père de deux filles est né en 1963 dans le village de Béni Bouayach dans la région d’Al Hoceima.
Avant de présider la chambre, son parcours ne le prédestinait pas à devenir un haut personnage de l’Etat.
En 1980, il fonde à l’âge de 17 ans une antenne locale de la jeunesse USFP à Al Hoceima puis décroche son bac en 1983 dans cette même ville. Il se radicalise en intégrant les rangs de l’UNEM truffée à l’époque d’éléments de la gauche radicale.
A l’occasion des troubles qui éclatent dans plusieurs villes du Nord, il est arrêté en 1984 à Al Hoceima et jugé à Oujda où il passe plus de deux ans de sa vie derrière les barreaux.
Une fois libéré, il reprend ses études universitaires et décroche un diplôme de 3e cycle pour se consacrer à l’enseignement. Il devient professeur de sciences politiques à l’université de Rabat.
Très actif en 2004 dans l’Instance Equité et réconciliation pour régler les dossiers des années de plomb, il reprend goût à la politique tout en prenant ses distances avec la gauche marocaine.
En 2007, il rejoint les sympathisants du Mouvement de tous les démocrates (MTD) qui deviendra en 2009, le Parti Authenticité et Modernité dont il fut secrétaire général adjoint puis chef du groupe parlementaire à la Chambre haute.
Lors de son investiture, celui qui semble avoir endossé l’habit et la sagesse inhérente à son poste s’est engagé à être le président de tous les partis représentés à la Chambre des conseillers et à coopérer avec le gouvernement sur la base de la séparation des pouvoirs.
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